La fin d'une époque

Au restaurant Le Castillon de l’hôtel Hilton Bonaventure, à Montréal, un buffet dressé par sections propose un grand choix de plats froids et chauds ainsi que de desserts offerts suivant la tendance du service en verrine.<br />
Photo: Jacques Grenier - Le Devoir Au restaurant Le Castillon de l’hôtel Hilton Bonaventure, à Montréal, un buffet dressé par sections propose un grand choix de plats froids et chauds ainsi que de desserts offerts suivant la tendance du service en verrine.

Sans être passéiste, il m'arrive, comme bien d'autres, de regretter l'époque montréalaise des grands hôtels où l'on s'endimanchait pour les belles soirées. Certes, ces mêmes grands hôtels, sauf quelques-uns, nous ont habitués à autre chose et ne présentent guère un intérêt gastronomique.

L'hôtel Hilton Bonaventure a pourtant été un des premiers établissements du genre à offrir une grande table, avec le Reine Elizabeth.

Dans les années 80, son restaurant, le Castillon, offrait une excellente cuisine et une cave à la hauteur de celle-ci.

Autres temps, autres profits. On estime aujourd'hui chez Hilton que la restauration d'hôtel n'est point rentable et qu'elle doit se limiter au midi. Le soir, on offre un service de base, de dépannage, pour les clients de l'établissement.

Heureusement, on a pour l'instant conservé le brunch du dimanche, qui se donne depuis quelques années des airs nordiques.

Bruncher consiste en fait à faire traîner le petit-déjeuner pour qu'il se mêle au lunch du midi. Rien n'a changé dans cette grande salle ternie par les années et qui nécessiterait un sérieux remodelage et une décoration plus moderne. Dommage, car autant le restaurant est agréable durant l'été avec sa terrasse, autant il devient ennuyeux et triste dès l'automne.

Comme à la parade, les tasses sont déjà sur les tables et la flûte de mimosa mousseux ouvre le bal.

Un buffet joliment dressé par sections propose aux clients, pour 45 $, un grand choix de plats froids et chauds ainsi que de desserts offerts suivant la tendance du service en verrine. Rien pour s'extasier, car le frigo a malheureusement laissé des traces.

Les sushis ou les mousses préparés à l'avance font ressortir ce passage de préparation donnant le goût du frigo. Les salades sont bonnes, fines et différentes de celles des autres brunchs.

Poissons fumés, gravlax et autres produits du genre permettent ainsi de refléter ce qu'on appelle ici un brunch nordique.

Dans le coin des plats chauds, on trouve une soupe dite de poisson des plus ordinaires, mais aussi des légumes racines bien préparés et un excellent gratin dauphinois, sans oublier «les classiques» du petit-déjeuner traditionnel.

Si le gibier respecte le concept de base, les parties choisies pour être rôties sont dures, mais cela est heureusement compensé par l'omble de l'Arctique, tendre et juteux.

Au chapitre des fromages, on reste dans la banalité des brunchs d'hôtel en offrant des fromages pasteurisés sans âme alors que le Québec possède de merveilleux fromages au lait cru. Point positif, on a conservé l'omelette norvégienne, que l'on flambe à la minute.

On trouve différentes minipâtisseries qui ont, selon moi, fait un long séjour au froid; mais cela prouve que nous sommes bien à un brunch nordique!

Pour ce qui est du café espresso, on repassera, car il s'agit d'un des pires cafés que j'aie bus ces dernières années. Mauvaise machine ou piètre café, ou les deux?

Poser la question, c'est déjà y répondre.

Ce goût de mauvais café, c'est pourtant la dernière note, ce qui reste comme souvenir au moment de payer le repas; voilà un goût bien amer pour faire passer l'addition.

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-Restaurant Le Castillon (brunch du dimanche), hôtel Hilton Bonaventure, 900, rue de la Gauchetière Ouest, Montréal, 514 878-2332.

-Prix payé pour deux personnes, avec une demi-bouteille de vin, taxes comprises mais avant le service: 135 $.

-Plus: l'accès facile à partir du centre-ville.

-Moins: un brunch ordinaire qui manque d'éclat, dans une salle tout aussi terne.

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Collaborateur du Devoir

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Les bonnes fourchettes du mois


Café birks - 1240, square Philip, Montréal, 514 397-2468

L'endroit idéal pour le thé et les petits amuse-gueules de Christophe Morel et Rolland Del Monte, qui nous font saliver avec leurs sucreries. Repas légers et adaptés pour le midi avec de superbes vins au verre.

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Chez la mère Michel - 1209, rue Guy, Montréal, 514 934-0473

Ce restaurant, même après de nombreuses années, est resté fidèle à son style et à sa cuisine malgré les modes qui se succèdent. On y retrouve les plats classiques qui ont fait le succès de cette belle et prestigieuse maison, ainsi qu'une cave qui honore la cuisine de Mme Delbuguet.

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Chez ma grosse truie chérie - 1805, rue Ontario Est, Montréal, 514 522-8784

Ne vous fiez pas au nom, même si la nourriture servie met en évidence le digne cochon. L'ambiance est très sympathique dans ce haut lieu du recyclage de bon goût, et le chef, au talent sans équivoque, est prometteur. Belle carte de vins au verre.

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Tapeo - 511, rue Villeray, Montréal, 514 495-1999


Une petite place avec une grande chef. Des tapas toujours aussi créatifs et une ambiance qui nous mène du Portugal à l'Espagne. Ne pas hésiter à demander les spéciaux du jour.