À Brossard en passant par Saigon, la route du Sao Sao

Le restaurant Sao Sao, une charmante découverte dans un coin où la restauration rapide a élu domicile depuis fort longtemps.
Photo: Annik MH de Carufel - Le Devoir Le restaurant Sao Sao, une charmante découverte dans un coin où la restauration rapide a élu domicile depuis fort longtemps.

Si toutes les voies mènent, à Brossard, vers l'affreux boulevard Taschereau, toutes ne nous conduisent pas vers des unités de restauration récipiendaires de «fourchettes dorées».

Ici, les fourchettes peuvent se transformer en baguettes et un restaurant banal, en cuisine découverte, avec une «vraie» bonne cuisine vietnamienne que concocte la chef propriétaire. Mais ne nous méprenons pas: nous sommes néanmoins dans un petit centre commercial (probablement de propriété asiatique) où tous les parfums de l'Asie sont joliment rassemblés.

Le restaurant Sao Sao est ouvert depuis un an et a gagné ses galons, à en juger par les habitués qui le fréquentent et qui témoignent de sa popularité.

Le décor est plutôt minimaliste, avec son bambou, ses luminaires en papier de riz et son aquarium de poissons exotiques, et les serveurs ressemblent à des étudiants ayant bien appris leurs leçons.

Rien de très intimiste pour les amoureux en quête d'alcôves, de petits recoins et de bougies sur les tables. Les tables de bois blanc identifiées par des numéros manquent quelque peu de décorum, devenant ainsi un lieu essentiellement destiné aux repas.

Ici, on apporte son vin, ou encore, histoire de se nettoyer l'esprit et le corps, on sirote le thé au jasmin.

La carte est à l'image des restaurants asiatiques, longue et complexe pour les non-initiés, mais se décline par sections. Ainsi, on trouve une section consacrée aux rouleaux vietnamiens, frais et de grande qualité, une autre tout aussi intéressante aux soupes tonkinoises et une autre, encore, aux spécialités.

C'était un petit soir de semaine, ce qui rendait superflues les réservations, et où les convives arrivaient généralement tôt. Cette fois, avec mon invitée aussi curieuse que moi et qui connaît le Vietnam, on joue en commun l'entrée avec les rouleaux vietnamiens. Constitués de galette de riz humidifiée dans l'eau, ils sont garnis au choix.

Deux pièces garnies pour les premiers de légumes en julienne avec des crevettes fraîches et bien assaisonnées, et pour le deuxième choix, également deux rouleaux identiques, mais garnis de saucisse vietnamienne, de crevettes séchées et d'une julienne de légumes tiède.

Dans l'un et l'autre cas, ils sont servis avec une sauce aigre-douce à l'arachide. Si ce n'est sur place, au Vietnam, j'ai rarement eu l'occasion d'apprécier de tels plats, qui n'ont rien à voir avec ces produits n'ayant du rouleau vietnamien que la forme.

La soupe tonkinoise se présente déclinée d'une multitude d'apprêts, tant au boeuf saignant qu'aux poulet grillé, vermicelles, feuille de lot, citronnelle, menthe ou basilic vietnamien et autres légumes accompagnés de nouilles de riz dans un bouillon goûteux. Fait intéressant, on n'utilise pas de glutamate monosodique dans les plats au Sao Sao.

Pour ma part, le choix se porte sur une spécialité de galettes de porc et brochettes relevées d'épices et marinées avant une cuisson sur le gril. Le tout servi sur salade et feuilles de menthe.

Encore une fois, ce qui importe ici est la qualité et le rapprochement le plus juste avec la cuisine traditionnelle du Vietnam. On ne se trompe pas: oubliez les mets disposés en étages avec des traits de sauce indescriptible et, pour finir, un goût mélangé dont on cherche en sortant l'origine du produit.

La soupe tonkinoise se présente sous trois différents formats. Un petit, un moyen, qui sert de plat principal à un appétit moyen, et un grand format pour mangeur intrépide.

J'ai pour ma part opté pour le poulet grillé, qui s'accorde sans fausse note avec les légumes et les épices, le bouillon parfumé et les nouilles de riz.

La brochette de porc demeure moelleuse quoique bien cuite. Elle accompagne la galette de porc haché assaisonnée aux épices. Le tout est enrobé par la délicatesse de la salade et de la menthe.

Si Sao Sao est un restaurant où l'on apporte son vin ou sa bière, il est de bon ton d'accompagner de thé son repas.

Le service est rapide, parfois trop pour le soir, car il semble qu'en semaine, les feux de la rampe s'éteignent très tôt.

Ici comme ailleurs dans ce genre d'établissements, les desserts ne sont pas le point fort du restaurant: crème glacée du commerce, éternels beignets de banane ou de pomme, mais un choix de boissons sans alcool préparées sur place suffisent à satisfaire la clientèle.

Voilà une charmante découverte dans un coin où la restauration rapide a élu domicile depuis fort longtemps.

Pour une fois, les lumières du boulevard Taschereau m'ont semblé moins ternes, moins longues qu'à l'habitude, et les rouleaux portaient bien leur nom, le printemps était bien là.

- Prix payé pour deux, le soir, avec taxes et service: 36 $.

- Restaurant Sao Sao, 7209, boulevard Taschereau, Place Kim Phat, suite 106, Brossard, 450 443-2388.

- Plus: un concept simple où la nourriture est bonne et goûteuse.

- Moins: un restaurant où il manque un peu d'intimité.

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Collaborateur du Devoir
1 commentaire
  • Alex Trutnev - Abonné 27 octobre 2011 12 h 47

    pas impréssionné...

    ...plus ce qu'il faut. Le riz assez sec, les viandes un peu froides. Tout est correct sans plus. L’accueil et traitement indifférents.