Mission : bien nourrir des clients heureux

Au Restaurant Laloux, à Montréal, on rencontre autant des amoureux qui viennent y déclarer leur fidèle amour que des artistes ou des politiciens qui s’y installent discrètement.
Photo: Jacques Grenier - Le Devoir Au Restaurant Laloux, à Montréal, on rencontre autant des amoureux qui viennent y déclarer leur fidèle amour que des artistes ou des politiciens qui s’y installent discrètement.

Pas facile pour un propriétaire d'établissement comme le Restaurant Laloux de garantir la continuité d'un chef, car ici, depuis un certain temps, les chefs ne font que passer.

Quel dommage, car les plus vieux, comme moi, se rappellent les bons moments avec les chefs Besson, Danny St-Pierre, Marc-André Jetté et Éric Gonzalez, parti à l'Auberge du Vieux-Saint-Gabriel.

Seth Gabrielse, le chef actuel chez Laloux, est un jeune loup de 31 ans nourri d'ambitions.

Les restaurants et bistros de Montréal ne manquent pas, et la féroce concurrence dans le milieu oblige désormais les chefs «branchés» à user du marketing en plus de leur talent réel de chef.

La carte du midi du Restaurant Laloux est peu étoffée mais, pour ce qui est des prix et de la qualité des plats proposés, elle répond aux attentes de la clientèle d'habitués. Différente de celle du soir, elle change régulièrement en fonction des saisons et de la disponibilité des produits.

Un endroit d'habitués

Rien n'a changé, côté décor, depuis ma dernière visite dans ce bistro mi-mondain, mi-littéraire fréquenté par des habitués.

On y rencontre autant des amoureux qui viennent y déclarer leur fidèle amour que des artistes ou des politiciens qui s'y installent discrètement, à l'abri des foules.

Avec mon invité, il est facile de partager nos plats, qui sont, pour commencer, une tête fromagée avec croûtons et un tartare de saumon garni de jeunes pousses.

Bien présentées, les entrées étaient parfaitement assaisonnées et suffisamment copieuses pour satisfaire notre appétit; elles ouvraient bien la voie aux plats dits de consistance.

À l'école des grands

Pour être venu à plusieurs reprises dans cet établissement, je constate qu'on porte toujours une grande attention au choix des vins, dont une grande partie relève de l'importation privée.

Les vins sont le plus souvent choisis en fonction de leur identité, issus de l'agriculture raisonnée ou biologique, et peuvent être commandés au verre.

Gabrielse a fait ses classes à l'école des grands, auprès du réputé James Maguire, du défunt Passe-Partout, spécialiste du pain et des rillettes de Tours, mais aussi auprès de la passionnée Racha Bassoul, chef de renom, dont la cuisine est parfumée et épicée.

Cette expérience lui sert à merveille chez Laloux. Son plat de pieuvre grillée et haricots coco, par exemple, est un exemple de cet apprentissage acquis précédemment. La cuisson est parfaite et il n'y a pas de mélange incongru.

Le flanc de cochon croustillant est lui aussi un plat qualifié de rustique. Une couenne croustillante, une chair fondante à point, le tout accompagné d'une poire confite et farcie au boudin noir. C'est une petite merveille d'équilibre, de parfums qui se conjuguent en harmonie.

Les desserts sont depuis toujours le point fort de ce restaurant. Le pot de crème concocté par Demers, l'ananas rôti ou les fins gâteaux sont chaque fois de belles découvertes.

Comment se plaindre d'un tel repas, qui ne coûte par ailleurs que de 19 $ à 23 $ pour des plats d'une grande qualité, servis avec classe sur une table recouverte d'une nappe de tissu avec serviettes de coton et verres fins?

Avec le chef Seith Gabrielse, ce restaurant en quête d'identité se donne pour mission de bien nourrir des clients heureux.

- Plus: des petits prix pour une grande qualité de mets proposés.

- Moins: les difficultés, parfois, pour trouver une place de stationnement.

- Prix payé pour deux personnes, le midi, avec une bouteille de vin (Côte du Rhône non filtré), avant taxes et service: 105,50 $.

Restaurant Laloux

250, avenue des Pins Est

Montréal, 514 287-9127

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Les bonnes fourchettes du mois

Hôtel de l'Institut

3535, rue Saint-Denis

Montréal

514 282-5161

On oublie qu'il existe un bon restaurant à l'Institut de tourisme et d'hôtellerie du Québec. Un restaurant joliment décoré où l'on mange le midi pour 21 $ un repas rapidement servi. Le soir, un menu découverte varie au fil des saisons.

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Bistro chez Roger

2316, rue Beaubien Est

Montréal

514 593-4200

Voilà un charmant bistro où les grillades et les braisés savent combler les gros appétits. Le tout dans un décor convivial, sympathique, où bonne humeur rime avec saveurs. À essayer: la magistrale côte de boeuf pour deux, même trois sans problème.

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Sapori Pronto

4894, rue Sherbrooke Ouest

Westmount

514 487-9666

Il fait toujours partie de mes coups de coeur pour sa cuisine italienne. Péppino, en plus d'être discret et sympathique, propose une cuisine italienne simple, goûteuse et conviviale. Son risotto est l'un des meilleurs à Montréal, et de plus, on peut emporter des plats et des sauces du rayon traiteur.

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La Tomate blanche

Quartier Dix30

9385, boulevard Leduc, local 10

Brossard

450 445-1033

Un restaurant italien qui ne déçoit guère, les habitués en témoignent. Sans les artifices du boulevard Taschereau, ici on sert une vraie cuisine italienne dans un magnifique décor. Pâtes, veau, calmars, tout est frais et de qualité.
1 commentaire
  • Nathalie Bock - Inscrit 2 avril 2010 15 h 51

    Etrange

    Je trouve très étrange que le Restaurant Laloux ait soudainement cette critique dans le Devoir.

    Je dois vous avouer que je suis allée manger chez Laloux lundi soir dernier et nous avons eu le pire service possible à Montréal.

    La soirée s’est terminée de façon ignoble, avec une escarmouche entre nous (clients) et les deux responsables de l’établissement. Une agressivité verbale et un manque de professionnalisme total envers la clientèle.

    Cliente très insatisfaite.