La pizza retrouvée

La copropriétaire de l’Arlequino, Marie-Ève Lalancette, sert la classique Cosenza, une pizza à pâte fine garnie d’une bonne sauce tomate, de fromage et d’un œuf encore mollet
Photo: Jacques Grenier - Le Devoir La copropriétaire de l’Arlequino, Marie-Ève Lalancette, sert la classique Cosenza, une pizza à pâte fine garnie d’une bonne sauce tomate, de fromage et d’un œuf encore mollet

Au fil du temps, mon intérêt pour la pizza a quelque peu diminué vu le nombre de «boutiques» qui vendent ce plat d'origine napolitaine. Une dégradation de l'appellation dont s'est emparée avec empressement la restauration rapide, qui présente la pizza sous toutes sortes de formes, parfois même dotée de pâte et de garniture insolites.

La pizzeria Arlequino est moderne, tout en longueur, possède un plancher de marbre blanc à l'italienne, des briquettes de pierre sur les murs, de belles ardoises qui font le tour du restaurant. Un très beau cellier trône dans l'entrée et la carte des vins, offerts au verre ou en bouteille, propose quelques belles découvertes.

Comme dans bien des restaurants, les écrans plasma installés au-dessus du bar troublent la quiétude du repas en diffusant le sport de l'heure aux Jeux olympiques.

À l'opposé de ce qu'on voit souvent dans les pizzerias banales, ici les serviettes sont en coton, les chaises sont jolies et confortables, et le personnel est à l'écoute des besoins de la clientèle.

Le menu se trouve sur le napperon de papier. Il offre une large sélection de plats et fait une grande place aux produits labellisés (Aliment Québec) et aux fromages d'ici, bravo!

Antipasti et insalate sont au menu, mais les pizzas y occupent la plus grande place: une quinzaine de pizzas différentes sont offertes.

Deux plats de calmars sont proposés: frits (en entrée) ou grillés (plat principal), ces derniers servis avec une salade.

J'ai opté pour le premier plat. On m'a servi de longs bâtonnets découpés dans un produit sûrement congelé au départ, recouverts d'une panure très légère et accompagnés de deux sauces épicées à divers degrés. Un plat très acceptable, mais qui ne figurera pas au palmarès des meilleurs calmars montréalais.

Étant donné le nouveau règlement municipal montréalais interdisant le chauffage au bois, qui s'applique aussi aux pizzerias, l'Arlequino pourrait bien être l'un des derniers établissements à bénéficier d'un four à bois pour cuire ses pizzas. Et pourtant, la cuisson sur bois n'a rien à voir avec celle du four à convection ou électrique. Sur bois, la pâte est fine, cuite en deux minutes, et la garniture révèle ses saveurs. C'est là que la pizza devient un grand plat.

J'avais opté pour un classique, la Cosenza. Une pâte fine garnie d'une bonne sauce tomate, de fromage, et d'un oeuf encore mollet lorsque servi. Je ne me souviens pas de la dernière fois où j'ai mangé une pizza avec un tel bonheur.

Les desserts proposés sont faits maison, une chose de plus en plus rare. Pudding chômeur, gâteau au chocolat ou génoise chocolat banane? Mon choix se porte sur la génoise, présentée sous forme de roulé un peu sec, qui aurait gagné à être nappée d'un peu de sirop alcoolisé au rhum, par exemple.

Voilà une petite pizzeria discrète, ouverte depuis un an seulement, qui se cache presque dans la rue Drummond. Mon plaisir est immense de vous dire qu'ici c'est beau, bon, et pas très cher.

Restaurant pizzeria Arlequino, 1218, rue Drummond, Montréal, 514 868-1666.

Prix payé le midi pour une entrée, une pizza, un dessert, un verre de Sangiovèse à 7 $ et un café, avant taxes et service: 37,75 $.

Plus: la qualité du service, et surtout une pizza extraordinaire. De plus, les prix des vins sont très acceptables.

Moins: la déception de ne pas avoir découvert cette pizzeria bien avant.

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Les bonnes fourchettes du mois

Restaurant DNA

355, rue Marguerite d'Youville Montréal, % 514 287-3362

Nous avons déjà parlé en bien de cet établissement qui continue sur sa lancée en offrant toujours une cuisine de qualité axée sur le cochon. Le chef fabrique sa charcuterie, et on nous fait découvrir des vins canadiens vraiment intéressants. Bar et salon privé.

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Portus Calle

4281, boulevard Saint-Laurent Montréal, 514 849-2070

Un restaurant tout rénové qui donne une vision de la cuisine portugaise revisitée par une chef hors normes. On aime les tapas portugais, la morue salée, les calamars et tout le reste, sans omettre les vins fins du Douro et l'huile d'olive de chez Carm.

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Restaurant Sakura

2170, rue de la Montagne

Montréal, 514 288-9122

Si vous aimez les kimonos, les tatamis et l'ambiance d'un authentique restaurant japonais, c'est ici que cela se passe. La cuisine nous propose de bons tempuras, et surtout le crabe bleu entier et frit à la japonaise et à des prix bien plus bas qu'au Japon. Bonnes bières et saké japonais.

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Restaurant Decca 77

1077, rue Drummond

Montréal, 514 934-1077

Dans un décor moderne, on offre une cuisine aérée et moderne que concoctent les chefs devant vous. Plats du jour le midi et table d'hôte de qualité. On aime le foie gras de canard, les champignons et le poisson toujours bien cuisiné. Excellent choix de vins d'importation privée.