Bar & Boeuf, bistro à la mode de chez nous

Après avoir repris le défunt restaurant japonais Soto, les propriétaires du resto Bar & Bœuf ont choisi d’évoluer dans le même décor.
Photo: Jacques Grenier - Le Devoir Après avoir repris le défunt restaurant japonais Soto, les propriétaires du resto Bar & Bœuf ont choisi d’évoluer dans le même décor.

La mode montréalaise suit le mouvement bien enclenché des bistros qui ouvrent un peu partout. Mais attention: un bistro, aussi beau soit-il, peut souvent cacher une restauration pastiche, sans âme et sans fondement.

Après avoir repris le défunt restaurant japonais Soto, les propriétaires ont décidé d'évoluer dans le même décor, avec ses plafonds hauts et ses magnifiques lustres noirs, conservant le bar tel quel, les chaises de cuir blanc crème, les mêmes écrans plats et des murs qui seraient heureux de recevoir un coup de pinceau.

Le menu du midi est simple et propose en entrée une salade ou un potage: ce jour-là, c'était une crème de panais. Au menu du jour également: un choix de viandes et un poisson, un duo de thon et saumon, avec quelques suppléments qui se retrouveront évidemment sur l'addition.

Une carte est également disponible et permet une évasion qu'Alexandre Gosselin, le chef propriétaire qui officie aux fourneaux, sait doser dans sa cuisine en jouant de modernisme, mais sans exagération.

Le tataki

Avec mon invitée, nous avons choisi le tartare de boeuf en entrée (avec supplément), présenté sur une plaque d'ardoise, moulé et joliment présenté après avoir été haché ni trop finement ni grossièrement.

Une viande bonne et parfaitement assaisonnée qui laissait présager un bon repas à venir.

On ne suit pas encore, ici, l'esprit des Relais & Châteaux, qui ont supprimé le thon dans beaucoup de leurs restaurants. Ici, le tataki est encore présent et figure en bonne place au plat du jour, en duo avec le saumon poêlé servi avec un bulgur au fenouil grillé.

De retour d'un voyage au Japon, je commence à en savoir un peu plus sur le tataki.

En fait, il s'agit avant tout d'une méthode de cuisson qui consiste à saisir rapidement la pièce choisie (pas forcément du poisson) et à la faire mariner ensuite avant de la servir presque crue au centre.

On a ici un bel équilibre et la cuisson aurait été parfaite si le thon avait été rosé au centre. Le filet de boeuf, pour sa part, était coupé et accompagné d'une très courte sauce au thé noir, garni de pousses de brocoli trop cuites et de petites pommes de terre rates. La viande, parfaitement cuite et savoureuse, a fait apprécier le boeuf à son meilleur.

Le pain offert au Bar et Boeuf provient de chez Arhoma, le nouveau boulanger de l'heure dans Hochelaga-Maisonneuve, dont tout le monde parle.

Son merveilleux pain de campagne, qu'on nous a servi ici, nous fait retrouver un goût oublié.

Tous les restaurateurs devraient s'inspirer d'un tel choix et revenir au vrai pain nature plutôt que de nous imposer des pains bizarres au cacao ou à la patate douce.

Dommage que le service soit imprécis, lent, et qu'on ne comprenne pas que, lorsqu'il n'y a plus d'eau dans un verre, cela signifie qu'il faut en verser de nouveau, ou encore qu'une soucoupe dans laquelle du café a renversé ne s'apporte pas telle quelle sur la table, même le midi.

Pour finir, on déplore qu'il faille attendre dix minutes pour obtenir un dessert déjà prêt, surtout quand le parcomètre risque de nous faire regretter un repas pourtant très correct.

Le dessert — un seul était proposé au menu du jour — se composait d'un gâteau fondant aux noisettes (désolé pour ceux qui ont des allergies) accompagné d'un sorbet aux pommes et d'une gelée de noix inconnue ou disparue de l'écran radar.

Le gâteau, partagé à deux, complété par le sorbet, offre un bel équilibre de saveurs.

Fait à noter: le restaurant offre un bon choix de vins au verre, dont la cuvée maison (vin d'importation) mérite que l'on s'y attarde, tout comme l'eau proposée: minérale ou municipale?

Soulignons au passage que l'eau Eska, qui vient d'ici, est l'une des meilleures au monde.

- Plus: une cuisine de très grande qualité et un pain extraordinaire.

- Moins: un service défaillant et léger qui manque d'attention.

- Prix payé pour deux le midi avec quatre verres de vin, un espresso et un thé, avant service: 101,03 $.


Restaurant Bar & Boeuf

500, rue McGill

Montréal

514 866-3555

***

Les bonnes fourchettes du mois

Restaurant DNA

355, rue Marguerite d'Youville Montréal, 514 287-3362

Nous avons déjà parlé en bien de cet établissement qui continue sur sa lancée en offrant toujours une cuisine de qualité axée sur le cochon. Le chef fabrique sa charcuterie, et on nous fait découvrir des vins canadiens vraiment intéressants. Bar et salon privé.


Portus Calle

4281, boulevard Saint-Laurent Montréal, 514 849-2070

Un restaurant tout rénové qui donne une vision de la cuisine portugaise revisitée par une chef hors normes. On aime les tapas portugais, la morue salée, les calamars et tout le reste, sans omettre les vins fins du Douro et l'huile d'olive de chez Carm.


Restaurant Sakura

2170, rue de la Montagne

Montréal, 514 288-9122

Si vous aimez les kimonos, les tatamis et l'ambiance d'un authentique restaurant japonais, c'est ici que cela se passe. La cuisine nous propose de bons tempuras, et surtout le crabe bleu entier et frit à la japonaise et à des prix bien plus bas qu'au Japon. Bonnes bières et saké japonais


Restaurant Decca 77

1077, rue Drummond

Montréal, 514 934-1077

Dans un décor moderne, on offre une cuisine aérée et moderne que concoctent les chefs devant vous. Plats du jour le midi et table d'hôte de qualité. On aime le foie gras de canard, les champignons et le poisson toujours bien cuisiné. Excellent choix de vins d'importation privée.