Osco, le soleil de Provence qui réchauffe l'hôtellerie

Situé dans l’hôtel Intercontinental à Montréal, le restaurant Osco présente un décor métissé rétro, mais résolument moderne dans son approche.
Photo: Jacques Grenier - Le Devoir Situé dans l’hôtel Intercontinental à Montréal, le restaurant Osco présente un décor métissé rétro, mais résolument moderne dans son approche.

Cela fait du bien enfin! Après le Sofitel et son restaurant Le Renoir, il semble que l'on considère désormais que la restauration de qualité a sa place dans la grande hôtellerie québécoise. Chez Osco, mot qui signifie «bravo» en occitan, on mise avant tout sur les valeurs sûres du moment en offrant le sud de la Provence, avec les couleurs appropriées.

Situé dans l'hôtel Intercontinental à Montréal, le resto présente un décor métissé rétro, mais résolument moderne dans son approche. Et il accueille les clients avec un beau service de vaisselle.

Des ardoises contiennent le menu et les spéciaux du jour. On a respecté la donne en proposant une cuisine accessible et des vins à des prix en dessous de ceux du marché. Bravo!

Mon invité est un Provençal qui parfois se prend pour Pagnol. Il aime raconter sa passion pour Manosque, pour la faïence de Moustiers ou encore la tarte tropézienne, tout en jouant à la pétanque, pastis à la main.

La gougère d'escargots au Noilly-Prat est joliment présentée et accompagnée d'une julienne de légumes à la crème à l'ail. Les escargots, et spécialement les petits-gris, font partie de la cuisine régionale en Provence. La version moderne offerte ici et adaptée est intéressante.

Les escargots, tendres et bien assaisonnés, se marient à merveille avec le vermouth rehaussé par les petits légumes et la fine crème à l'ail qui, rassurez-vous, ne vous empêche pas de côtoyer vos voisins.

Le gaspacho de tomates et légumes à la mousse d'olive nous change du gaspacho classique andalou. Bien relevé, le mélange de la mousse légère, parfumée aux olives, vient enrober en douceur l'acidité de la tomate. Ajoutez néanmoins une petite touche de fleur de sel de Camargue et le plat devient magique.

Bien peu de restaurants, malheureusement, ou pas assez en tout cas, osent mettre le lapin à leur menu. Dommage, car cette viande, si elle est bien préparée, est succulente.

Matthieu Saunier, le chef (originaire de Martigues), le propose en cuisse confite aux olives et servi avec un tian de légumes provençal.

Il offre aussi un plat «maison» de Provence, devenu rare au restaurant: les petits farcis, servis avec un embeurré de pomme de terre à la truffe. La chair de la cuisse de lapin confite se détachait à merveille de l'os sans être filandreuse, mais asséchée par le four. Le tian de légumes complétait l'ensemble agréablement.

Deux fois osco (bravo) pour les petits légumes farcis, un plat simple à réaliser mais pour lequel il est difficile de maintenir une constance.

Les petits légumes (tomates, courgettes, etc.) sont vidés puis délicatement farcis avant d'être cuits au four. Parfumés au basilic et aux fines herbes, ils sont servis avec la purée de pomme de terre truffée. Un pur régal.

On trouve la tarte tropézienne tant dans les restaurants que dans les pâtisseries du sud-ouest de la France. L'origine de cette tarte, ou brioche, remonte aux années 50. Alexandre Micka en est le créateur, même si d'autres en revendiquent la paternité.

Chez Osco, elle est bonne et se rapproche de l'originale. La brioche, parfumée à l'eau d'oranger, est garnie d'un mélange de crème pâtissière et de crème au beurre. Le tout est une agréable surprise.

Enfin du nouveau dans le secteur hôtelier de Montréal! Il faut désormais espérer que d'autres suivront l'exemple de l'Intercontinental en proposant autre chose qu'une cuisine d'hôtel.

Ailleurs, cela fonctionne; alors pourquoi pas ici?

- Prix payé pour deux personnes pour deux entrées, deux plats principaux, deux desserts et une bouteille de vin du Languedoc (26 $): 98 $, avant taxes et service.

- Plus: des prix très convenables pour une qualité de restauration supérieure.

- Moins: un service qui se cherche et ne connaît pas encore son menu.

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L'Orchidée de Chine

2017, rue Peel, Montréal, 514 287-1878

Un très bon restaurant chinois qui propose à sa clientèle une cuisine sichuanaise dans un cadre fort agréable. On peut apprécier le poisson au gingembre, des crevettes à la sauce Sichuan (relevée) et des plats comme le canard aux épices ou le boeuf à l'orange.

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Restaurant bonaparte

443, rue Saint-François-Xavier Vieux-Montréal, 514 844-4368

Une entité, une référence dans le Vieux-Montréal. Un rapport excellent pour la qualité des mets servis et, surtout, une constance unique qui confère à ce restaurant ses lettres gourmandes. À découvrir: la côte de veau rôtie aux champignons, un délice.

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Restaurant laloux

250, avenue des Pins Est, Montréal, 514 287-9127

Enfin Laloux semble retrouver sa lancée de jadis avec le «Grand Besson» sous la houlette d'Éric Gonzalez à la cuisine. La cuisine change au fil des saisons, mais demandez la joue de veau braisée et les petits pots de crème de Patrice Demers, l'ex-pâtissier des lieux.

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PORTUS CALLE

4281, boulevard Saint-Laurent, Montréal, 514 849-2070

On découvre la vraie couleur du Portugal dans ce restaurant tenu par une main de femme extraordinaire. Les croquettes de morue, les fruits de mer et les poissons qu'Helena fait venir toutes les semaines sont à découvrir, sans oublier les grands vins portugais d'importation privée.