Vivement un peu d'Afrique!

Le Kilimandjaro est le dernier rejeton de Pulchérie Mboussi, une jeune entrepreneure camerounaise qui s’est fait connaître dans l’esthétique avec son Institut Pulchérie. Photo: François X Côté
Photo: Le Kilimandjaro est le dernier rejeton de Pulchérie Mboussi, une jeune entrepreneure camerounaise qui s’est fait connaître dans l’esthétique avec son Institut Pulchérie. Photo: François X Côté

Québec — Québec a le défaut de compter peu de restaurants qui donnent dans la cuisine internationale. Cela s'accorde au faible taux de rétention des immigrants dans la capitale. À l'exception des cuisines asiatiques et du Proche-Orient, on n'y retrouve souvent qu'un ou deux restaurants pour défendre telle ou telle cuisine du monde. Avec seulement un seul établissement afghan, trois ou quatre sud-américains, quelques indiens, il y a beaucoup de place pour de l'amélioration...

Ainsi, quand vous apprenez qu'un restaurant africain vient d'ouvrir ses portes en basse ville, c'est comme si un vent de fraîcheur soufflait sur votre petit monde de la restauration. Ou comme si un peu de chaleur s'immisçait dans votre froidure. Si, en plus, le bouche à oreille semble colporter une rumeur positive, alors là, il faut absolument aller jeter un coup d'oeil.

Ce nouveau venu, c'est le Kilimandjaro, le dernier rejeton de Mme Pulchérie Mboussi, une jeune entrepreneure camerounaise qui s'est d'abord fait connaître dans le domaine de l'esthétique avec son Institut Pulchérie. Voilà donc qu'elle nous revient avec un projet attenant à l'Institut. La restauration en est le coeur, mais c'est un véritable micro-centre culturel qui est en gestation ici, avec un coin boutique, un espace d'initiation aux cultures africaines, des cours de danse, etc.

Lorsque j'ai entendu parler pour la première fois de la vocation polyvalente de ce lieu, j'ai douté. Mais dès qu'on entre au Kilimandjaro, force est de constater que le projet est bien maîtrisé. Les choses y sont faites avec simplicité mais sérieux. Et le but est clair: ouvrir de nouveaux horizons à la clientèle.

Le lieu est stimulant. Il est vaste, haut, avec un joli mur de brique et des couleurs chaudes. Détail intrigant: le designer s'est amusé à créer de faux poteaux électriques qui font courir de gros câbles de cuivre près du plafond... Sur toute la longueur du local. C'est plus sympa que réussi. Disons que ça fait partie de ces brins de folie qui parsèment l'expérience du Kilimandjaro. Seul point vraiment négatif pour cet espace: il est sombre. Alors, si vous y allez, installez-vous près des fenêtres.

Ce qui retient ensuite notre attention dans ce restaurant, c'est l'atmosphère joviale qui y règne. La propriétaire blague avec les habitués, la musique nous ramène en plein été, loin de la vice-tempête du siècle qu'on vient d'essuyer. Et le personnel témoigne d'une souplesse, d'une capacité à s'adapter aux désirs du client.

Le menu est varié. Pour les non-initiés, il y a là de quoi nourrir une curiosité pendant quelques passages. Quant aux autres, ils trouveront leurs repères dans cette carte faite de plats classiques et de recettes familiales.

Un grand choix d'entrées est offert. Cela va de la plantain aux crevettes sautées en passant par les beignets d'ignames et d'autres petites cachotteries à base de légumes ou de viandes. Sinon, la carte est pour l'essentiel composée de grillades et de plats en sauce. Des thématiques quotidiennes lui donnent vie: mardis grillades, mercredis créoles, jeudis foufous ou pâtes, vendredis riz et samedis spécial Cameroun. Un ou deux plats sont offerts le midi: pas de possibilité, à ce moment-là, de commander à la carte.

Le midi où je suis passé, l'entrée était constituée de bouchées farcies issues de différents pays. Cette introduction était simple mais soignée. Les bouchées étaient délicieuses, bien préparées et cuites à point. Comme plat principal, un poulet à la créole et un colombo à l'agneau étaient à l'honneur. Ce dernier est une sorte de ragoût basé sur le mélange d'épices du même nom.

Le poulet rappelait vaguement un couscous avec sa sauce généreuse en morceaux de légumes, mais le registre des épices était complètement différent. Le colombo était très riche mais particulièrement savoureux. Ces deux plats étaient accompagnés d'une céréale méconnue: le fonio. Avis aux amateurs de teff et d'amarante qui croient avoir tout vu: il y a aussi le fonio! Il s'agit d'une minuscule espèce de millet cultivée en Afrique de l'Ouest. Le Soudan et l'Éthiopie en font grand usage.

Au cours de ce repas, j'aurai également goûté à une côte d'agneau dans une sauce aux épinards, franchement trop salée. Par contre, deux jus maison, l'un au gingembre frais et l'autre à l'hibiscus, étaient très réussis. Le jus au gingembre justifie en soi un passage au Kilimandjaro. D'ailleurs, c'est à se demander s'il ne pourrait pas soutenir un commerce à lui seul.

Tout cela consommé, il ne restait plus de place pour le dessert et le café. Il faudra repasser et déguster avec plus de modération...

Voilà donc un tout nouveau restaurant qui mérite qu'on s'y attarde. Situé dans un quartier qui s'affirme de plus en plus comme l'épicentre de la cuisine internationale à Québec, on y trouve une bonne dose de surprises et d'authenticité.

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- Cuisine: africaine.

- Ambiance: la bonne franquette à la camerounaise.

- En résumé: un nouveau restaurant qui offre une cuisine méconnue et qui pourrait bien devenir un de ces petits incontournables de Québec.

- Les plus: jovialité, bel espace, menu varié en soirée.

- Les moins: peu de choix le midi.

- Midi: menus à partir de 8,95 $.

- Table d'hôte en soirée: à partir de 18, 95 $.

- À la carte en soirée: entrées de 3 $ à 7,95 $, plats principaux de 10,95 $ à 16,95 $, desserts à 2,50 $.

- Alcool: en attente de permis.

- Musique: africaine.

- Stationnement: municipal à 100 mètres.

- Autres: 50 % de réduction pour les enfants de dix ans ou moins, mets à emporter, service de traiteur, salon privé, Internet sans fil.

- Le Kilimandjaro, 239, rue Saint-Vallier Ouest, Québec, 418 529-1001.

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Collaborateur du Devoir

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