La bonne plante au bon endroit - 2

À quelques pas de distance peuvent se côtoyer des plantes de niche humide et des plantes de niche sèche. C’est au jardinier de créer des dénivellations et des changements de sol, d’utiliser des contenants, des toiles imperméables, des tas de ro
Photo: À quelques pas de distance peuvent se côtoyer des plantes de niche humide et des plantes de niche sèche. C’est au jardinier de créer des dénivellations et des changements de sol, d’utiliser des contenants, des toiles imperméables, des tas de ro

Avez-vous déjà essayé de vous débarrasser d'une poubelle en la mettant aux vidanges?

Figurez-vous qu'il y a presque un quart de siècle, j'avais décidé de mettre aux vidanges une énorme poubelle verte, dégoûtante, déformée, fendue et percée. Quel ne fut pas mon étonnement, et deux fois plutôt qu'une, de constater que cette vilaine poubelle restait là, sur le trottoir, avec ses consoeurs beaucoup plus modernes, neuves, qui sentaient encore le plastique usiné! Bref, le maître poubellier ne voulait pas voir disparaître à tout jamais un outil aussi important, source de son gagne-pain! Mettre des poubelles à la poubelle deviendrait le comble pour un poubellier...

Résigné, j'ai dû garder cette poubelle, qui a occupé quatre bons pieds carrés de mon garage, jusqu'au jour où j'ai entendu crier: «Que dirais-tu de beaux Caltha palustris?» C'était la voix de mon ami Philippe, empreinte de la fierté du chasseur rapportant son butin, qui se faisait entendre haut et fort. Chouette! Du caltha, super! Oui, ça me ferait plaisir!

Une fois le copain parti après deux bouteilles de rosé, je me suis demandé: «Que vais-je faire d'une plante aquatique, moi qui n'ai toujours pas de bassin?» J'avais accepté cette plante en gage d'amitié, mais pour sauver mon honneur, il fallait maintenant que cette plante survive, vive et prospère!

Ma petite virée au garage a été décisive. Mes yeux ayant repéré la poubelle, la partie gauche de mon cerveau y a tout de suite vu un bassin. Tout était alors en place pour réaliser un environnement honnête pour une plante semi-aquatique. Mon slogan: plantez des poubelles!

Vingt-cinq ans plus tard, la floraison du caltha est toujours au rendez-vous. Depuis, j'ai planté bien des poubelles, que ce soit pour mes ligularia, mes menthes, de fabuleuses pétasites, des rhubarbes palmatum hallucinantes et d'autres plantes soit envahissantes, soit requérant un printemps humide, voire marécageux.

Le visiteur, même attentif, ne verra pas la subtile supercherie du jardinier qui utilise toutes sortes de contenants pour contrôler l'arrosage et l'humidité de ses pensionnaires. Bref, il offre un gîte correspondant aux besoins des plantes qu'il héberge.

Je vous invite donc à vous procurer des poubelles: il y en a de toutes les sortes sur les trottoirs certains jours de la semaine... Voici comment procéder: faites d'abord un trou pour y enfouir la poubelle; celle-ci peut être coupée en hauteur selon les besoins. Si c'est pour un lotus ou un nénuphar, de deux à trois pieds de profondeur sont justifiés. Souvent, de un à deux pieds suffisent pour les plantes de rivage. La profondeur de la poubelle doit être ajustée aux types de plantes qui l'habiteront.

Il est préférable de percer le fond de la poubelle si c'est pour y mettre des plantes qui, sans être aquatiques, requièrent un sol très humide. Avant de déposer la poubelle au fond du trou, mettez de trois à quatre pouces d'épaisseur de cailloux afin d'assurer un drainage à l'automne et à l'hiver.

On peut aussi ne creuser que très légèrement et installer plusieurs poubelles de différentes profondeurs, puis masquer le tout dans une butte de terre avec une plante couvre-sol ou un paillis d'écorce de bois. L'important, dans cette opération, c'est de toujours créer des environnements pour des plantes qui aiment l'eau.

Pour de petits bassins aquatiques, il ne faut pas faire de trous dans le fond du contenant qui accueillera lotus, nymphaea (nénuphars), sagittaria, scirpus, thypha et autres.

Pour des plantes de terre humide et de marécage, la profondeur du contenant et les trous de drainage sont des éléments à retenir car ces plantes, même si elles aiment l'eau, ne supportent pas toutes une immersion permanente de leur collet, c'est-à-dire la base de la tige.

Dans un coin très légèrement ombragé de votre jardin, faites un coup «fumax» en plantant de magnifiques iris du Japon. Vous accueillerez ainsi dans votre jardin d'impressionnantes fleurs qui feront votre fierté. Les iris japonais (Iris ensata ou Iris kaempferi en latin), évidemment originaires du Japon, sont de zone 5, de croissante lente — il faut être patient — mais de vie très longue, et d'une beauté, mais d'une beauté...

Le truc de la poubelle leur convient, mais attention, il faut s'assurer que l'eau reste de façon temporaire. Cet environnement fera aussi le bonheur de plusieurs espèces de primevères: Primula floridae, P. japonica, P. vialii, ainsi que des trolles Trollius chinensis.

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Vous aimeriez que je traite d'un sujet en particulier? Vous désirez que je réponde à votre question? Vous acceptez que le jardinier prenne son temps? Écrivez-moi!

jean-claude.vigor@mapaq.gouv.qc.ca

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Euphorbia Marginata

À quelques pas de distance peuvent se côtoyer des plantes de niche humide et des plantes de niche sèche. C'est au jardinier de créer des dénivellations et des changements de sol, d'utiliser des contenants, des toiles imperméables, des tas de roches, etc. Bref, une multitude de possibilités s'offrent à vous pour construire de fabuleux environnements. À un endroit pleinement ensoleillé, en entassant des cailloux, en insérant de la terre légère, sablonneuse, pauvre et bien drainée, puis en consolidant le tout avec quelques pierres plates, vous obtiendrez un autre environnement pour accueillir l'Euphorbia marginata.

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Le courrier des lecteurs

- Nous avons acheté des semences de coquelicots en Normandie. Est-il possible de les semer maintenant dans nos plates-bandes?

Le coquelicot, de son nom latin Papaver rhoeas, est une redoutable mauvaise herbe en Europe. Au Canada, il n'apparaît pas sur cette liste fatidique et impitoyable des mauvaises herbes. Nous pouvons donc semer quelques coquelicots dans notre jardin. Il s'accommode d'un sol pauvre, caillouteux, neutre et sec.

Comme c'est une plante annuelle, il vous faudra récupérer les semences après la floraison, les entreposer et les utiliser l'année suivante. On peut trouver des plants mais aussi des graines de cultivars comme «Angels Choir», à fleurs rouges, et «Shirley», à fleurs doubles et de couleurs variées.

Mais beaucoup de jardiniers préfèrent utiliser le pavot vivace, le Papaver orientalis.

Les jardineries offrent plusieurs espèces de Papaver. Dans son petit pot de quatre pouces, il a l'air désespéré, abattu, mélancolique... Bref, il a presque une mine d'enterrement. Pourtant, une fois dans notre jardin, il fait office de clown heureux, joyeux, radieux, voire triomphant.

Quelques cultivars

- Papaver orientalis «Double Plaisir». Tout nouveau, il ressemble à une ancienne variété de rose. Les pétales sont d'un rose veiné d'un rose plus foncé.

- Papaver orientalis «Fille lilas». Tout nouveau et encore assez rare, ses pétales ressemblent à du papier crépon.

- Papaver orientalis «Picoté» ou «Picotee». Oh! lui, il faut l'avoir dans son jardin. De couleur beige, la bordure de ses pétales est rouge orangé.

Bonnes chances avec vos coquelicots, Madame. «Le myosotis et puis la rose, ce sont des fleurs qui disent quéq' chose! Mais pour aimer les coqu'licots et n'aimer qu'ça... faut être idiot!» (Paroles de Raymond Asso, chantées en 1951 par Mouloudji.)

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Le livre de la semaine

Comme le dit si justement l'auteur, «dans la nature, les plantes poussent sans aucune intervention humaine. Pourquoi n'en serait-il pas ainsi dans notre jardin? Quel est le secret de la nature?».

Les Niches écologiques des vivaces et plantes herbacées, de Bertrand Dumont, se veut la suite inévitable du livre de Michel Renaud, Fleurs et jardins écologiques - L'art d'aménager des écosystèmes.

Connaître les niches écologiques de chacune des plantes nous permet de savoir ce que nous devons faire pour les accueillir avec succès sur notre terrain.

Il nous sera alors facile d'aménager un magnifique jardin paysager écologique qui ne requerra qu'un minimum d'entretien. Ce livre fait partie d'une série d'ouvrages de la collection «Niches écologiques».

Les niches écologiques des vivaces et plantes herbacées

Bertrand Dumont

Éditions Bertrand Dumont

Québec, 445 pages, 2005, 39,95 $

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La semaine du jardinier

- Samedi 4 juin, Sainte-Clothide. Si vous pouvez mettre la main sur ce minipétunia retombant, ouah! Il se nomme Calibrachoa «Superbells Pink Kiss». Voilà un choix magnifique pour nos vasques et nos boîtes à fleurs. Il est le chouchou de plusieurs universités américaines mais aussi des éditeurs de revues horticoles. Ses très petites fleurs rose pâle ont un coeur foncé. Très florifère.

- Dimanche 5 juin, Saint-Igor. Voici quelques choix pour garnir une vasque de 16 pouces de diamètre située en plein soleil.

Un Carex buchananii, que vous placez au centre. Feuillage bronze et fin.

Un Stachys «Hidalgo», une très jolie petite plante retombante.

Un Surfinia «Terra-Cotta», dont la couleur est superbe.

Un ou deux Diascia «Coral Belle», très florifère, avec de petites fleurs délicates.

Une Ipomea batatas «Margarita», patate douce au feuillage lime pâle.

- Lundi 6 juin, Saint-Norbert. Il fait maintenant assez chaud pour transplanter les Eucalyptus globulus dans le jardin. Il faut les planter dans un grand pot avec de la bonne terre ou, mieux encore, près d'un bassin, voire dans un coin très ensoleillé du jardin mais où l'eau est disponible en abondance. Les eucalyptus ont été utilisés pour assécher les marais afin de lutter contre le paludisme causé par les moustiques.
- Mardi 7 juin, Saint-Gilbert. Voici une lotion antimoustique maison: trois cuillères à table d'huile d'amande ou d'olive, six gouttes d'huile essentielle d'eucalyptus et une demi-cuillère à thé d'alcool à 40 %. Bien agiter. Attention: certaines personnes sont allergiques aux produits à base d'eucalyptus.

- Mercredi 8 juin, Saint-Médard. «S'il pleut le jour de la Saint-Médard... » «Qui ne boit vin mange lard.»

- Jeudi 9 juin, Sainte-Diane. Attention aux coups de soleil! Les plantes doivent passer au moins une semaine à la mi-ombre, parfois plus, avant d'être placées au soleil.

- Vendredi 10 juin, Saint-Landry. Les epimediums sont des plantes vivaces qui demandent un sol riche en matière organique, neutre et légèrement humide. Mes préférées: Epimedium rubrum, dont le feuillage semi-persistant devient pourpre à l'automne. Plantez 12 plants au mètre carré. Le cultivar Epimedium x younglanum «Niveum» semble très rustique. L'Epimedium x younglanum «Roseum» a de petites feuilles composées ovées et de couleur rose violet.
1 commentaire
  • Durail Patricia - Inscrite 6 août 2008 08 h 50

    Usages multiples des plantes

    Bonjour,
    Je viens d'acheter un livre juste sorti: Mes bonnes plantes et mes bonnes herbes edite par Rustica. Le connaissez vous ? Il y a les multiples utilisations d'une centaine de plantes (cuisine, santé, beauté et culture au jardin) avec plein de recettes