S’initier à la récolte des semences

Geneviève Daoust
Collaboration spéciale, cariboumag.com
Il vaut mieux opter pour des semences qui se récoltent, s’entreposent et se conservent assez facilement.
Photo: Geneviève Daoust Il vaut mieux opter pour des semences qui se récoltent, s’entreposent et se conservent assez facilement.

Ce texte fait partie du cahier spécial Plaisirs

Il y a toutes sortes de récoltes issues d’un jardin : au-delà des traditionnels fruits, légumes et fines herbes, notons des bouquets de fleurs coupées et… une panoplie de semences. En sachant comment les récolter, on se rend compte que les espaces potagers et les aménagements paysagers regorgent de semences qui pourront servir pour le jardin et le potager de l’an prochain. Geneviève Daoust, une jardinière passionnée depuis près de dix ans, nous fait part de ses apprentissages.

La conservation des semences n’est pas quelque chose que l’on enseigne dès le jeune âge sur les bancs d’école. On apprend grâce au partage des connaissances de personnes expérimentées, à des lectures et à des essais et des erreurs.

Le premier conseil pour faire la récolte de semences est de sélectionner et de conserver uniquement celles des meilleurs exemplaires de vos variétés préférées. Mais il faut aussi opter pour des semences qui se récoltent, s’entreposent et se conservent assez facilement. Notons par exemple celles des laitues, des cerises de terre, des piments, des poivrons, de la coriandre, de l’aneth, des zinnias, des centaurées, des pensées et des capucines.

Qu’il s’agisse d’un fruit ou d’un légume, on choisira celui qui possède les meilleures caractéristiques de goût, de texture, de conservation, de forme, de productivité, de rusticité et de résistance aux maladies.

Les semences, qui sont les graines produites par la plante pour se reproduire, prennent différentes formes. Par exemple, pour les fines herbes, elles se trouvent dans les fleurs qui « montent en graines ». Pour la tomate, les semences sont les petites graines qu’on trouve à l’intérieur du fruit et pour les fèves, les haricots et les pois, les semences sèchent directement sur le plant. Dans ce cas, il faut repérer celles qui sont les plus dominantes par leur couleur foncée et celles qui semblent les plus grosses et les plus fermes pour assurer un meilleur taux de succès. Avant de récolter ces dernières, il faut bien laisser sécher les légumes sur le plant. La cosse craquera sous les doigts lorsqu’elle sera prête et on pourra ainsi récolter les semences.

Ensuite, il est préférable de se concentrer sur les semences à pollinisation libre (qui résultent du croisement entre deux plants dont la pollinisation se fait naturellement, par le vent ou les animaux par exemple). Vous vous assurerez ainsi d’un résultat identique au plant initial au fil des années, contrairement à celui des semences de variétés hybrides reconnues facilement dans les grandes surfaces commerciales grâce à la mention « F1 » sur le sachet.

Les semences du débutant

 

Pour commencer ses expériences, les fleurs annuelles ou vivaces ainsi que les fines herbes comme l’aneth, la coriandre ou le basilic sont assez accessibles, ainsi que certains fruits et légumes dont les graines se trouvent directement à l’intérieur comme les tomates, piments, poivrons, aubergines et cerises de terre. Ajoutons certaines autres plantes qui doivent sécher directement sur le plant, dont les haricots, la laitue, les épinards et la moutarde. Par exemple, pour repérer les semences d’une laitue, il suffit de lui laisser terminer son cycle de vie : sa tête montera en fleurs, puis en graines. Un plant produira ainsi des centaines de semences. D’autres plants ont besoin d’une maturation au-delà du seuil de comestibilité. Pour cela, il faut sélectionner des spécimens dès le début de la production et les récolter à la toute fin de la saison, comme c’est le cas pour les concombres et les courgettes qu’on laissera jaunir afin que la chair soit presque liquide et que les graines se détachent facilement.

Enfin, dernier conseil : veillez à bien faire sécher, à ensacher et à entreposer vos semences pour bien conclure ce minutieux travail de récolte. Nettoyez d’abord les graines dans un tamis et laissez-les complètement sécher sur un papier essuie-tout à l’abri de la lumière avant de les mettre dans des sachets individuels, puis dans des pots hermétiques qui seront entreposés au frais et à l’ombre. Prenez le temps de bien identifier les sachets avec le nom de la plante et sa variété, ainsi que son année de production. Par exemple, si vous récoltez différentes graines de basilic, inscrivez son nom exact pour pouvoir les différencier. Serait-ce du basilic génois, citron, thaï, pourpre ou sacré ? Cela vous aidera à vous y retrouver, car certaines semences se conservent pendant plusieurs années. D’autres resteront viables, mais leur taux de germination diminuera.

Il ne restera ensuite qu’à les ressortir quelques mois plus tard pour produire ses propres semis à l’intérieur à la fin de l’hiver ou pour les planter directement au jardin au printemps venu.

Il est maintenant le temps de voir vos espaces potagers d’un oeil nouveau ! Partez à la découverte des semences de toutes sortes. Mais surtout, élargissez vos horizons. Vous voyez une variété de tomate ancestrale à votre marché local et vous l’aimez ? Vous êtes sous le charme d’une fleur dans un aménagement paysager sur l’espace public ? Récoltez quelques semences et vous aurez la satisfaction de les reproduire par vous-même l’année suivante. Bonne exploration !

Pour en savoir plus

Le site Quebec.ca, pour connaître les avantages de produire ses semences ainsi que les étapes à suivre pour y parvenir.

Le livre La conservation des semences de Semences du patrimoine Canada, pour toute personne qui désire produire à petite échelle.



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