Tout savoir sur les pousses et germinations

Joëlle Paquet
Collaboration spéciale, dujardindansmavie.com
Les pousses et les germinations offrent une panoplie d’avantages qui donnent envie de se lancer dans leur production.
Photo: Devi Puspita Amartha Yahya/Unsplash Les pousses et les germinations offrent une panoplie d’avantages qui donnent envie de se lancer dans leur production.

Ce texte fait partie du cahier spécial Plaisirs

Les pousses et les germinations ont connu un certain succès jadis, mais elles gagnent de nouveau en popularité depuis quelques années tant pour leur apport nutritif que pour leur goût. Les méthodes utilisées sont multiples, les avantages, très nombreux, et plusieurs variétés sont encore à découvrir. Tour d’horizon !

Tout d’abord, voici la distinction entre « germinations » et « micropousses ». Les germinations sont les semences en éveil : il s’agit de graines qu’on laisse germer pendant quelques jours dans un peu d’eau. Les micropousses, quant à elles, proviennent des graines qu’on laisse se développer dans un terreau ou un tissu synthétique. Ce sont les jeunes pousses qui sont consommées, et non les racines.

Il y a des variétés que l’on préférera déguster au stade de germe, comme la luzerne, et d’autres que l’on cultive pour la tige et les feuilles, comme les pois. Il demeure intéressant de connaître les bonnes méthodes à utiliser selon la variété cultivée pour maximiser sa récolte. D’ailleurs, beaucoup d’entre elles sont comestibles à tous les stades de pousse et offrent ainsi une variation de texture et de goût. Les possibilités sont presque infinies !

Utilités et avantages

 

Les pousses et les germinations offrent une panoplie d’avantages qui donnent envie de se lancer dans leur production. D’autant plus qu’elles se cultivent toute l’année dans le confort de sa maison !

• Elles offrent un apport nutritionnel impressionnant. Comme ce sont des bébés verdures, les nutriments y sont concentrés. Les niveaux de protéines et de vitamines varient selon la culture.

• Une fois que l’on est équipé, faire ses pousses est très économique. Les semences pour germinations sont en général très abordables et durent longtemps. Les germoirs sont très bon marché également : la rentabilisation des outils se fait en quelques semaines seulement, et ils dureront toute la vie.

• Cultiver ses propres pousses et germinations présente un avantage pour l’environnement, car cela ne crée aucun déchet. On évite ainsi de contribuer à la surutilisation des emballages de plastique, et il est facile d’adapter la quantité de semences à ses besoins.

Comment les cultiver

 

1. Sur terreau

La méthode sur terreau est utilisée pour cultiver les micropousses uniquement. Il serait trop laborieux de nettoyer les germinations remplies de terre alors que, dans le cas des micropousses, nous consommons la tige sortie de terre. On utilise normalement un terreau pour semis, mais d’autres types peuvent aussi bien faire l’affaire. L’obscurité permet l’élongation de la tige et facilite la récolte. Les pousses n’ont pas besoin de soleil, sauf pour verdir la feuille en fin de processus. Une fois cueillies, elles se conservent au réfrigérateur sans rinçage.

Étapes à suivre

  1. Estimer la quantité de semences nécessaire pour couvrir son terreau en une couche simple.
  2. Faire tremper les semences dans l’eau en respectant le temps recommandé inscrit sur le sachet, car cela permet d’accélérer le processus de germination.
  3. Humidifier son terreau et étaler les semences.
  4. Recouvrir légèrement avec du terreau et humidifier de nouveau.
  5. Couvrir son contenant d’une pellicule plastique au besoin. S’assurer que le terreau est humide en tout temps durant le processus.
  6. Les pousses sont prêtes à être consommées dès la germination, mais il est plus facile d’attendre qu’elles soient assez grandes pour pouvoir couper les tiges au ras de la terre.
 

2. En germoir

La méthode en germoir permet de cultiver les germes seulement. Si le terme germoir ne vous est pas familier, vous avez probablement déjà entendu parler du pot renversé. On utilise souvent les pots Mason, mais on trouve toutes sortes de variantes sur le marché. C’est la façon la plus simple et la plus connue de produire ses germinations, d’autant plus qu’on trouve généralement ce qu’il faut dans la cuisine pour faire ses premiers essais. Il faut privilégier un endroit sombre pour éviter trop d’amertume. Conserver les germinations au réfrigérateur une fois qu’elles sont bien égouttées.

Matériel nécessaire

  • Un pot moyen de 500 ml ou de 1 litre
  • Un couvercle perforé ou un tissu permettant à l’eau de bien passer (coton à étamine, bas de nylon, moustiquaire en plastique, etc.)
  • Un bol ou une assiette pour recevoir le pot
  • Un élastique (au besoin)

Étapes à suivre

  1. Mesurer la quantité de semences nécessaire selon la variété et la taille de son pot. Si un doute survient, commencer par de petites quantités et adapter par la suite.
  2. Faire tremper les semences dans l’eau en respectant le temps recommandé inscrit sur le sachet.
  3. Une fois le temps de trempage écoulé, mettre les semences dans le pot et égoutter à l’aide du couvercle perforé ou du tissu choisi fixé avec un élastique.
  4. Sur le bol ou l’assiette, placer le pot (ouverture vers le bas) incliné, de façon que l’excédent d’eau s’écoule bien, mais que l’air puisse circuler.
  5. Ensuite, il suffit de rincer et d’égoutter ses semences deux fois par jour. Les germinations seront prêtes à consommer entre trois et sept jours selon la variété.
 

3. Germoirs de luxe

D’autres types de germoirs existent, dont ceux à étages et d’autres modèles en céramique, mais le modèle par excellence demeure le germoir plat grillagé. Non seulement il permet  de cultiver les germinations et les micropousses, mais il est aussi souvent conçu pour pouvoir accueillir les semences mucilagineuses, ces variétés plus capricieuses, mais ô combien délicieuses (basilic, chia, cresson, roquette, etc.). Le processus est exactement le même que pour celui en pot, mais il offre le contenant et l’espace nécessaires pour laisser les germes pousser en hauteur. Une petite étape supplémentaire est toutefois à prévoir : une fois les racines apparentes à travers le grillage, on ajoute un filet d’eau au fond du germoir de sorte que la plante continue à pousser dans l’eau. On peut retirer le couvercle à cette étape et récolter à sa guise !

Apprentis jardiniers

Une panoplie d’activités à réaliser avec les enfants est possible à partir des semences. Le plus impressionnant sera assurément de voir sortir le germe de la terre et de constater l’évolution de la plante de jour en jour. Plusieurs variétés sont faciles et rapides à faire pousser et réjouiront les enfants tout au long du processus. La plupart des semences commencent à germer dès la deuxième journée : idéal pour ne pas perdre l’attention des petits ! Différentes méthodes s’offrent à vous et sont tout aussi amusantes, mais mentionnons que la méthode du terreau offre la possibilité d’ajouter une portion bricolage à l’activité grâce à la décoration des pots utilisés.

 

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