8 choses à savoir avant de commencer ses semis

Virginie Landry
Collaboration spéciale, cariboumag.com
Les semis d’intérieur doivent d’abord être plantés dans des contenants en tourbe, en fibre ou en plastique.
Photo: Adrian Swancar/Unsplash Les semis d’intérieur doivent d’abord être plantés dans des contenants en tourbe, en fibre ou en plastique.

Ce texte fait partie du cahier spécial Plaisirs

Il n’y a pas de meilleur moment pour préparer son potager et rêver à l’été qu’en plein hiver. Pour pouvoir planter, transplanter et récolter à temps, il faut commencer à planifier ses semis bien avant le printemps. Les semenciers du Jardin des vie-la-joie, Ariane B. Louis-Seize et Roby Gobeil, nous offrent leurs meilleurs trucs et conseils pour faire les bons choix.

Le calendrier des semis de légumes

 

Dès le début de la nouvelle année, les semenciers mettent leur catalogue à jour pour que les jardiniers puissent préparer leurs potagers et leurs plates-bandes. Prenez tout le mois de février pour planifier ce que vous planterez, en fonction de l’espace que vous avez, de vos goûts et de l’utilisation que vous ferez de vos plantations. Vous commencerez à planter les semis d’intérieur parfois dès le début du mois de mars, et ce, jusqu’à la mi-avril.

Oignon, poireau : début mars

Poivron, chou frisé (kale), aubergine : mi-mars

Chou-fleur, brocoli : début avril

Tomate : fin mars – mi-avril

Laitue : mi-avril

Commencer en douceur

 

Faire ses semis demande beaucoup d’organisation, de temps, d’espace et de rigueur. C’est pourquoi, la première année, il est recommandé de débuter avec des semences qu’on plante directement dans le sol à l’extérieur, sautant l’étape des semis d’intérieur. « Lorsque le dernier gel est passé, on peut commencer à planter ses semis directement à l’extérieur », explique Roby Gobeil. Si on veut être certain de réussir son premier potager, on peut s’essayer à faire pousser des laitues, des haricots, des carottes ou des épinards.

L’équipement nécessaire

Les semis d’intérieur doivent tout d’abord être plantés dans des contenants en tourbe, en fibre ou en plastique. Pour le substrat, la substance nutritive dans laquelle on plante les semis, il faut privilégier un mélange à base de mousse de tourbe, puisqu’il est plus léger et poreux que la terre. Il n’est pas nécessaire d’ajouter de l’engrais : les semis n’en ont pas besoin dans les premières semaines de germination. Procurez-vous aussi un vaporisateur pour arroser les semis avec parcimonie. Un arrosoir classique risque de les saturer d’eau. On peut trouver ce matériel chez les semenciers et les grainetiers lors de l’achat des semis, sinon dans les quincailleries à grande surface.

Les erreurs à éviter

Ne pas bien lire les instructions sur les sachets de semence est la principale erreur notée par Ariane B. Louis-Seize. « Les gens ont hâte de commencer et ils plantent souvent plus tôt que ce qui est recommandé », note-t-elle. Dans un tel cas, la plante devra être transplantée trop rapidement, et cela pourrait briser son cycle naturel. Dans le doute, il faut poser des questions aux semenciers. Roby Gobeil, quant à lui, note que les gens mettent souvent trop de terre sur leurs semis. « Lorsqu’il est écrit sur le sachet de semer en surface, il ne faut pas recouvrir la graine, sinon elle n’aura pas assez de lumière. »

Les trucs de pro

 

Bien souvent, la lumière naturelle dans la maison n’est pas suffisante pour faire pousser ses semis à l’intérieur. C’est pourquoi Roby Gobeil conseille de se procurer des lampes DEL pour plantes ou des lampes de culture fluorescente à installer au-dessus de ses semis. En outre, avoir un ventilateur dans la pièce où on commence ses semis est une excellente façon de les préparer aux aléas de la météo. De cette façon, les plants seront habitués au vent lorsqu’ils seront transplantés à l’extérieur.

Privilégier les semences locales

 

S’approvisionner auprès de semenciers québécois peut aider grandement à réussir son potager. En effet, puisqu’elles sont produites au Québec, les semences sont mieux adaptées à notre climat. Elles sont plus robustes et d’une bien meilleure qualité. Même si elles ne sont pas toutes certifiées biologiques, les semences locales sont bien souvent produites sans pesticides, contrairement à celles qu’on trouve dans les grandes chaînes commerciales.

Qu’est-ce qu’une semence indigène ?

Une semence indigène signifie qu’elle est originaire d’Amérique du Nord. Elle est adaptée au climat et fait partie depuis toujours de l’écosystème ; elle participe à maintenir son équilibre en nourrissant les pollinisateurs, comme les abeilles et les papillons, qui eux, en retour, aideront à la productivité du potager. Roby Gobeil suggère aux jardiniers d’en planter quelques-unes, comme l’échinacée, la verveine bleue, l’achillée millefeuille, la monarde ou l’asclépiade, afin d’aider à soutenir la biodiversité.

Éviter les hybrides

 

Un hybride est une plante qui a été créée à partir de deux variétés différentes. On appelle « F1 » un hybride de première génération, et, habituellement, cette semence donnera de très beaux résultats la première année. Cependant, il est déconseillé d’en récupérer les graines afin de les replanter l’année suivante. « Les hybrides sont instables lorsqu’on les sème de nouveau », explique Roby Gobeil. Elles ne donneront jamais le même résultat que la première année, c’est pourquoi il faudra en racheter chaque année.

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