Quelques conseils pour planter l'ail dans son jardin

Vincent Marcoux
Maraîcher et formateur à l’Académie potagère, academiepotagere.com
Afin de faire une plantation d’ail, il est nécessaire de se procurer des bulbes de bonne qualité.
Photo: Getty Images Afin de faire une plantation d’ail, il est nécessaire de se procurer des bulbes de bonne qualité.

Ce texte fait partie du cahier spécial Plaisirs

Si la majorité des légumes du potager sont déjà sortis de terre ou en phase de croissance finale, bénéficiant de la fraîcheur automnale pour prendre du goût, il y a une culture qui, pour sa part, est enfin prête pour un nouveau départ : l’ail ! Survol des éléments techniques importants à considérer.

Le condiment emblématique des repas d’hiver est un légume facile à cultiver au potager et il y mérite une place de choix. Par contre, afin de pouvoir augmenter les chances de succès et ainsi garnir votre garde-manger de ce légume très goûteux et polyvalent, quelques éléments ne sont pas à négliger.

Bien choisir sa semence

D’abord, il est très important de bien savoir choisir sa semence, puisque c’est de là que tout commence.

La semence que nous utilisons pour cultiver l’ail est tout simplement un morceau du bulbe. Plus précisément, le plant d’ail forme un bulbe qui est lui-même composé de plusieurs caïeux (ou gousses). Ce sont ces caïeux qui serviront de semences lors de la plantation.

Afin de faire une plantation d’ail, il est donc nécessaire de se procurer des bulbes d’ail de bonne qualité. Prenez de l’ail bio du Québec, idéalement de l’ail sélectionné pour la semence (et exempt de maladie).

Lorsque vous aurez vos bulbes en main, il faudra les ouvrir ou les diviser afin de séparer chaque caïeu individuellement en gardant leur pelure intacte. Vous devrez alors les inspecter rapidement pour vous assurer qu’ils sont sains.

Suivre le bon calendrier

Tant que votre sol n’est pas gelé, vous pouvez planter votre ail, mais ce n’est pas une raison pour attendre trop longtemps avant de faire la plantation, sans quoi le système racinaire n’aura pas le temps de se développer. En contrepartie, une plantation trop hâtive risquerait d’exposer les plants au gel puisque la gousse aura le temps de faire des racines et d’émerger du sol. Pour ces raisons, nous considérons que le meilleur moment pour procéder à la plantation s’étend du début à la mi-octobre.

Préparer la plantation

Avant tout, il est important de savoir que l’ail est sensible au gel. Une exposition aux vents d’hiver et la présence d’eau au niveau des racines peuvent être des facteurs qui augmentent considérablement la mortalité des plants d’ail durant l’hiver. Il sera donc avantageux de cultiver ce légume dans un sol bien drainé et protégé des vents dominants.

Préparez votre sol comme pour n’importe quelle autre culture, mais ne fertilisez pas à ce moment. Après tout, c’est l’hiver qui s’en vient, et l’ail aura tout ce qu’il lui faut pour passer la longue saison avec les nutriments contenus dans son caïeu. Une bonne dose de compost est tout de même de mise, et vous pourrez fertiliser votre ail au printemps.

Lors de la plantation, il est important de bien placer le caïeu dans le sol. Si vous regardez bien, celui-ci a une forme de goutte d’eau. D’un côté, on observe une pointe et de l’autre un plateau. Il sera important de mettre la pointe vers le haut dans le sol puisque c’est de là qu’émergeront les feuilles au printemps. Le plateau devra être bien en contact avec la terre, planté à environ 5 cm dans le sol.

Enfin, pour lui offrir une isolation face aux grands froids, couvrez-le de paille ou d’une bonne couche de feuilles mortes après l’avoir planté.

Il ne reste plus qu’à patienter jusqu’au printemps : les jeunes plantules d’ail sortiront alors de terre pour embellir votre potager aux côtés des plantes vivaces, avant tous les autres légumes annuels.

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