Se préparer à l'arrivée de l'automne dans le potager

Dany Bouchard
Jardinier et formateur à l’Académie potagère, academiepotagere.com
Les plantes qu’on a entretenues avec soin amorcent leur déclin, particulièrement celles qui ont besoin de chaleur, comme les tomates.
Photo: Satheesh Sankaran/Unsplash Les plantes qu’on a entretenues avec soin amorcent leur déclin, particulièrement celles qui ont besoin de chaleur, comme les tomates.

Ce texte fait partie du cahier spécial Plaisirs

En forêt, un arbre qui meurt de manière naturelle tombe au sol et devient le terrain de jeu pour un grand nombre d’insectes et de champignons. Par leur travail, ces décomposeurs viendront digérer la lignine et la cellulose du bois pour la transformer en humus. Leur rôle est essentiel et contribue à nourrir les espèces avoisinantes. Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme. Mais comment cela se transpose-t-il au potager ?

Au jardin potager, on assiste à un scénario similaire. Les plantes qu’on a entretenues avec soin amorcent leur déclin, particulièrement celles qui ont besoin de chaleur : tomates, poivrons, aubergines, concombres, courgettes, courges d’hiver, etc. Certaines feuilles affichent à présent des nécroses, alors que pour d’autres cultures, la croissance n’est plus aussi vigoureuse qu’auparavant. Sur certaines plantes, des taches nouvelles apparaissent du jour au lendemain. C’est le début d’une nouvelle période, la transition vers l’automne.

Garder le cap

Ce changement de vigueur doit inévitablement venir avec une adaptation de notre posture de jardinier. Comme plusieurs récoltes sont encore à venir, notre rôle est maintenant de ralentir le dépérissement des plantes sensibles afin de leur permettre d’amener à maturité le plus de fruits possible.

Il faudra donc semer des embûches dans le parcours des maladies fongiques. Je ne pense pas du tout à des fongicides, loin de là. Au lieu de se tourner vers des produits pour éliminer l’intrus, il vaut mieux apprendre à le connaître. Comme les champignons ont besoin d’humidité pour se développer, il est à présent crucial de modifier nos méthodes d’arrosage. On voudra arroser seulement en avant-midi, par journée ensoleillée, et idéalement au pied des plants. Les feuilles auront donc le temps de sécher avant la soirée, où les températures fraîches additionnées à l’humidité sont parfaites pour les champignons.

De belles récoltes à venir

Malgré le déclin de certaines sections du jardin, de nombreuses récoltes sont encore à venir. Si vous avez semé des légumes racines ou des feuillages en mi-saison, ceux-ci devraient être au sommet de leur forme. Prenez le temps de les inspecter en récoltant une carotte qui vous semble prête. Elle vous donnera un indice de ce qui se cache sous le sol et de l’espace à prévoir au réfrigérateur pour les conserver.

Les pommes de terre que vous n’avez pas encore récoltées méritent votre attention. À partir de ce stade, elles ne prennent plus en taille. Par contre, leur peau commence à s’épaissir, ce qui est bien pratique si vous comptez les conserver pendant plusieurs mois. Si c’est votre cas, patientez encore quelques semaines. Autrement, pour une consommation plus rapide, vous pouvez dès maintenant les récolter.

Bref, ne vous culpabilisez pas si vous voyez certains plants commencer à dépérir. C’est tout à fait normal et c’est aussi hors de votre contrôle. L’horloge biologique de ces végétaux joue contre nous. Tôt ou tard, les maladies ou les gels viendront sonner la fin de la saison. Je ne souhaite pas jouer à l’ange de malheur, mais simplement vous le rappeler pour que vous puissiez profiter pleinement de votre jardin dans les prochaines semaines. C’est curieux comme la nostalgie s’empare de nous à l’aube d’une transition.

Pour aller plus loin

Parmi l’ensemble des ouvrages francophones auxquels nous nous référons souvent, le livre La culture biologique des légumes, écrit par Denis La France, n’arrive jamais à prendre la poussière. L’auteur est un pionnier de l’agriculture biologique au Québec. Bien que destiné aux agriculteurs, son livre permettra aux jardiniers expérimentés d’aller encore plus loin. Et du haut de ses quelque 500 pages, il est un puits de savoirs inestimable.

 

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