Une entrée au jardin tout en douceur

Dany Bouchard
Jardinier et formateur à l’Académie potagère, academiepotagere.com
Les cultures qui tolèrent bien le froid (comme le persil) peuvent être placées à l’extérieur tant que les températures dépassent 0 °C.
Photo: Getty Images Les cultures qui tolèrent bien le froid (comme le persil) peuvent être placées à l’extérieur tant que les températures dépassent 0 °C.

Ce texte fait partie du cahier spécial Plaisirs

Les jours de chaleur qui s’installent nous permettent enfin de profiter du grand air avec une couche de moins sur le dos. En avez-vous profité pour préparer votre potager et semer les légumes hâtifs ? Malgré les températures clémentes qui s’installent, il reste tout de même quelques précautions à prendre. Avant de planter, il faut procéder à la dernière étape : l’acclimatation.

Préparer vos plants aux conditions extérieures

L’acclimatation est une période de transition entre le lieu de croissance de vos plants et votre potager. Dans les dernières semaines, les derniers mois, vous avez pris soin de vos semis comme on prend soin de poupons délicatement : une température stable, un arrosage précis avec de l’eau tempérée, une ventilation adéquate et même un éclairage constant. À l’extérieur, les conditions sont plus variables, surtout au printemps. Nous déléguons le contrôle des paramètres de croissance à mère Nature. Chaque année, je l’appelle pour connaître son plan de match, mais jamais elle ne me le communique. Je vous promets d’en faire le sujet d’une future chronique si je reçois de ses nouvelles !

L’objectif de cette étape est d’endurcir nos plants, de les préparer graduellement à la réalité du terrain. Si vous ne la mettez pas en application, vos plants risquent de subir le choc de la transplantation. Ce choc est un stress qui peut stopper la croissance des plantes pendant plusieurs jours, voire une à deux semaines selon les espèces. Un changement rapide de température ou une température en dessous de celle que peut tolérer cette plante sera à l’origine de ce choc. Donc, pour avoir une reprise saine et rapide après la transplantation, il vaut mieux être patients et acclimater nos plants.

Quand et comment procéder ?

Toutes les plantes potagères vont bénéficier d’une période d’acclimatation. La durée est en fonction de la date d’entrée au potager. Plus la différence de température entre les conditions extérieures et intérieures est grande, plus on fera une période d’acclimatation longue. Pour les premières implantations, on acclimate pendant deux semaines. Pour les implantations plus tardives, comme les tomates, poivrons, aubergines, concombres et courgettes, une semaine est suffisante.

La méthode consiste à sortir nos plants à l’extérieur le jour et à les rentrer à l’intérieur la nuit. Évitez de le faire lors d’averses ou de grands vents, il faut y aller pas à pas ! Les cultures qui tolèrent bien le froid (chou, oignon, poireau, fenouil, laitue, persil, céleri) peuvent être placées à l’extérieur tant que les températures dépassent 0 degré Celsius. Tout de même, soyez prudents et allez-y graduellement. Pour les cultures sensibles aux températures fraîches, sortez vos plants à l’extérieur seulement lorsque les journées sont au-dessus de 10-12 degrés Celsius.

Que vous ayez produit vos plants vous-même ou que vous les ayez achetés lors d’une vente de plants près de chez vous, le calendrier et les besoins en acclimatation sont les mêmes. Négliger cette étape est un risque qui a le potentiel de vous faire perdre un temps précieux dans notre saison plutôt courte. À cette période de l’année, vos plants sont des adolescents qu’on s’apprête à laisser voler de leurs propres ailes. Soyez indulgents et accompagnez-les dans leur transition printanière !

Lecture pour jardinier

Le nouveau numéro du magazine québécois Growers & Co vient tout juste d’être publié. Intitulé « Une promesse de renouveau », il lève le voile sur le travail d’acteurs de changement de différents horizons, dont le nutritionniste urbain Bernard Lavallée, la sorcière-maraîchère Deirdre Fraser de la ferme du restaurant Pearl Morissette, l’agriculteur designer de la biodiversité Sébastien Angers et les apiculteurs Anicet Desrochers et Anne-Virginie Schmidt des Miels d’Anicet.

 

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