Jardiner pour des prunes?

50 % des efforts du jardinier qui possède un prunier: sauver la récolte!
Photo: 50 % des efforts du jardinier qui possède un prunier: sauver la récolte!

Le premier prunier cultivé, qui a donné naissance à tous nos pruniers actuels, est le résultat du croisement fortuit de l'épine noire ou prunellier, le Prunus spinosa, et du mirobolan, le Prunus cerasifera. Nos pruniers ont donc, après avoir connu au fil des siècles de nombreuses améliorations successives, ces deux souches pour ancêtres.

Le prunellier est un arbrisseau très répandu en Europe, tandis que le mirobolan est une espèce plus orientale que l'on retrouve en Asie centrale.

Les premières prunes dignes de ce nom firent discrètement leur apparition à Rome, au premier siècle avant notre ère. Il s'agissait des prunes violettes dites prunes de Damas. C'est à l'issue de la deuxième croisade que les croisés l'ont découverte en Syrie et rapportée en Europe occidentale.

Il faudra attendre François Ier pour que la prune prenne tout son essor, grâce à son épouse, la reine Claude, à laquelle on attribue la création du fruit qui porte son nom.

La mirabelle, elle, apparaît au XVIe siècle, en provenance d'Italie (mirabelle = belle à voir).

Selon Louis Martin, de La Maison de la prune, à Kamouraska, c'est aux pères récollets et à Champlain, dans les années 1620, que l'on doit l'introduction des premiers arbres fruitiers en Nouvelle-France. Des plants de pommier, de prunier et de cerisier quittent les terroirs normands pour améliorer l'ordinaire des contingents de braves arrivés au pays des «quelques arpents de neige».

D'après Louis Martin, il y avait plus de 218 000 pruniers en 1901, pour en arriver à un peu plus de 2000 en 1983. «La p'tite prune d'habitant» a bien failli disparaître...

Un endroit à visiter, pour acheter des produits de la prune, mais aussi des pruniers de Damas: La Maison de la prune, à Saint-André-de-Kamouraska.

Voici, à titre indicatif, quelques cultivars de pruniers, mais attention, ils sont presque tous «autostériles». Ils ne se fécondent pour donner des fruits qui si vous avez deux ou trois pruniers différents mais souvent d'un même type.

Les cultivars des types américains, japonais et hybrides sont tous «autostériles».

Si vous avez de l'espace pour un seul prunier et que vos voisins immédiats n'en ont pas, optez pour un «Mont-Royal», un «Mirabelle» ou, à la limite, un «Stanley». Prenez toute l'information nécessaire lors de l'achat à votre pépinière.

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jean-claude.vigor@agr.gouv.qc.ca