Après le prêt-à-cuisiner, le prêt-à-jardiner

Hélène Roulot-Ganzmann Collaboration spéciale
L’entreprise Boîtes Mai fournit un gros pot de culture en géotextile, la terre, un fertilisant, les semences, et toutes les explications nécessaires pour démarrer son propre potager. 
Photo: Courtoisie L’entreprise Boîtes Mai fournit un gros pot de culture en géotextile, la terre, un fertilisant, les semences, et toutes les explications nécessaires pour démarrer son propre potager. 

Ce texte fait partie du cahier spécial Plaisirs

Comme bientôt un millier de jardiniers en herbe, j’ai reçu ma Boîte Mai et semé mes graines de carottes, de tomates et de haricots. Il ne me reste donc plus qu’à arroser, à entretenir et, ultimement, à récolter…

Je dois bien l’avouer, je n’ai pas vraiment le pouce vert. J’adorerais l’avoir, je pourrais ainsi m’inscrire à mon échelle dans ce mouvement en faveur de la souveraineté alimentaire qui me tente tant, mais force est de constater que je noie régulièrement mes plantes d’intérieur et que mes rares tentatives de potager ne m’ont jusque-là pas permis de mettre grand-chose dans mon assiette. Alors, lorsqu’au gré de mes pérégrinations sur les réseaux sociaux, je suis tombée sur cette initiative de deux cégépiens livrant des « boîtes potager », et surtout un petit livret accompagnant pas à pas le jardinier urbain du semis à la récolte, je me suis dit que cela avait été pensé pour moi.

« Comme tous les étudiants, nous étions en confinement, explique William Des Marais, cofondateur avec Louise Foglia de l’entreprise Boîtes Mai. Nous avions du temps et l’envie de l’investir intelligemment. Nous nous intéressions à la souveraineté alimentaire et à l’agriculture urbaine, et nous sentions que nous n’étions pas les seuls. Beaucoup de gens parlaient de faire leur propre potager. Mais entre en parler et le faire, il y a un fossé parce que ce n’est pas facile de commencer un premier potager. Nous avons voulu simplifier le processus. »

Cécile, Simone et Berthe

L’idée germe début avril et, un mois plus tard, les premières boîtes sont livrées. La jeune équipe fournit un gros pot de culture en géotextile, la terre (dans la région métropolitaine seulement), un fertilisant, les semences, et toutes les explications nécessaires. Trois modèles de boîtes sont offerts. La Cécile, composée uniquement de fines herbes, la Simone (haricots, tomates, carottes) et la Berthe, qui combine légumes et basilic. Il ne reste plus qu’à trouver un endroit sur le balcon ou dans la cour arrière bénéficiant de six heures d’ensoleillement quotidien. Et de suivre toutes les indications à la lettre.

« Nous avons choisi des espèces ayant une croissance rapide et qui produisent bien, note le jeune chef d’entreprise. Au bout de quinze jours, les premières pousses sortent de terre et, un mois à un mois et demi plus tard, il est possible de faire sa première récolte. »

Les clients de la première heure commencent donc à voir leurs semences sortir de terre et n’hésitent pas à partager leur satisfaction sur les réseaux sociaux. En plus de permettre la multiplication des petits potagers urbains, les deux amis ont ainsi créé une véritable communauté de jardiniers. La clientèle est d’ailleurs très large. Des personnes âgées, de jeunes couples, mais aussi des familles, qui y voient un bon moyen d’occuper leurs enfants tout en les sensibilisant dès le plus jeune âge à la question de la souveraineté alimentaire. Et si la plupart des potagers ont pris racine à Montréal, Boîtes Mai s’est implanté jusqu’en Gaspésie et même à Chibougamau, dans le Nord-du-Québec !

Quant à mon potager, il a tout juste une semaine, mais il fait déjà le bonheur de mes garçons, qui, après avoir mis la main à la terre, vérifient chaque jour si elle n’est pas trop sèche et attendent avec impatience que les premières pousses pointent le bout de leur tige…