L’Année internationale de la santé des végétaux

Le composte nourrit les micro-organismes dans le sol, contribuant à la bonne santé des plantes.
Getty Images Le composte nourrit les micro-organismes dans le sol, contribuant à la bonne santé des plantes.

L’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (ONUAA ou FAO pour Food and Agriculture Organization) a déclaré 2020 l’Année internationale de la santé des végétaux. Un choix judicieux, car il est rare qu’on s’arrête sur ce sujet pourtant primordial pour la planète et l’être humain. L’objectif est de sensibiliser le public à l’importance de la santé des végétaux pour éliminer la faim, réduire la pauvreté, favoriser l’économie et protéger l’environnement.

Saviez-vous que les végétaux représentent 80 % de ce que l’on mange et produisent 98 % de l’oxygène que l’on respire ? Ils sont essentiels à notre vie, et notre santé est liée à la leur. Les changements climatiques actuels, ainsi que l’activité humaine effrénée, affectent leur biodiversité et créent des conditions favorables pour leurs ravageurs et leurs maladies. D’ailleurs, selon la FAO, 40 % des cultures vivrières sont détruites par ces derniers.

Afin de comprendre les moyens disponibles en agriculture pour veiller à leur santé, Le Devoir s’est entretenu avec deux professeurs du Département de phytologie de l’Université Laval, Richard Bélanger, titulaire de la Chaire de recherche du Canada en phytoprotection et spécialiste des biopesticides, et Chantal Beauchamp, spécialiste de la vie microbienne des sols.

Lorsque on demande à M. Bélanger si les biopesticides peuvent aider à la santé des plantes et l’environnement, il répond immédiatement : « On ne peut pas être contre la vertu; les biopesticides sont des outils naturels pour réprimer les maladies et les ravageurs. Ils permettent de rétablir un équilibre entre chaque organisme et leur ennemi, et ils ont moins d’effet secondaire. L’ironie, c’est qu’en agriculture nous ne sommes pas en milieu naturel, mais en monocultures. L’expectative de l’élimination complète est difficile à atteindre, surtout quand on compare avec les pesticides. Néanmoins, dans certains cas, le succès est là, comme pour le contrôle de la punaise du soya. Par ailleurs, les producteurs sont prêts à utiliser les biopesticides, mais ils doivent faire la part des choses entre les pertes acceptables et la rentabilité, car leur survie en dépend. »

À propos de l’effet des changements climatiques sur la santé des végétaux, M. Bélanger explique que « la voie de l’avenir se trouve dans les outils génétiques actuels combinés aux biopesticides. Par exemple, les outils génétiques permettent d’améliorer rapidement la génétique d’une espèce pour la rendre plus tolérante à la sécheresse ». Il tient à préciser qu’il ne s’agit pas là d’organisme modifié génétiquement.

Quant à la manière dont les microbes du sol peuvent aider la santé des plantes, Mme Beauchamp avance ceci : « Dans les sols vivent de nombreux micro-organismes qui sont des agents de lutte biologique. Par exemple, certains microbes en contact avec la plante vont lui induire une résistance à certains pathogènes, tandis que d’autres vont même jusqu’à inhiber leur croissance. Il y a beaucoup de savoir-faire à ce propos en agriculture biologique. Afin de maintenir leur présence, on nourrit les micro-organismes avec l’enfouissement d’engrais vert et l’ajout des composts. On doit toutefois faire attention à ce que l’on incorpore, car certains fumiers peuvent contenir des antibiotiques ou des agents pathogènes. »

Que pouvons-nous faire comme citoyen ? D’abord, ne franchissez pas les frontières avec des plantes ou des produits végétaux afin d’éviter la dissémination de maladies et d’insectes. Ensuite, veillez sur vos végétaux et favorisez la vie du sol. Enfin, choisissez la biodiversité pour vos aménagements paysagers.

Les semis du jardinier paresseux 

Larry Hodgson, Éditions Broquet, Saint-Constant, 2020, 224 pages


Paru en 2009 et réédité cette année avec une couverture rigide, ce livre est un outil de référence pour quiconque souhaite faire ses semis d’annuelles, de vivaces, de légumes, de bisannuelles ou de fines herbes. Dans la première partie, l’auteur, bien connu pour ses nombreux livres sur le jardinage, explique tout sur leur culture ; dans la seconde partie, il indique à l’aide de courtes fiches techniques les spécificités du semis pour 350 plantes.

Projections hivernales aux Serres de Verdun

Du cinéma sous serres, quelle merveilleuse idée ! Secondées par Ciné-Verdun et Grand Potager, les Serres municipales de Verdun présentent, pour la première fois, des projections hivernales. Concoctée par Ciné-Verdun avec la collaboration des festivals montréalais Ciné-Vert et Festival de films Alimenterre, la programmation comprend quatre longs métrages, soit trois documentaires et une fiction abordant les thèmes de la biodiversité, de l’écologie, de l’agriculture paysanne et de l’alimentation de demain. N’oubliez pas votre couverture, car les serres sont chauffées à 10 °C en hiver ! Vin et repas chaud servis dès 17 h. Début des projections à 18 h. Contribution volontaire. 7000, boul. LaSalle, Verdun. Les 15 et 29 février.