Simple et facile, la production de pousses

Micropousses de betteraves dont le goût est un concentré de celui de la plante
Photo: Lise Gobeille Micropousses de betteraves dont le goût est un concentré de celui de la plante

L’arrivée du froid marque la fin du potager avec ses délicieuses et croquantes verdures, quelle tristesse ! Or, rien n’empêche la production de pousses à l’intérieur. C’est simple et cela ne demande pas beaucoup de matériel. Afin de vous donner des trucs, Le Devoir s’est rendu chez Suzanne Dubé de chez De germe en pousse, à Mirabel, où l’on offre des ateliers d'initiation à la production de pousses.

Malgré la grisaille automnale, Mme Dubé nous accueille avec un large sourire dans son atelier de production. Quel plaisir de voir toutes ces micro et grandes pousses quand les feuilles commencent à tomber à l’extérieur. La visite commence par une dégustation de grandes pousses, nommées ainsi parce qu’elles mesurent un peu plus de 10 cm. Parmi celles-ci se trouvent le croquant tournesol, le joli pois mange-tout, le sarrasin et le blé. Ce dernier est consommé seulement en jus en raison de ses fibres indigestes.

Suit la dégustation des mignonnes micropousses, lesquelles ne font pas plus de 5 cm de longueur. Parmi celles-ci se trouvent le brocoli, le rapini, le daikon, la roquette, le cresson, la coriandre, le chou, la moutarde et les betteraves. Leur goût étonnant est un concentré de celui de la plante mature. Coup de cœur pour celui de la coriandre, qui explose en bouche. Les pousses contiennent des minéraux, des vitamines, de la chlorophylle et de nombreuses autres substances excellentes pour la santé.

Puis, nous voilà parties pour un tour d’atelier afin de découvrir les paramètres de production. La température est maintenue entre 18 et 20 °C, semblable à celle de nos maisons. De petits ventilateurs brassent l’air afin d’éviter une accumulation d’humidité sur les végétaux — un bon truc à retenir pour chez vous.

« On peut cultiver à côté d’une fenêtre, mais l’ajout d’éclairage est nettement préférable », soutient Dannie Coulombe, bras droit de Mme Dubé. Un néon DEL T5 ou un néon T5 6400 Sun Blaster donne de bons résultats et est facile à trouver. Pour les grandes pousses, on le place à 30 cm de distance, pour les micropousses à 15 cm, et on le laisse allumé durant 9 heures. Pour faire les semis, vous aurez besoin du matériel suivant : des plateaux perforés de format moyen ou grand pour les grandes pousses et des caissettes pour les micropousses ; des plateaux rigides sans trous pour mettre les plateaux perforés ; un terreau léger pour semis ou légumes ; un arrosoir ou un vaporisateur.

La plupart des semences doivent être trempées avant le semis afin d’accélérer le processus de germination. Chaque semence a son temps de trempage. Peu de terreau est nécessaire dans les plateaux, soit à peine 2,5 cm. Une fois le trempage terminé, on fait un semis dense, sans superposer les graines, puis on arrose. Si on a réalisé plus d’un semis, on les empile et on met un plateau vide sur le dernier dans lequel on met un poids. On place le tout à l’abri de la lumière. Pourquoi le poids ? Pour favoriser l’enracinement.

Au bout de quelques jours, en maintenant le semis humide, de jeunes pousses jaunes sortiront. Il sera alors temps de mettre le tout à la lumière. Sauf pour les semis de tournesols et de pois qui demeureront plus tendres s’ils n’y sont exposés que peu de temps. Donc, afin de les laisser s’allonger, on déposera un plateau à l’envers sur les plantules. Du semis à la coupe des pousses, selon la température, on ne compte que 7 à 14 jours ; retenez que plus c’est chaud, plus c’est rapide… pour avoir de la fraîcheur, bio en plus, dans son assiette !

Au jardin

Au potager, enlevez tous les plants de légumes annuels et répandez du compost. Si le sol est sableux, il est préférable d’attendre au printemps. Couvrez la terre de paille ou de feuilles afin qu’elle ne reste pas à nu. Taillez les framboisiers et paillez les fraises. Au jardin, ne faites pas trop de nettoyage et laissez ce que vous taillez sur place en le coupant en petits morceaux. Taillez les arbustes qui ne fleurissent pas au printemps et utilisez les feuilles tombées comme paillis autour des plantes, sans en mettre trop épais.

Dans la bibliothèque

Plantes sauvages comestibles

S .G. Fleischhauer, J. Guthmann et R. Spiegelberger, Éditions Ulmer, Paris, 247 pages

Excellent guide pour différencier les plantes comestibles des plantes toxiques, ainsi que pour savoir quelles parties des plantes utiliser, à quelle saison et comment les préparer. Même si ce guide est européen, la majorité des plantes qui y sont présentées poussent également au Québec.