Le point sur la forêt urbaine de Montréal

Si la forêt urbaine fait partie des solutions efficaces  pour ralentir les conséquences entraînées par les vagues de chaleur extrême, on est forcé de demander dans quel  état se trouve-t-elle.
Photo: Marie-France Coallier Le Devoir Si la forêt urbaine fait partie des solutions efficaces pour ralentir les conséquences entraînées par les vagues de chaleur extrême, on est forcé de demander dans quel état se trouve-t-elle.

De plus en plus régulièrement, des vagues de chaleur extrême frappent Montréal en entraînant leur lot de conséquences sur notre santé. Si la forêt urbaine fait partie des solutions efficaces pour ralentir ce phénomène, on est forcé de demander dans quel état cette forêt se trouve. De même que de s’enquérir de ce qu’il advient du Plan d’action canopée, lequel vise l’augmentation de 20 % à 25 % de la canopée pour 2025. Le Devoir en a discuté avec Daniel Bédard, chef de la division Forêt urbaine à la Ville de Montréal, et Malin Anagrius, directrice générale chez Soverdi, OBNL mettant en place des stratégies de verdissement à Montréal.

Quel est le bilan de la forêt montréalaise, malgré les nombreux abattages dus à l’agrile du frêne ?

Daniel Bédard : Le bilan demeure positif, car même si entre 2012 et 2018, 57 823 arbres ont été abattus, 135 184 ont été plantés.

Avez-vous les effectifs et le financement nécessaires pour atteindre les objectifs du Plan d’action canopée ?

D.B. : Le Plan d’action canopée est un document de travail. Toutefois, c’est un outil théorique fait à partir de photos prises en 2011. Actuellement, nous travaillons à la mise sur pied de plans maîtres par arrondissement afin d’établir le potentiel réel de plantation. Chaque plan doit être adopté par l’arrondissement. Montréal-Nord, le Sud-Ouest et Anjou sont rendus à cette étape, tandis que Verdun, le Plateau-Mont-Royal, Saint-Léonard et LaSalle commencent la récolte des données. Pour les effectifs et le financement, depuis 2012, l’équipe à la division n’a cessé de croître, passant de 2 à 20 personnes maintenant. Nous avons également beaucoup de ressources financières, d’un budget de 1,1 million de dollars en 2012, nous sommes passés à 16,4 millions de dollars en 2019.

Le taux de mortalité est élevé après les plantations et engendre des coûts substantiels, avez-vous pris des moyens pour améliorer cette situation ?

D.B. : Un peu avant les Fêtes l’année dernière, nous avons sorti un nouveau standard de base pour les fosses de 5 m 2 et on vise le 10 m 2 . (En 1980, les fosses étaient de 1,5 m 2 .) On souhaite que le nouveau standard soit adopté par les arrondissements.

Quel est le rôle de la Soverdi pour le Plan d’action canopée ?

Malin Anagrius : La Soverdi, avec ses partenaires de l’Alliance forêt urbaine, coordonne la plantation des arbres sur 66 % du territoire de Montréal, soit le domaine privé et institutionnel. Comme la Ville de Montréal soutient jusqu’à 60 % du coût des plantations sur ce territoire et que nous avons aussi d’autres sources de financement, nous avons donc la responsabilité des plantations, mais aussi de l’argent pour le financement des projets.

Quelles sont les actions prises pour atteindre votre objectif de plantation de 180 000 arbres d’ici 2025 ?

M.A. : En 2018, le Comité des leaders de la forêt urbaine a entre autres été créé, lequel est composé du CN, d’Hydro-Québec, du Port de Montréal et de la Banque TD. Son objectif est de planter 50 000 arbres en cinq ans. Lafarge Canada, dont l’objectif de plantation est de 2000 arbres en quatre ans, s’est jointe au comité cette année. En 2013, afin de rejoindre les citoyens, nous avons mis sur pied, avec le Regroupement des écoquartiers, la campagne Un arbre pour mon quartier. Elle n’a jamais été aussi populaire. Ce printemps, nous avons célébré notre 10 000e arbre planté. Nous avons aussi de nombreux projets avec nos partenaires de l’Alliance forêt urbaine. Finalement, depuis 2014, nous plantons plus d’arbres de calibre moyen pour arriver à une canopée plus importante, plus vite. L’utilisation de ce calibre permet de réduire les pertes à seulement 5 %. Ils sont nos nouvelles stars.

Au jardin

Précision sur la lutte contre les scarabées japonais : si en faisant la récolte à la main de ces insectes, vous en apercevez qui ont des petits oeufs blancs sur leur thorax, ne les ramassez surtout pas. Pourquoi ? Parce que c’est le signe qu’ils ont été parasités par une petite mouche prédatrice, nommée Istocheta aldrichii. En pondant ses oeufs sur l’insecte, ses larves parasitent le scarabée et le dévorent vivant. Afin de favoriser sa présence et la garder dans les environs, il est recommandé de semer des ombellifères et des apiacées, comme de l’aneth, des carottes, du fenouil, de la coriandre, etc., dont elle aime le nectar. Le mois d’août, c’est le début de l’aoûtement pour les ligneux ; on fait donc attention de ne pas trop leur donner d’azote en se fiant au premier des trois chiffres inscrits sur les sacs d’engrais.

 

Fleurs comestibles. Du jardin à la table

Mélinda Wilson, Fides, Montréal, 2019, 302 pages