Cultiver des figues au Québec, c’est possible!

Le passionné des figues Dany Bonneau tient une trentaine de cultivars, qu’il a sélectionnés pour leur qualité gustative et leur productivité. Leur diversité étonne: on retrouve des figues noires, des brunes, des vertes, des petites, des grosses, à chair ambre, rose ou blanche, au goût sucré ou très sucré, en forme de poire ou standard.
Photo: Steven Briggs Le passionné des figues Dany Bonneau tient une trentaine de cultivars, qu’il a sélectionnés pour leur qualité gustative et leur productivité. Leur diversité étonne: on retrouve des figues noires, des brunes, des vertes, des petites, des grosses, à chair ambre, rose ou blanche, au goût sucré ou très sucré, en forme de poire ou standard.

Mordre dans une figue mûre à point n’a pas son égal, et pour connaître ce plaisir, il n’y a pas d’autre moyen que de cultiver ses figues. Pourquoi ? Parce que celles vendues au détail sont récoltées avant maturité et que ce fruit délicat, lorsque mûr, voyage mal. Pour vous aider à vous y retrouver, voici les conseils de deux experts, des trucs de culture et la vérité quant à la rusticité du cultivar Chicago Hardy.

Steven Biggs, auteur et horticulteur connu de la région de Toronto, adore les figues, à un point tel qu’il en a écrit un livre : Grow Figs Where You Think You Can’t (No Guff Press, 2012). Lors d’un sympathique appel, il m’a expliqué que la culture en pot est la manière la plus simple. Idéalement, on met le pot en terre dans un endroit ensoleillé et chaud, par exemple contre un mur de brique emmagasinant la chaleur.

Pour les cultivars, l’horticulteur recommande ceux qui mûrissent avant le gel et qui donnent deux récoltes. Ainsi, on en profite doublement. Pour l’entreposage des plants en dormance après la chute des feuilles, son choix va à un endroit frais, entre 7 °C et -3 °C, et sombre. Et voilà, pas plus compliqué que cela !

Photo: Steven Briggs Il existe plusieurs variétés de figues, comme l’attestent ces feuilles de figuier.

Passionné des figues, Dany Bonneau est propriétaire de l’entreprise Brugmansia-Québec. Sa figue coup de coeur ? « La Cvetco, pour ses gros fruits sucrés de la taille d’un oeuf, mais malheureusement, elle n’est pas disponible actuellement. »

À un moment donné, Dany Bonneau avait dans sa collection plus d’une centaine de cultivars. Maintenant, il en tient une trentaine, qu’il a sélectionnés pour leur qualité gustative et leur productivité. Leur diversité étonne : on retrouve des figues noires, des brunes, des vertes, des petites, des grosses, à chair ambre, rose ou blanche, au goût sucré ou très sucré, en forme de poire ou standard…

Selon lui, les cultivars les plus productifs sont le Colasanti Dark, l’EPSH, le Jean-Talon et le Colasanti White. Si on n’a pas d’endroit pour les entreposer au frais, il conseille de cultiver les figuiers dehors en pot jusqu’à ce que les températures atteignent entre -5 °C à -10 °C. Ensuite, on les entrepose dans la maison et on les arrose au minimum, c’est-à-dire environ une tasse d’eau par mois. En janvier ou février, on remet les figuiers en végétation. « Sans période de froid, le plant produira moins ou peu », prévient-il.

Rustique ou non ?

Depuis quelques années, on vend sur le marché au Québec le figuier Chicago Hardy, lequel, selon son étiquette, serait rustique en zone 6, c’est-à-dire la région de Montréal.

Après enquête auprès de gens l’ayant testé, on a appris que s’il n’est pas couché l’hiver et protégé avec une matière isolante, comme le font les Italiens de Montréal depuis des décennies avec leurs figuiers, la plante finit par périr. Verdict : on n’a pas encore trouvé de figuier rustique pour notre climat.

Au jardin

Faites le tour de votre jardin, de vos boîtes à fleurs et de votre potager régulièrement tout au long de la saison pour les admirer, évidemment, mais aussi pour les inspecter afin d’y constater la présence de ravageurs et d’y remédier rapidement si nécessaire. Inspectez-les également pour tuteurer et attacher les plants avant qu’ils ne soient tout tortueux, pour faire un suivi serré des besoins en eau et en engrais, pour récolter les légumes et les herbes quand ils sont prêts, etc. D’ailleurs, notez que c’est le moment pour la première récolte du thym, de la menthe, de l’origan, de l’estragon et de la verveine pour le séchage.

40 ans de vie des Jardins du Grand-Portage

Les remarquables Jardins du Grand-Portage à Saint-Didace célèbrent leur 40e anniversaire. Parfois d’influence anglaise, parfois orientale, ces jardins uniques sont un mariage de fruits, de fleurs, ainsi que de plantes aromatiques et médicinales. Afin de souligner cet anniversaire, on vous invite aux dimanches ludiques avec brioches, musique, poésie, pommade et visite commentée. Jusqu’au 15 septembre, on peut visiter les jardins tous les jours et participer aux ateliers offerts certains samedis. Pour plus d’information sur les heures, les dates et les prix, consulter jardinsdugrandportage.com.
 

Beautés de la nature

Ce livre conjugue science et art, autant pour le plaisir des yeux que pour l’intellect, dans sa description d’une nature si proche et si lointaine. Extraites de dix ouvrages de la collection « Inventaires illustrés », les images à l’encre noire et aquarelle de ce recueil illustrent la diversité du vivant et sa somptuosité : mammifères, insectes, oiseaux, arachnides… fruits et légumes, lichens, arbres, fleurs et mousses. Superbe !
 

Virginie Aladjidi et Emmanuelle Tchoukriel,

Albin Michel jeunesse, Paris, 2018, 512 pages