L’«embellisseur» du quartier

«J’ai toujours aimé jardiner et je me suis toujours intéressé à la nature; c’est un héritage familial», dit Claude Perreault.
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir «J’ai toujours aimé jardiner et je me suis toujours intéressé à la nature; c’est un héritage familial», dit Claude Perreault.

Depuis de nombreuses années, je suis charmée par les nombreux jardins sur rue qui transforment la vie dans le secteur du Cinéma Beaubien. C’est en discutant avec Marjorie, propriétaire de l’Atelier de coupe sur la rue Beaubien, que j’ai enfin su qu’il y avait quelqu’un derrière ce mouvement. Voyant que j’étais intriguée, elle a proposé de nous mettre en contact. Me voilà donc assise, quelques semaines plus tard, dans un café avec le sympathique et engagé Claude Perreault.

Qu’est-ce qui vous a mené au jardinage sur rue ?

J’ai toujours aimé jardiner et je me suis toujours intéressé à la nature ; c’est un héritage familial. Quand je suis arrivé sur la rue des Écores, dans Rosemont, en 1996, après des années sur le Plateau, je me suis dit : « Enfin, je vais pouvoir jardiner ». J’ai démoli le hangar dans la cour, j’ai planté des framboisiers, mais après quelques années, il y en avait bien trop. Alors, j’ai enlevé l’asphalte entre la rue et le trottoir pour en transférer. Pendant des années, une petite vieille venait récolter religieusement quelques framboises en passant. C’était un réel plaisir de la voir. Puis, pour agrandir mon territoire, j’ai demandé aux voisins si je pouvais planter autour de leur arbre, ou, par effet d’entraînement, ils se sont mis à le faire.

Photo: Valérian Mazataud Le Devoir

Maintenant, vous veillez sur 44 jardins dans le secteur. Comment en êtes-vous arrivé là ?

Je suis essentiellement un gars de ville, hyper sociable, qui aime la nature et qui aime avoir une présence active dans son quartier. À la retraite depuis cinq ans, j’ai plus de temps pour m’investir. Alors, j’ai continué à solliciter les propriétaires et les commerçants. Puis, c’est valorisant quand les gens aiment ce que tu fais et de sentir que tu existes dans une communauté tissée serrée. [Preuve à l’appui, en visitant les jardins avec M. Perreault, les bonjours fusaient de toute part.]

Quel type de collaboration avez-vous avec les citoyens, les commerçants et la Ville de Montréal ?

Je demande simplement aux gens de fournir du compost et de veiller sur l’arrosage. L’arrosage demeure toutefois le problème majeur, car certains croient qu’une tasse de café suffit pour arroser un carré d’arbre. De mon côté, je sème des graines de fleurs que je récolte à la fin de la saison et je plante des tropicales que je conserve dans mon sous-sol. J’utilise aussi beaucoup de vivaces, des plus communes, aux perles plus rares. Avec le temps, je souhaite que les citoyens et les commerçants s’approprient l’espace devant chez eux.

Quant à la collaboration avec la Ville, il est difficile d’obtenir les bons contacts et d’avoir des réponses. L’hiver, malgré les balises, les chenillettes endommagent les jardins et au printemps, le sel et le gravier sont balayés dans les carrés. Il faudrait trouver des solutions.

Pour terminer, je voudrais que les gens sachent, autant les locataires que les propriétaires, que le terrain devant chez eux est public et qu’ils peuvent le jardiner.

Rendez-vous horticole

En fin de semaine, sur le thème des plantes patrimoniales, a lieu au Jardin botanique de Montréal le 22e Rendez-vous horticole. Quelque 65 exposants feront découvrir aux visiteurs des variétés rares de plantes, de légumes et de fines herbes. Transhumance de moutons, présence de personnages du Village québécois d’antan, ateliers pour les 7 à 12 ans et sept conférences présentées par des spécialistes en horticulture sont aussi au programme.

Au jardin

Au début de la saison, ne négligez pas le désherbage afin d’éliminer les indésirables avant qu’elles ne se resèment. L’arrachage à la main ou avec une binette au potager et dans les plates-bandes est la meilleure manière de procéder. Par la suite, au potager, paillez sous les plants ; vous aurez ainsi moins de désherbage à faire cet été, mais aussi moins d’arrosage. Dans les plates-bandes, mettez plutôt un paillis de bois raméal fragmenté ou d’écale de sarrasin. Le premier se décomposera en deux à trois ans, le deuxième en un an. Les paillis de cèdre et de pin acidifient le sol en se décomposant, c’est pourquoi je ne les recommande pas. Sur les pavés et l’asphalte, employez de l’eau bouillante salée ou des produits commerciaux à base de vinaigre ou de savon.

Les plates-bandes gourmandes

Voici un livre pratique contenant de nombreux plans pour intégrer dans vos aménagements des plantes potagères, des arbustes et des arbres fruitiers. Les meilleurs regroupements de plantes comestibles vous y sont expliqués, ainsi que l’optimisation de leur croissance. On y trouve des recommandations de plantes pour des aménagements au soleil ainsi que pour la mi-ombre. Comme pour ce billet, tout le chapitre 6 porte sur les plantes à l’assaut des rues: de quoi vous inspirer!

Albert Mondor,
Les Éditions du Journal,
Montréal, 2019, 296 pages