Jardin: sol urbain en santé, plantes en santé

L’interaction sol/plantes est souvent peu considérée dans l’entretien des espaces verts urbains.
Photo: Pedro Ruiz Le Devoir L’interaction sol/plantes est souvent peu considérée dans l’entretien des espaces verts urbains.

Au symposium sur les sols vivants qui a eu lieu à Montréal du 28 au 31 mars, j’ai assisté à une conférence sur la revitalisation des sols urbains. Les trois participants apportaient chacun un volet intéressant, mais celui qui m’a particulièrement interpellée est Vincent Poirier, professeur à l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue et directeur de recherche du Laboratoire d’intégration de l’écologie urbaine (LIEU), parce qu’il dressait un rare portrait des sols urbains. En voici un aperçu.

Lors de sa présentation, Vincent Poirier nous rappelait à quel point le sol est l’oublié des milieux urbains. Vu comme une simple surface en deux dimensions par les acteurs urbains, il est compacté, confiné et désorganisé parce qu’on le traite sans égard.

L’un engendrant l’autre, il se retrouve sans structure, sa capacité de rétention en eau est diminuée, les microorganismes sont peu présents et le cycle des éléments est déséquilibré.

Paradoxalement, l’interaction sol/plantes est peu considérée dans l’entretien des espaces verts publics, expliquait M. Poirier. Pourtant, si on accordait de l’attention au sol, il pourrait nous rendre de précieux services.

D’abord, une meilleure gestion permettrait de diminuer la mortalité des arbres, mais aussi de réguler et de filtrer les eaux d’écoulement, de contrer les plantes envahissantes, de diminuer l’importation de sols, etc. Puis, ajoute-t-il, « un point moins connu, le sol est le deuxième réservoir de carbone de la biosphère après les océans, il nous aide donc à nous adapter aux changements climatiques ».

Par ailleurs, les enjeux en milieux urbains sont multiples, car en gérant mieux les actifs verts, on souhaite augmenter la biodiversité, diminuer la mortalité végétale, tenir compte de la santé humaine face aux changements climatiques, tout en réduisant l’entretien.

Pour atteindre ces objectifs, une meilleure compréhension du fonctionnement des sols et l’amélioration de leur santé sont primordiales. Nous devons aussi accroître nos connaissances afin d’augmenter la performance des services écologiques fournis par les sols et les végétaux.

L’approche proposée par LIEU est simple et logique : protéger et stabiliser la matière organique dans le sol. Comment ? En s’inspirant de techniques du milieu agricole, c’est-à-dire l’apport de matière organique et l’utilisation d’engrais verts.

Fait intéressant, afin de ne pas importer de compost sur l’île, LIEU utilise celui produit par la Ville de Montréal avec les déchets organiques des citoyens. Selon les résultats obtenus sur le projet au Centre, l’approche semble fonctionner, car le carbone dans le sol a augmenté, ainsi que l’azote et le phosphore.

Les changements de mentalité sont longs à se faire, mais pour que les efforts et l’argent mis dans le verdissement soient durables, il est plus que temps de penser au sol, qui après tout est la base du succès. Le symposium a été organisé par Régénération Canada.

Au jardin

Aussitôt la neige fondue, on a envie de se précipiter sur le râteau, mais allez-y doucement, car le sol est encore détrempé et racler avec trop de vigueur arrache la pelouse. Avant que les feuilles sortent, on voit mieux la structure de l’arbuste et on en profite pour couper les branches cassées ou celles qui poussent vers l’intérieur.

Attention, on ne taille pas l’extrémité des branches des arbustes qui fleurissent tôt au printemps, pour ne pas éliminer leurs boutons floraux. Aussi, on taille les arbres avant le débourrement des bourgeons, sauf les érables, les bouleaux et les tilleuls, car ils perdent trop de sève au printemps. Mais les arbres, à moins d’être trop proches d’un bâtiment ou de fils électriques, n’ont jamais besoin d’être taillés. Ils sont plus beaux au naturel. Si vous n’avez pas le choix, adressez-vous à des professionnels pour un travail dans les règles de l’art. Pour votre région, consultez le site de la Société internationale d’arboriculture du Québec (siaq.org).

Ceux qui ont un terrain en ville peuvent participer à la revitalisation des sols en mettant du compost sur la pelouse et dans les plates-bandes. Ils amélioreront ainsi la santé des sols en ville et la santé des végétaux.

Coin lecture

Ce joli guide très tendance contient de nombreux renseignements utiles et originaux pour vous accompagner dans vos premiers pas afin de verdir votre espace. De l’aglaonema au zamioculcas, 50 plantes d’intérieur sont agréablement présentées. On y trouve les meilleurs conseils pratiques ainsi que des trucs pour le jardinage en pot à l’extérieur. Assez sympathique, on dresse également le portrait de quelques amoureux des plantes et on propose quelques projets à réaliser soi-même.


Le guide Plantzy
Vivez en harmonie avec vos plantes

William Plamondon-Huard et Dominic Raîche, éditions Goélette, Saint-Bruno-de-Montarville, 2019, 208 pages