Jardin: la culture sur botte de paille

D’abord, on doit choisir de la paille de qualité, de préférence bio, et de blé, car l’orge et l’avoine se décomposent un peu trop vite.
Photo: Wikimedia Commons D’abord, on doit choisir de la paille de qualité, de préférence bio, et de blé, car l’orge et l’avoine se décomposent un peu trop vite.

Le sol de votre terrain est contaminé ? Votre cour est asphaltée ou vous n’avez que votre toit ou votre balcon pour cultiver ? La culture sur botte de paille pourrait vous intéresser, car elle permet une production complètement indépendante du sol. De plus, ce support, loin d’être sans vie, se transforme graduellement en compost pour nourrir les plantes et peut même être recyclé dans les boîtes à fleurs. Vous avez envie d’essayer ? Voici l’a b c de la culture sur botte de paille.

D’abord, on doit choisir de la paille de qualité, de préférence bio, et de blé, car l’orge et l’avoine se décomposent un peu trop vite. Quant au foin, il ne peut pas remplacer la paille, car il est trop fin et contient des graines d’indésirables que vous ne souhaitez pas voir pousser à travers vos tomates. La paille doit être ferme, afin de retenir l’eau et les engrais organiques, et attachée à l’aide d’une corde de nylon plutôt que de chanvre, car cette dernière finit par s’user.

Une fois l’achat réalisé, on place la paille à la verticale, pour faciliter la pénétration de l’eau, au soleil. Vient ensuite l’étape cruciale pour obtenir de beaux légumes, soit enclencher le processus de décomposition de la botte.

Pour ce faire, on recommande en premier de l’arroser abondamment d’eau durant deux ou trois jours de suite. Certains suggèrent de commencer une fertilisation élevée en azote dès le début, d’autres seulement après trois jours. L’important est d’intégrer une fertilisation haute en azote pendant au moins une semaine, en diminuant les doses tranquillement. On termine le tout par un bon arrosage pour lessiver les engrais.

Fertilisation de synthèse ou organique ? Les deux fonctionnent aussi bien, mais la fertilisation organique coûte plus cher et est un peu plus difficile à maîtriser. Pendant cette étape qui dure une dizaine de jours, la température de la botte s’élève, favorisant la fermentation, puis se stabilise autour de 20 °C. À ce moment, la botte est prête pour les semis et la plantation.

Pour effectuer le semis, on étale une couche de terreau ou de compost sur le dessus de la botte de paille, afin de pouvoir y déposer les graines. Pour la plantation, on fait un trou dans la paille à l’aide d’un transplantoir, on y insère la plante, puis on le remplit de terreau.

Tout au long de la saison, il est primordial de faire un suivi rigoureux de l’arrosage, car la paille doit demeurer humide en tout temps. Pour se faciliter la vie, il est souhaitable d’installer un tuyau microporeux ou un système de goutte-à-goutte. Pour une croissance sans carence, une fertilisation hebdomadaire sera nécessaire, car même si la paille se décompose, elle ne donnera pas suffisamment d’engrais aux végétaux.

Qu’est-ce qu’on y cultive ? De tout, sauf des vivaces, car la botte n’a qu’une durée de deux ans, après quoi on la recycle au jardin ou dans les boîtes à fleurs. Les avantages de ce mode de culture sont nombreux : il se pratique indépendamment du sol, il ne demande pas de travailler la terre, il fournit une surface de culture plus haute, offre un support de culture chaud permettant de planter plus tôt les plantes sensibles au froid et on y trouve très peu d’indésirables. Pas mal. Par contre, l’arrosage semble demander un peu de doigté ainsi qu’une gestion de l’engrais, particulièrement si on est en bio. Néanmoins, voilà une méthode peu coûteuse et innovante de cultiver hors sol.

Des saillies drainantes dans l’arrondissement du Sud-Ouest

Dernièrement, l’arrondissement du Sud-Ouest de Montréal a dévoilé un tout nouveau concept de saillies végétalisées drainantes. À mon plus grand bonheur, je dois dire. Ce concept permet, grâce à l’abaissement de la bordure de la saillie, d’acheminer l’eau de ruissellement vers l’intérieur pendant toute l’année, sans déplacer les puisards. En saison, les plantes absorberont l'eau, dont une partie sera évapotranspirée, tandis que le reste sera dirigé vers un système visant à réduire et à ralentir le volume d’eau qui part vers les égouts. Ce système devrait permettre de diminuer les risques de refoulement lors des pluies diluviennes. En 2019, une dizaine de saillies drainantes seront aménagées dans le cadre d’un projet-pilote.

Jardiner sur des bottes de paille: Plantation facile, désherbage minimal et récoltes précoces

Pour avoir plus d’information sur le sujet de ce billet, je recommande cette plaquette qui est un guide parfait pour le débutant. Les explications données étape par étape sont claires et simples : de l’approvisionnement en paille à la plantation et à la récolte, en passant par les mauvaises herbes et les ravageurs. Pratique et peu coûteux.

Éditions Marabout,
coll. « La permaculture en pratique »,
Paris, 2018, 96 pages