Doit-on préparer ou fermer son jardin à l’automne?

Guillaume Pelland, de chez Paysage Gourmand, à la récolte de fleurs <br />
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Photo: Lise Gobeille Guillaume Pelland, de chez Paysage Gourmand, à la récolte de fleurs 

 

Mais d’où vient cette drôle d’idée de devoir fermer son jardin à l’automne ? Préparer les plantes à passer l’hiver, d’accord, mais le fermer… comme on ferme une porte, me disait Guillaume Pelland, de chez Paysage Gourmand, avec qui j’en ai discuté, est un non-sens pour nous qui aimons nos jardins, hiver comme été. Donc, gardons-les ouverts, mais bien préparés, car même l’hiver ils sont beaux et on tend à l’oublier ! J’ai donc demandé à Guillaume comment il prépare ses jardins pour la saison froide.

Quels gestes doit-on faire dans le jardin à l’automne ?

L’approche de mon entreprise est d’utiliser surtout des vivaces, des arbustes et des arbres comestibles en aménagement, alors comme nous mettons peu d’annuelles, en vérité, il n’y a vraiment pas grand-chose à faire à l’automne, sauf de la récolte, ce qui est fantastique. À ce temps-ci, donc, on optimise les récoltes des plantes vivaces, par exemple les fines herbes. Toutefois, attention, on ne récolte jamais plus du tiers de la plante afin qu’elle demeure de bon calibre pour passer l’hiver.

Est-ce une bonne idée, la plantation à l’automne, pour prendre de l’avance pour le printemps ?

Absolument, chez Paysage Gourmand, nous plantons sans réserve tous les types de végétaux jusqu’au gel du sol. Ainsi, dès les premières douceurs printanières, les plantes poursuivent ou commencent leur enracinement. Elles ont donc le temps de bien s’implanter avant les canicules, ce qui a l’avantage de les rendre plus résilientes.

Est-ce vrai qu’une bonne couche de paillis protège les racines du gel ?

Selon mes observations et mes lectures, une bonne couche de paillis — nous mettons 7 cm de bois raméal fragmenté (BRF) — permet de gagner une zone de rusticité. Donc oui, le paillis protège les racines. Le BRF est le paillis que je préfère, car il favorise la vie des micro-organismes dans le sol et il est un excellent apport de matière organique. Un autre de ses avantages, la strophaire rouge vin, un champignon comestible, y pousse naturellement. Toutefois, afin d’éviter une carence en azote des plantes avec ce paillis, on applique une couche de compost avant de l’étendre. Enfin, s’il y a une chose qu’il ne faut pas faire à l’automne, c’est laisser un sol à nu.

Finalement, que faire avec toutes les feuilles qui nous tombent sur la tête ?

Les feuilles, c’est de la matière organique, le sol en a besoin. Comme chaque année, on ajoute un peu de paillis pour maintenir son épaisseur, on peut simplement le mettre par-dessus les feuilles pour les maintenir en place.

Nous plantons sans réserve tous les types de végétaux jusqu’au gel du sol. Ainsi, dès les premières douceurs printanières, les plantes poursuivent ou commencent leur enracinement.

Au jardin cette semaine

Pour ma part, je n’arrache jamais mes annuelles ornementales avant qu’elles aient gelé, j’aime en profiter le plus longtemps possible. Néanmoins, il y a des exceptions, si vous souhaitez conserver vos géraniums, entre autres, il est temps de les rentrer. Aussitôt que les plantes à bulbes non rustiques, tels que les dahlias, les bégonias tubéreux, les cannas… auront gelé, il sera temps de les arracher pour les entreposer.

Du début à la fin octobre, on plante les bulbes d’ail et les bulbes ornementaux. Pour avoir de bons résultats, on les choisit bien dodus, fermes et de gros calibre. Pour les bulbes ornementaux, j’aime bien ceux qui se naturalisent. Ainsi on ne recommence pas chaque année. En voici quelques-uns : jonquilles « Barret Browning », la scille de Sibérie, les tulipes botaniques et les crocus. Plantez-en beaucoup, l’effet est toujours meilleur !

Quant aux vivaces, je suis de ceux qui ne taillent à peu près rien. La matière organique doit demeurer là où elle est, et j’aime voir les feuillages se transformer. Au printemps, je taille ce qui reste et le laisse au sol. Quant aux feuilles, je conserve toutes celles que je peux, en les glissant sous les arbustes et en les utilisant comme paillis. Un paillis que j’aère légèrement au printemps.

Besoin de compost ? C’est la distribution gratuite pour les résidents de Montréal au Complexe environnemental Saint-Michel les 6 et 7 octobre.

Comment ne pas assassiner vos plantes d’intérieur

Comment ne pas assassiner vos plantes d’intérieur.
Conseils de survie pour horticulteurs amateurs
Veronica Peerless, Broquet, 2018, 142 pages


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Veronica Peerless, Broquet, Saint-Constant, 2018, 142 pages