Démêler les engrais

La fertilisation est avant tout essentielle pour les légumes, les fleurs annuelles et les plantes en pot.
Photo: Clément Allard La fertilisation est avant tout essentielle pour les légumes, les fleurs annuelles et les plantes en pot.

Voici tout (ou presque) ce que vous avez toujours voulu savoir sur la fertilisation mais que vous n’avez jamais demandé parce que vous n’aviez personne à qui le demander.

Étant donné la grande quantité de produits pour fertiliser nos tomates, nos fleurs et nos arbres vendus en magasins de nos jours, il y a de quoi avoir de la difficulté à faire un choix. Doit-on opter pour un engrais naturel ou de synthèse ? Qu’est-ce qu’un engrais à base organique ? Que signifient les trois chiffres sur la boîte ? Quels éléments favorisent les fruits, les feuilles, les racines ? Voilà quelques questions que je tenterai d’éclaircir.

D’abord, expliquons les trois chiffres qui se trouvent sur les contenants, car ils sont le b.a.-ba de la fertilisation. Le premier fait référence à l’azote, qui stimule la croissance des racines, des tiges et des feuilles. Le deuxième renvoie au phosphore, qui stimule aussi les racines, mais qui influence également la qualité des fruits. Le dernier, qui indique le potassium, augmente la résistance aux maladies et influence la qualité des fruits. Donc, pour favoriser les feuilles, on sélectionne des engrais plus élevés en azote et pour favoriser les fleurs et les fruits, on choisit des engrais dont le potassium est plus élevé. Et le phosphore ? Comme il est très présent dans nos sols en général au Québec, il est inutile d’en mettre en grande quantité. Par ailleurs, le calcium, le magnésium, le fer et le soufre sont également essentiels, quoique en moindre quantité. Assurez-vous néanmoins qu’ils sont présents dans l’engrais.

Naturel ou de synthèse

Les engrais naturels ont un avantage important par rapport aux engrais de synthèse, car ils stimulent la vie dans le sol et nourrissent ce dernier. De plus, comme ils sont moins concentrés — voilà pourquoi les chiffres sur les contenants sont toujours plus petits —, les risques de surfertilisation sont presque nuls. Leur action est en général de longue durée, d’un à quatre mois, ce qui est intéressant, mais elle est lente, car ils doivent d’abord être transformés par les micro-organismes pour être assimilés. Un seul engrais naturel est assimilé directement : les algues liquides.

Au contraire, l’action des engrais de synthèse est immédiate, mais de courte durée, car ils sont assimilés directement par la plante. On doit donc répéter régulièrement la fertilisation, ce qui peut être embêtant, à moins de prendre un engrais à dégradation lente. Les engrais organiques vendus en magasin sont généralement des engrais équilibrés, comme ceux de synthèse, conçus pour favoriser soit le feuillage, soit la floraison, soit la fructification. Il ne reste qu’à bien choisir. Attention à ceux qui ne contiennent qu’un seul élément, car appliqués en grande quantité, ils peuvent engendrer un déséquilibre du sol.

Enfin, qu’est-ce qu’un engrais à base organique ? Eh bien, c’est un engrais qui contient au minimum 15 % de matières organiques et des engrais de synthèse, ce qui n’est pas un mauvais choix.

La fertilisation est avant tout essentielle pour les légumes, les fleurs annuelles et les plantes en pot, car les vivaces et les arbres en santé se satisfont d’amendements de compost tous les deux ou trois ans ou de la décomposition des paillis organiques à leur pied.

Au jardin cette semaine

S’il y a des trous dans le feuillage de votre basilic ou si les nouvelles pousses de vos tournesols sont dévorées, vous avez sûrement des limaces ou des perce-oreilles. Voici quelques trucs maison pour les contrôler. D’abord, pour les limaces, mettez de la bière dans des soucoupes : elles adorent l’odeur de celle-ci et viennent s’y noyer. Sinon, répandez des écailles d’oeuf écrasées autour des plants ; elles forment une barrière que les limaces n’aiment pas traverser. Pour les perce-oreilles, imbibez de beurre d’arachide ou d’huile de sardines un papier journal, roulez-le et placez-le à un endroit problématique. Vérifiez-le quotidiennement et secouez-le au-dessus d’un seau d’eau savonneuse pour éliminer les perce-oreilles qui s’y trouvent.

Expérience jardin à la Maison Saint-Gabriel

La Nouvelle-France refleurit chaque année au magnifique site historique de la Maison Saint-Gabriel. Plusieurs activités offertes comprennent des visites guidées des jardins, des ateliers d’apiculture et des conférences horticoles tous les samedis à midi. D’ailleurs, j’y serai le 14 juillet prochain pour vous faire découvrir l’avoine, le blé, le sarrasin… Au plaisir de vous y voir.

À lire

Mulch et paillis mode d’emploi
Stu Campbell et Jennifer Kujawski, Hors collection-Jardin, Marabout, Paris, février 2018, 96 pages

 

Voilà une plaquette qui répond à bien des questions sur le paillage, une technique efficace pour réduire l’arrosage et le désherbage. On y découvre les différentes sortes de paillage ainsi que leurs nombreux avantages et leurs rares inconvénients. De nombreuses notions simples et utiles sont données pour le mettre en place et pour l’entretenir, et on apprend à pailler selon ce que l’on cultive. Un livre pratique à petit prix.