Inviter les papillons au jardin

Un monarque sur un lantana, une plante-aimant à papillons
Photo: Lise Gobeille Un monarque sur un lantana, une plante-aimant à papillons

Bonjour, chers lecteurs! J’espère que vous avez passé un bel hiver. Comme chaque printemps, c’est un réel plaisir de vous retrouver. Pour ce premier billet, je vous propose d’inviter les papillons au jardin. Pour deux raisons : la joie de les observer de près et la nécessité de leur fournir une oasis, car leurs habitats, en milieu urbain surtout, se font rares.

Créer un habitat propice à la présence des papillons de jour est tout simple. D’abord, on choisit un endroit où il y a du soleil, car les papillons sont des animaux à sang froid et, pour s’activer, ils doivent se réchauffer. Comme la pierre accumule la chaleur, c’est un bon élément à intégrer, sous forme de petits murets, de sentiers ou dans les boîtes à fleurs.

Ensuite, le site doit être le plus possible à l’abri du vent, afin que les papillons puissent butiner paisiblement. Enfin, comme ils préfèrent les lieux tranquilles, on évite, autant que possible, les sites passants. C’est simple, non? Il ne reste qu’à sélectionner les végétaux.

Quels végétaux choisir?

Un habitat pour papillons doit comprendre deux types de végétaux, soit des plantes nectarifères pour les nourrir et des plantes hôtes où ils déposeront leurs oeufs. Il est préférable d’avoir une grande variété de plantes nectarifères, c’est-à-dire des annuelles, des vivaces, des grimpantes et des arbustes pour les attirer. Au jardin et en bac, c’est possible; toutefois, pour les boîtes à fleurs, vu la petitesse du volume de terre, on doit s’en tenir aux annuelles. Mais pas d’inquiétude, les papillons viendront quand même.

Photo: Lise Gobeille L'asclépiade de Curaçao est une des espèces d’asclépiade qu’on peut planter pour attirer les monarques.

Par ailleurs, les fleurs doubles peuvent vous sembler bien jolies, mais optez plutôt pour les fleurs simples, car leur nectar est plus accessible et en général plus abondant. Pour un succès presque garanti, assurez-vous de planter l’une ou plusieurs de ces plantes : l’eupatoire maculée (vivace), l’asclépiade (vivace), le lantana commun (tropicale annuelle), le pentas lancéolé (annuelle) ou l’arbuste à papillons, le buddleja davidii (arbuste). Ces plantes sont des aimants à papillons.

Quant aux plantes hôtes, on les sélectionne pour attirer une espèce de papillon en particulier. Par exemple, pour attirer les monarques, on doit avoir des asclépiades. Et pour attirer les papillons du céleri, on doit avoir soit du persil, des carottes ou de l’aneth. D’autres plantes aussi les attirent, mais en voici au moins trois. Vous devrez, cela va de soi, développer une certaine tolérance pour les plantes grignotées par les chenilles… et n’utiliser aucun insecticide.

Lors de ma rencontre à Papillons à liberté avec la colorée Sonya Charest, agente de programmes éducatifs à l’Insectarium-Espace pour la vie, celle-ci y est allée de quelques trucs. Vous avez seulement un balcon, mais vous souhaitez attirer les monarques? Elle recommande l’asclépiade de curaçao, une asclépiade tropicale qui se cultive bien en pot. Vous plantez du persil? Mettez-en un peu plus, il y en aura aussi pour les papillons! «Partager notre habitat, c’est ainsi que cela commence!» s’exclame-t-elle.

Des villes amies des monarques

Plus de 270 municipalités des États-Unis, du Mexique et du Canada sont des Villes amies des monarques. C’est-à-dire qu’elles se sont engagées à déployer des efforts visant à la sauvegarde des monarques sur leur territoire. En juin dernier, Montréal est devenue la première ville québécoise à faire partie de ce groupe. Elle a été suivie par la ville de Sainte-Anne-de-Bellevue. Cette initiative a été lancée au Québec par la Fondation David Suzuki, en partenariat avec Espace pour la vie.

En vrac

Au jardin cette semaine

Même si on a bien hâte de jardiner, il faut être patient et attendre que la terre s’assèche avant de s’y mettre. Toutefois, on peut enlever les protections hivernales, ramasser les branches cassées et passer un léger coup de râteau. Et pour prendre un peu d’avance, on achète les semences et on prépare les boîtes à fleurs, on aiguise les sécateurs et on planifie : venue d’un élagueur, plantation d’un arbre, organisation du potager, création d’un mur végétalisé… Question de rêver le jardin en attendant la chaleur!

Visite de la semaine

Profitez des deux dernières semaines de Papillons en liberté au Jardin botanique de Montréal pour vous inspirer. L’accent est mis sur la création d’habitats pour les papillons en milieu urbain. Puis, c’est toujours une magnifique sortie!

À lire

Les quatre saisons de votre potager
Mélanie Grégoire, Québec Amérique, 200 pages, 2018

Avec ce livre, Mélanie Grégoire accompagne les jardiniers semaine après semaine durant toute la saison du potager. C'est exactement le livre qui manquait pour les gens qui jardinent au Québec. Les nouveaux jardiniers l’aimeront, car ils se sentiront bien guidés, tandis que les plus expérimentés y trouveront de bonnes idées, entre autres pour prolonger la saison. J’aime le fait qu’elle y donne des trucs simples, des idées pour jardiner avec les enfants et des suggestions pour ceux qui vivent en régions nordiques. La présentation est aérée, on s’y retrouve rapidement et il est magnifiquement illustré par Anouk Noël.