Une touche de noir au jardin

Le feuillage lustré et noir foncé de Colocasia esculenta « Royal Hawaiian Black Coral » est frappant. Il contraste avec les feuillages clairs.
Photo: Lise Gobeille Le feuillage lustré et noir foncé de Colocasia esculenta « Royal Hawaiian Black Coral » est frappant. Il contraste avec les feuillages clairs.

Le noir dans le monde végétal fascine : cette couleur y est rare et possède par le fait même une aura mystérieuse. Quelques touches de noir bien placées dans un jardin donnent de la profondeur, de la sobriété et un peu de mystère.

Mais soyons honnêtes : le plus souvent, il s’agit de pourpre foncé plutôt que de noir véritable ; parfois, cependant, on y est… presque.

 

Le corail noir


Colocasia esculenta, ou taro, est une plante tropicale impressionnante par la dimension de ses feuilles, c’est reconnu, mais avec le cultivar Royal Hawaiian Black Coral, non seulement les feuilles sont géantes, mais leur couleur est remarquable. Le feuillage lustré, noir foncé parcouru de veines bleues, est frappant. Les longs pétioles soutenant les feuilles sont également dans les tons de pourpre noir. Le plant atteint un peu plus d’un mètre et produit maintes pousses à la base du plant, formant ainsi un massif spectaculaire.


Le taro demande un sol humide en tout temps ; il est heureux sur le bord d’un étang et peut même être légèrement submergé. En pot, le contenant doit être grand et la plante doit être arrosée abondamment. Le plein soleil ou la mi-ombre lui convient parfaitement.


Comme le taro n’est pas rustique chez nous, avant les premières gelées on extrait son large tubercule du sol pour l’entreposer. Cette plante est une vedette naturelle : on la remarque de loin.

 

Une parente du muguet


Ophiopogon planiscapus « Nigrescens » est une étonnante vivace au feuillage noir qui ressemble à une graminée, mais qui est une parente du muguet. Elle pousse en petites touffes compactes, sur un rhizome d’où émergent des feuilles en forme de ruban qui atteignent une hauteur de 25 centimètres.


Les fleurs en clochettes sont lilas ; elles apparaissent durant l’été et se transforment par la suite en petites baies noires, reluisantes et décoratives. Malgré ses rhizomes, cette plante n’est pas envahissante, elle se développe plutôt lentement. On peut la propager par éclat de touffes au printemps ou par semis à l’automne.


Elle se cultive aussi bien à la mi-ombre qu’au soleil, dans un sol organique bien drainé, mais tolère un sol un peu plus sec. Elle est à son meilleur en massif, voisine de plantes aux feuillages pâles, en premier plan dans une platebande ou en bordure ainsi que dans un jardin alpin.


Cultivée au Jardin alpin du Jardin botanique de Montréal depuis plusieurs années, cette plante résiste bien à nos hivers dans la région.

 

Le piment décoratif


Capsicum annum var. annum « Black Pearl » est une plante qui se démarque et on comprend qu’elle ait gagné le prix All-America Selection en 2006 ! Ce piment décoratif est une annuelle ; son feuillage exceptionnel est brillant et noir foncé.


Ses fruits reluisants forment des bouquets à l’extrémité des tiges. Immatures, ils sont noirs, puis ils tournent au rouge en cours de saison. Ils ne sont pas toxiques, mais ils sont très épicés. Les fleurs sont plutôt sobres : elles sont mauves et mesurent 2,5 cm. Le plant atteint 45 cm de haut par 30 cm de large et son port est naturellement compact.


Cette plante adore le soleil et la chaleur, préfère un sol qui contient de la matière organique et qui se draine bien. En contenant ou en platebande, elle amène un contraste intense avec des plantes aux feuillages blancs, gris argenté et vert lime. Elle est également fort jolie avec des plantes à floraison orange, jaune ou blanche.

 

L’Institut de technologie agricole fête ses 50 ans


En 1962, le ministère de l’Agriculture et de la Colonisation fondait deux instituts de technologie agroalimentaire (ITA), l’un à La Pocatière et l’autre à Saint-Hyacinthe. Depuis des décennies, ces deux écoles ont formé des milliers de jeunes horticulteurs ; l’arrivée de cette main-d’oeuvre spécialisée, jumelée à l’intérêt grandissant des citoyens pour le jardinage, a donné un essor formidable à ce domaine.


Au fil des ans, les programmes des instituts se sont adaptés aux nouvelles technologies et aux nouvelles réalités de l’industrie. Actuellement, deux programmes sont offerts : Technologie de la production horticole et de l’environnement et Paysage et commercialisation en horticulture ornementale (au campus de Saint-Hyacinthe seulement). La vision de l’horticulture a changé et, de nos jours, on parle plutôt d’horticulture au lieu d’horticulture ornementale. Pourquoi ? Parce que maintenant, sans renier l’aspect ornemental, on tient compte des services rendus par les végétaux. D’ailleurs, le tout nouveau pavillon horticole écoresponsable du campus de Saint-Hyacinthe montre bien cette reconnaissance avec ses murs et ses toits végétaux.


Deux types d’agriculture sont maintenant enseignés : une agriculture traditionnelle et une agriculture dite marginale, davantage de proximité. Quant à la production bio, elle poursuit son élan, mais le défi est d’en diminuer les coûts de production. Malgré ces nouveaux développements, l’ITA peine à attirer les étudiants. La baisse démographique a bien sûr une incidence, mais pour plusieurs ces domaines ne sont pas très attirants.


Et pourtant ! Il s’agit véritablement d’un secteur d’avenir, de plus en plus orienté vers une gestion responsable des ressources. Enfin, le volet de la formation continue a pris de l’ampleur au cours des dernières années, afin de satisfaire une demande grandissante. Par ailleurs, pour célébrer les 50 ans des ITA, on tient le 25 août prochain Les Grandes Retrouvailles. Les étudiants de toutes les cohortes et les anciens membres du personnel sont invités à participer à cette grande rencontre.


Pour s’inscrire : anciensita.ca ou 450 778-6504, poste 6298.

 

Un potager honni


Depuis quelques années, on incite les citoyens à cultiver leurs légumes pour mille et une excellentes raisons. Interpellé par cette idée, comme vous le savez probablement déjà, un couple (Josée Landry et Michel Beauchamp) de Drummondville a aménagé un potager - magnifique d’ailleurs - devant sa maison.


Le problème ? Il perturbe la cohésion de la trame urbaine, selon un représentant municipal. On impose donc au couple d’engazonner 30 % du terrain en façade de sa maison, sinon il risque une amende de 100 $ à 300 $ par jour. Par chance, le couple a répliqué, cette histoire a été médiatisée et la municipalité a décrété un moratoire jusqu’au 1er septembre.


Il y a une semaine, la mairesse de Drummondville, Francine Ruest-Jutras, est allée rencontrer le couple. On dit que les discussions ont été fructueuses et qu’on arrivera à s’entendre. Tant mieux ! Tout de même, l’histoire est à suivre, car le conseil municipal se rencontrera le 13 août pour débattre de ce sujet.


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Au jardin cette semaine

L’extrémité apicale (partie à l’opposé d’où s’attache le fruit) de vos tomates ou de vos piments est dure et de couleur blanche ou noire ? Diagnostic : vos fruits sont atteints de la pourriture ou nécrose apicale.

Cette maladie est causée par un manque de calcium, lui-même causé par des conditions de culture et climatiques défavorables. Afin de prévenir ce problème, on recommande d’arroser régulièrement les plantes, d’éviter de compacter le sol ainsi que d’endommager les racines en travaillant celui-ci.

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