Les géantes du jardin

Le Darmera peltata a de grandes feuilles décoratives de forme arrondie. Il aime un sol humide à saturé et la mi-ombre. C’est une excellente plante pour le bord de l’eau.
Photo: Lise Gobeille Le Darmera peltata a de grandes feuilles décoratives de forme arrondie. Il aime un sol humide à saturé et la mi-ombre. C’est une excellente plante pour le bord de l’eau.

Ces vivaces fascinent soit par leurs feuilles immenses, soit par leurs tailles gigantesques, et aussi parce que, dans un temps record, elles transforment le paysage. Dans un petit ou un grand jardin, elles trouvent leur place, car elles amènent un contraste puissant et impressionnent.


L’angélique est une plante phénoménale qui atteint deux mètres et dont le diamètre des tiges florales est si gros qu’on dirait des troncs. Plante bisannuelle, elle devient une vivace de courte durée - quatre à cinq ans - si on coupe la hampe florale avant le mûrissement des graines. La première année, elle produit une grosse rosette et la seconde, une tige florale creuse portant des feuilles découpées similaires à celles de la rosette. Une multitude de grandes ombelles délicates fleurissent du mois de juillet au mois de septembre. Les fleurs sont blanches, vertes, roses ou pourpres, selon l’espèce ou le cultivar. Leur parfum est suave et musqué et elles attirent les abeilles et les papillons en grand nombre.


Voici quelques espèces et un cultivar recommandés pour le jardin. D’abord, l’espèce Angélica archangelica. Toutes les parties de cette plante sont utilisées en herboristerie et certaines en cuisine. En outre, ses tiges sont excellentes confites dans le sucre, alors que ces graines servent à aromatiser boissons et tisanes. Ensuite, indigène au Québec, l’angélique noir pourpré, ou Angelica atropurpurea, a des tiges pourpres contrastantes. Elle aussi est très aromatique et utilisée en cuisine. Enfin, l’angélique de Corée, ou Angelica gigas, entièrement teintée de pourpre, et le cultivar Ebony, presque noir en début de saison mais qui tourne au vert à la fin de l’été. L’angélique aime un sol fertile et humide, une place au soleil lui convient bien, mais elle se plaira aussi à la mi-ombre. Si on laisse les graines, elle se ressèmera. Elle est membre de la grande famille des apiacées, appelées autrefois les ombellifères, comme les carottes, le céleri et la ciguë. D’ailleurs, si on récolte la plante dans la nature, on doit s’assurer de ne pas la confondre avec la ciguë, qui est mortelle.

 

Feuilles démesurées


Le Darmera peltata a des feuilles immenses et spectaculaires. Elles ont une forme arrondie pouvant atteindre de 30 à 60 cm et de nombreuses nervures distinctes. Son pétiole s’attache au centre de sa feuille, ce qui en fait subito presto un petit parapluie, d’où son nom anglais : umbrella plant. Également, sa forme concave permet à l’eau de pluie de s’y accumuler, ce qui est fort joli.


Sa marge est agréablement découpée ; sa couleur est d’un vert luisant en été et magnifiquement cuivré à l’automne. Tôt au printemps, avant le déploiement des feuilles, de mignonnes fleurs blanches ou roses en ombelle s’empressent d’étaler leur beauté sur de longues tiges rugueuses. Le darmera a des rhizomes robustes, mais comme sa croissance est lente, il n’est donc pas envahissant. Par contre, si nécessaire, on limite son développement en sectionnant les racines et on le propage également avec celles-ci.


Le darmera pousse dans un sol humide à saturé, riche en matière organique, et il préfère la mi-ombre. C’est une excellente plante pour le bord de l’eau, car son système de racines puissant retient bien le sol. Selon les recommandations, il se cultive en zone 4, mais Larry Hodgson mentionne dans son livre La bible des vivaces, tome iiqu’il y a des colonies de Darmera peltata qui poussent en zone 2 depuis des décennies. Enfin, cette plante est originaire de la Californie et de l’Oregon et elle fait partie de la famille des astilbes, des tiarelles et des heuchères, les saxifragacées. Le darmeraest un genre monotypique car il n’a qu’une seule espèce, l’espèce peltata.

 

Sculpturale


Onopordium acanthium, ou chardon aux ânes, est une plante insolite et géante, d’allure sculpturale. Elle en impose avec ses trois mètres de haut, son mètre de large et son apparence halloweenesque.


La première année, on la remarque peu, car c’est une bisannuelle. Durant cette période, elle forme une rosette d’immenses feuilles épineuses vert-gris couvertes de poils fins. La deuxième année, elle déploie une épaisse tige ramifiée portant deux à quatre ailes, pubescente et épineuse. On ne peut rester indifférent, elle est étonnante !


Ses fleurs sont solitaires ou réunies en bouquet. Elles sont pourpres ou blanches, entourées de bractée épineuses et denses. Elles sont similaires à celles du chardon et de l’artichaut, qui sont d’ailleurs de la même famille, les astéracées.


Cette plante aime être à l’abri des grands vents et au soleil, dans un sol qui se draine bien et préférablement légèrement calcaire. Elle se propage facilement, même un peu trop, car elle dissémine en grands nombres ces semences. Afin de contrôler sa reproduction, on taille les hampes avant que les graines ne se propagent et on récolte et on sème quelques graines à l’automne ou au printemps. Elle se cultive en zone 5, et en zone 4 si elle est protégée. La distribution géographique du chardon aux ânes est de l’ouest de l’Europe à l’Asie.


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À visiter


Demain, dimanche, à Val-David, on vous invite à découvrir neuf jardins privés implantés dans un décor magnifique. Vous aurez également l’occasion de voir une aquarelliste à l’oeuvre et de dîner au son de la harpe. La boîte à lunch vous est offerte au coût de 8 $. Rendez-vous à 9 h au bureau touristique de Val-David. On s’inscrit à l’avance ou le matin même en téléphonant au 819 322-3106. Le coût est de 20 $ et les profits vont au journal communautaire Ski-se-Dit.

 

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La bibliothèque 

Le guide Hachette des plantes du jardin

Anita Pereire

Édition Hachette

2012, 367 pages

La bibliothèque

Bel ouvrage présentant 200 plantes du jardin organisé en quatre sections : les fleurs, les arbres et arbustes, les plantes grimpantes et les arbres fruitiers. On propose les meilleures espèces et variétés pour le jardin, ainsi que les gestes à poser pour réussir sa culture. Bien que ce livre soit excellent, on doit garder en tête qu’il a été écrit pour la France. Certaines informations, telles que les dates de floraison, ne correspondent pas à celles du Québec et plusieurs plantes ne sont pas rustiques chez nous.

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Au jardin cette semaine

On note le début de l’apparition du blanc ou oïdium sur les cucurbitacées. Afin de contrôler cette maladie, on traite avec du bicarbonate de soude ou du Bioprotec.

On fertilise au besoin les plantes en pot, les plates-bandes et le potager.

On inspecte nos plantes régulièrement afin de pouvoir réagir rapidement s’il y a des ravageurs ou des maladies.

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Petite liste de plantes géantes

  • Plantes à fleurs : Filipendula rubra, Helianthus, Silphium, Vernonia.
  • Feuillage : Astilboides tabularis, Napea dioica, Petasite japonicus, Rheum, Rodgersia.
  • Feuillage et plante : Paulownia tomentosa
1 commentaire
  • Michel Hélène - Inscrit 28 juillet 2012 07 h 25

    Jardinage

    Quel beau passe-temps!