À la découverte des plantes médicinales

Une visite guidée des jardins de plantes médicinales de la Clef des champs permet d’apprendre un tas de trucs sur la culture de ces végétaux, sur leurs différents usages et sur leurs effets.
Photo: Clef des champs Une visite guidée des jardins de plantes médicinales de la Clef des champs permet d’apprendre un tas de trucs sur la culture de ces végétaux, sur leurs différents usages et sur leurs effets.

À Val-David, un village culturel en effervescence, se trouve la Clef des champs, une herboristerie bien connue. Au cours de la belle saison, ses jardins sont ouverts au public et c’est une occasion d’aller y explorer le monde fascinant des plantes médicinales.


Après un long voyage initiatique à travers les Amériques dans les années 1970, Marie Provost, herboriste et fondatrice de la Clef des champs, s’initie aux médecines douces. Influencée par l’amour de la terre que sa mère lui a transmis, elle se dirige naturellement vers les plantes médicinales. D’abord, elle-même une jeune mère, elle se préoccupe surtout de la santé de ses semblables et des enfants dans son travail. Puis, dans les années 1990, l’entreprise se diversifie et devient la PME dynamique que l’on connaît aujourd’hui. L’organisation s’est donné trois missions. Premièrement, celle de produire et de distribuer des produits d’herboristerie qui ont fait leurs preuves, et ensuite d’offrir des thés et des épices de qualité issus de l’agriculture biologique. Tout ceci en respect avec la nature, les travailleurs, les clients et les consommateurs.


Installée à Val-David depuis sa fondation, en 1978, l’entreprise en croissance était à l’étroit dans ses locaux et ses jardins au tournant du millénaire. Elle fait donc l’acquisition, en 2002, d’une grande terre à flanc de montagne pour déménager l’exploitation agricole et y construire le siège social. Un travail titanesque doit être accompli. En premier lieu, celui de défricher et de dessoucher la forêt, puis celui de recycler le bois. Ensuite, comme le sol n’est pas assez profond à plusieurs endroits pour la culture des plantes, neuf terrasses sont réalisées avec des immenses pierres qui se trouvent sur place. Puis, l’équipe confectionne un substrat à partir de bois raméal fragmenté, du sol d’origine et de compost. Ouf ! Ce n’est pas tout, car 10 000 végétaux de la première exploitation sont déplacés et plantés, le tout en 3 jours avec l’aide des étudiants en horticulture de l’école des Faubourgs de Montréal.

 

Jardins biodynamiques


Quelques informations particulières sur les jardins : ils sont certifiés biologiques et on y pratique l’agriculture biodynamique. Également, les conditions climatiques et culturales difficiles de la région favorisent l’abondance des principes actifs dans les plantes. De plus, on fabrique le compost sur place et les eaux de pluie sont canalisées vers un grand bassin et servent à l’irrigation des jardins.


Principalement consacrés à la production de matière première servant à la fabrication des produits, les jardins demeurent néanmoins originaux et intéressants. La visite débute au pavillon d’accueil, qui est aussi une boutique, le Chardon-Marie, construit au pied des terrasses.


Plusieurs possibilités sont proposées. Je suggère la visite guidée avec une herboriste qualifiée, car on y apprend un tas de trucs sur la culture des plantes médicinales, leurs effets et leurs différents usages. On peut également télécharger une visite guidée virtuelle (disponible en français et en anglais) commentée par Marie Provost, qui présente une douzaine de plantes. Vous pouvez aussi simplement déambuler à votre guise et découvrir les plantes en lisant les excellents panneaux explicatifs. Au sommet des terrasses, la vue est magnifique et on y prend une pause avec plaisir. On poursuit ensuite la tournée en direction du jardin des sorcières pour y découvrir des plantes aux pouvoirs fantasmagoriques.


De retour au pavillon d’accueil, on est invité à choisir un rafraîchissement et à relaxer sur la terrasse. Si on désire dîner sur place, une aire de pique-nique a été aménagée. Soit dit en passant : c’est à côté de la piste cyclable du Petit train du Nord.

 

Toits verts


Les trois bâtiments, tous en bois, s’intègrent à merveille à l’environnement et, de plus, deux d’entre eux ont des toits verts intensifs. Celui du bâtiment des jardins a été réalisé en 2005 et couvre une surface de 122 mètres carrés, abondamment couverte de plantes médicinales. Il est vraiment bien établi et réussi. Celui du bâtiment administratif est plus récent ; il date de 2011. Ce toit vert est aussi beaucoup plus grand et, avec ses 2438 mètres carrés, il permettra la production. Il est encore à l’état expérimental, mais on y trouve déjà des lavandes, des échinacées et des rhodioles roses. C’est dans ce bâtiment certifié LEED inauguré en 2010 qu’ont lieu toutes les activités de transformation, d’emballage et d’entreposage.


La Clef des champs, c’est aussi 40 personnes oeuvrant à temps plein pour veiller au développement et au bon fonctionnement de l’entreprise.

 

Du mercredi au dimanche, de 10 h à 17 h.
Visite guidée tous les jours à 10 h 30.

2205, chemin de la Rivière

Val-David, J0T 2N0

819 322-3959


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Le Domaine Joly - De Lotbinière


Classé parmi les plus beaux jardins du Québec avec ses noyers noirs centenaires, son potager des curiosités et son allée des seigneurs, ce jardin vaut le détour. Les aménagements sont superbes, le choix des plantes est intéressant et les bâtiments, magnifiques. En plus, cette année, en collaboration avec plusieurs entreprises horticoles, le domaine lance le concours Tendances horticoles.


Plus de 220 variétés jamais présentées ou peu connues pourront être appréciées. On participe sur place en inscrivant nos cinq favoris sur le coupon à l’arrière du dépliant.


Un grand prix sera tiré : un atelier de cuisine avec le chef Jean Soulard et un forfait gastronomique au Fairmont Le Château Frontenac, ainsi que quatre exemplaires du livre Le grand Soulard de la cuisine.

 

7015 Route de Pointe Platon,

Sainte-Croix, G0S 2H0

418 926-2462

www.domainejoly.com


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Au jardin cette semaine

Rectification à propos d’une information de la semaine dernière sur les plantes en pot: on peut planter les végétaux vendus en pot tout au long de l’été, mais on doit s’assurer de les arroser régulièrement.

Les fleurs de lavande sont prêtes à être récoltées; suspendre simplement le bouquet la tête en bas dans un endroit aéré et sombre.

Recette maison pour le contrôle des pucerons, des aleurodes, des cochenilles et des tétranyques:

Mélanger:
-50 ml de savon liquide
-4 litres d’eau

Bien vaporiser la plante, sans oublier le dessous des feuilles et dans les gaines. On répète le traitement aux cinq à sept jours. La plante ne doit pas être au soleil lors du traitement et la température doit être sous les 29 degrés Celsius.

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La bibliothèque du jardinier
 

Je me soigne avec les plantes sauvages

Anny Schneider

Les éditions de l’Homme

2011, 302 pages
 

Ce livre-guide contenant plus de 300 photos dresse un portrait détaillé de 80 plantes sauvages médicinales. On y donne le nom latin, le nom commun, la composition chimique, les applications et bien d’autres informations utiles ou sympathiques. Le concept de cueillette éthique et écologique est abordé et on y trouve un calendrier des récoltes. On y explique aussi la transformation et les différentes méthodes de décoction, de teinture mère et d’infusion avec les trucs de préparation. Un chapitre est consacré aux maladies courantes et à leurs remèdes végétaux, et un autre aux principales propriétés des plantes. Et pour éviter de se fourvoyer, les dix plantes les plus toxiques du Canada et de l’Europe sont présentées. L’histoire de la phytothérapie nous est aussi présentée ainsi que ses figures marquantes.

Anny Schneider est une herboriste réputée formée à l’Herbothèque et à l’Académie de phytothérapie du Canada, à Montréal. Elle est l’auteure de quatre livres sur le sujet.

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Des questions sur votre jardin ? N’hésitez pas à me contacter.