Un jardin comestible à manger aussi des yeux

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	Les fleurs d’onagre se mangent entières, sans étamines, ou encore on déguste uniquement les pétales. On les aime en salade et avec les légumes, le riz ou les pâtes. </div>
Photo: Lise Gobeille
Les fleurs d’onagre se mangent entières, sans étamines, ou encore on déguste uniquement les pétales. On les aime en salade et avec les légumes, le riz ou les pâtes. 

Des plantes ornementales et comestibles pour le jardin ? Pourquoi pas ? Des fleurs, des fruits, des noix à ramasser avec les enfants, à partager avec les copains et à déguster tranquillement…

D’abord, les fleurs. Plusieurs d’entre elles ne sont pas seulement agréables à regarder, elles se mangent aussi. Celles de l’achillée millefeuille font d’excellentes limonades, celles des onagres se dévorent en salade et celles des phlox font de jolis glaçons. Puis, de la balconnière, on cueille les fleurs des bégonias, des fuchsias et des violettes pour décorer salades de fruits et pâtisseries.
 
Les fleurs de fines herbes, comme la roquette, le romarin et le basilic, parfument agréablement salades, gâteaux et tisanes. Quant aux fleurs des arbres, celles du lilas, du sureau et du tilleul aromatisent à merveille les infusions et les desserts. Pour plus d’information sur les fleurs comestibles et leur utilisation, le livre de Melinda Wilson est excellent : Fleurs comestibles. Du jardin à la table, publié chez Fides (2007).
 
Par ailleurs, plusieurs plantes potagères ont trouvé une place dans les platebandes, et ce, pour le plaisir des yeux et des papilles. Des laitues texturées, des bettes à carde colorées et des choux décoratifs mais comestibles, comme le kale, sont venus agrémenter les jardins. Quant aux épices, comme le basilic et la sauge, avec leur grande diversité de couleurs, de formes et de textures, elles ne rehaussent pas uniquement les plats. Et les différentes possibilités d’intégration de légumes dans l’aménagement sont infinies, l’imagination en étant la seule limite.

Idées fruitées

Mordre dans un fruit mûr cueilli au jardin est un plaisir ; voici donc quelques idées de plantes à fruits également décoratives. Il y a la vigne, bien sûr, mais aussi le kiwi, dont la variété Kolomikta est particulièrement ornementale : le plant mâle a un feuillage étonnant, vert, blanc et rose. À retenir : pour avoir des kiwis, un plant femelle est essentiel. Il pousse en zone 3.
 
Le cerisier Crimson Passion a d’excellentes cerises sucrées et sa floraison printanière est belle et parfumée. Il est autofertile et peut être cultivé en zone 3. 
 
Il y a aussi le chèvrefeuille et le camérisier, qui produit de curieux petits fruits d’environ 2 cm, bleu foncé dont le goût se situe entre le bleuet et la framboise. C’est l’un des premiers fruits du printemps, qui arrive même avant les fraises. Il s’agit d’un arbuste très rustique qui pousse en zone 2b. La variété Borealis est excellente, la Tundra a un bon goût sucré et la Berry Blue est idéale pour les confitures. Et comme les camérisiers ne sont pas autofertiles, on doit planter au moins deux ou trois variétés.
 
Finalement, on peut aussi planter un noisetier : un hybride complexe américain sans nom issu d’un croisement entre des sélections de Corylus americana et Corylus avellana. Ses grappes de noix sont ornementales et son feuillage est flamboyant à l’automne. Son port buissonnant atteint trois à quatre mètres et il est rustique en zone 3. Ses délicieuses noix sont deux fois plus grosses que celles d’un noisetier indigène et il est disponible à la Pépinière fruitière rustique & ancestrale.
 
De nos lecteurs

Voici deux questions couvrant un même thème qui intéressera certainement plusieurs d’entre vous. Nicole Caissy me demande si les dormants de chemin de fer (traité au créosote) utilisés pour faire son potager peuvent contaminer les légumes qu’elle cultive et Michel Chauvin se questionne sur la toxicité des produits antifongiques du bois traité utilisé pour construire les montants de son potager.
 
La créosote est un dérivé de houille, extrait de goudron contenant des substances phénoliques et du crésol, mélangé avec des huiles de pétrole et composé d’un fort pourcentage (environ 85 %) d’hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP). 
Certains HAP sont reconnus pour présenter des niveaux élevés de toxicité sur des organismes et fortement suspectés de jouer un rôle significatif dans la promotion d’effets cancérogènes chez l’humain.
 
De plus, tous les types de bois traité présentent des caractéristiques de dangerosité qu’on trouve dans le Règlement sur les matières dangereuses (RMD). En effet, le bois traité, selon le produit utilisé dans le traitement, peut être toxique et lixiviable. 
 
Le ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs (MDDEP) recommande de ne pas utiliser le bois traité à des endroits où il pourrait être en contact avec des aliments destinés à la consommation humaine. (Extrait du document Lignes directrices relatives à la gestion du bois traité, MDDEP).
 
Le bois chauffé à haute température, tel que le bois torréfié (ou bois « Perdure »), est une solution de rechange écologique aux bois traités avec des produits chimiques. On peut aussi utiliser des essences de bois naturellement résistantes à la pourriture, comme le cèdre rouge, le cèdre blanc et la pruche.
 
Finalement, des produits de construction faits de plastique et de polyéthylène recyclés, tels que Kemf, Re-Source et Perma-deck, ou constitués d’un mélange de plastique et de bois, tel que Trex, sont d’autres possibilités.
 
Nouveauté : le Bioprotec

Le Bioprotec est un fongicide-bactéricide à base d’acide citrique et d’acide lactique nouvellement homologué. Il contrôle le chancre bactérien sur la tomate, le blanc sur les concombres, les courges, les citrouilles, les fraises et les rosiers, puis le mildiou sur le concombre et la vigne. Il contrôle aussi la tache angulaire sur les fraises et la tache noire du rosier. Il agit en créant un film, une barrière physique protectrice à la surface de la feuille.
 
Comme tous les fongicides et bactéricides, on doit l’utiliser en prévention. Il est approuvé par l’agriculture biologique et, en plus, il est fabriqué au Québec. Il se vend sous deux étiquettes, un pour les rosiers et un pour les tomates et le potager, mais la composition des deux est identique.

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Des questions sur votre jardin ? N’hésitez pas à me contacter.

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Bibliothèque du jardinier

Arbres
Larry Hodgson
Broquet, coll. « Tout-terrain »
2012, 96 pages
 
Voici un guide tout-terrain plastifié et spiralé parfait pour aller faire un tour dans les jardineries et choisir des arbres pour chez soi. 
 
Au total, 90 arbres y sont présentés, chacun avec un court texte descriptif et des photos ainsi qu’un encadré présentant les caractéristiques, les exigences et les utilisations. C’est également un bon petit guide d’identification des arbres dans les parcs et les rues.
 
La bible des vivaces — Tome 2
Larry Hodgson
Broquet
2012, 616 pages
 
Ce livre présente plus de 8000 espèces et cultivars adaptés aux climats tempérés. Elles sont regroupées sous sept thèmes différents : « Pour un printemps fleuri », « Finir la saison en beauté », « Tapis de verdure », « De faux arbustes », « Des géants dans la plate – bande », « Des pseudo-bulbes » et « Le pied à l’eau ». Ces thèmes originaux facilitent la recherche de plantes dans ces buts précis et permettent des découvertes intéressantes.
 
Fort agréables, les nombreux icônes utilisés donnent rapidement de l’information sur les caractéristiques de la plante : parfum, besoin en lumière, toxicité, etc. 
 
L’aspect graphique du livre est agréable et on s’y retrouve facilement.  Il est aussi bien illustré, mais certaines photos ne sont pas extraordinaires et j’aurais aimé plus de photos présentant les cultivars. Précisons qu’on ne retrouve pas dans ce livre des renseignements sur la culture, lesquels se trouvent dans le tome 1.