Des raisins québécois sur la table

Des boutures de vignes de raisins de table rustiques au Québec, qui sont faciles à cultiver et dont le goût n’a rien à envier aux raisins importés. Elles ont été produites par Vignes chez soi.
Photo: Lise Gobeille Des boutures de vignes de raisins de table rustiques au Québec, qui sont faciles à cultiver et dont le goût n’a rien à envier aux raisins importés. Elles ont été produites par Vignes chez soi.

Peu de gens savent qu’on peut cultiver de succulents raisins de table au Québec, et ce, en particulier grâce aux travaux d’Elmer Swenson, hybrideur américain qui a développé des cultivars résistants à notre climat nordique. Une jeune entrepreneure, Caroline Fontaine, s’est donné pour mission de les faire découvrir chez nous. Initiée au travail de la vigne par son oncle, Alain Breault, viticulteur reconnu, elle a lancé sa propre entreprise, Vignes chez soi. Les cinq cultivars qu’elle propose transformeront votre vision du raisin de table cultivé ici.

Le Somerset est un raisin rouge sans pépins, au goût très sucré de fraise avec une note d’épice. C’est le plus rustique des cinq cultivars et il est excellent pour le jus.


Le Brianna est un raisin vert contenant des pépins, au goût délicieux, avec des notes tropicales qui rappellent l’ananas. Ses grappes sont grosses, comme ses fruits. Il est excellent en jus et on peut en faire du vin.


Le Trollhaugen est souvent appelé simplement Troll. C’est un raisin bleu foncé sans pépins, au goût délicieux qui rappelle celui du cassis. On peut l’utiliser pour faire du jus et de la gelée.


Le Kay Gray est particulièrement facile de culture ; ses raisins contenant des pépins sont vert doré et d’une belle grosseur. On peut en faire de la gelée et du vin.


Enfin, le Swenson White est un raisin blanc doré au goût floral intense. Il se cultive en zone 4b et est également utilisé pour faire du vin et du jus.


À la récolte


Le Somerset et le Trollhaugen mûrissent fin août-début septembre, tandis que le Brianna, le Kay Gray et le Swenson White mûrissent en septembre. Le seul cultivar qui est légèrement sensible aux maladies est le Brianna, mais ce n’est vraiment rien de majeur. Tous les cultivars se cultivent en zone 4b, sauf le Somerset, qui est plus rustique et peut être cultivé en zone 4a.


Comme il arrive souvent, on obtient plus de raisins que ce qu’on peut manger lors de la récolte, alors on peut prolonger le plaisir en congelant le reste. Les variétés sans pépins se dégustent comme des bonbons bien froids et celles avec des pépins sont meilleures en jus.


La culture de la vigne est simple, mais elle demande tout de même un peu de connaissances, surtout pour la taille. D’abord, pour avoir des fruits, un seul plant suffit, car les fleurs sont autofertiles, c’est-à-dire qu’elles se pollinisent elles-mêmes. La vigne préfère un sol bien drainé, mais elle s’adapte facilement. Si le sol est argileux, on pratique un trou plus grand lors de la plantation et on ajoute du sol friable pour l’aider à s’enraciner. On peut aussi y mettre un peu de compost.


La vigne sera plantée en plein soleil, et on la fait grimper soit sur un tuteur, soit sur une structure, comme une pergola. Si elle est sur un tuteur, ses branches devront être palissées, c’est-à-dire attachées sur un fil ou des fils. Il y a donc une taille de formation pour faire monter la tige et ensuite une taille annuelle qui se pratique au printemps sur les branches. Peu d’insectes s’attaquent aux vignes et il n’est pas nécessaire de les fertiliser, car ce sont des plantes frugales !


Caroline Fontaine offre à ses clients un suivi technique par courriel ainsi que des formations pour s’initier à la culture de la vigne. Le prochain cours aura lieu le 25 août au vignoble Les Artisans du terroir, à Saint-Paul-d’Abbotsford, au coût de 30 $ par personne ou 40 $ pour un couple.


Pour s’inscrire ou faire des achats : Vignes chez soi, 450 775-0482, info@vigneschezsoi.ca Ou encore on se rend chez l’un des dépositaires : Les Serres Benoit, 721, route 207, Saint-Constant, 450 635-9107 ; Serres Dame Nature, 1252, route 170, Saint-Gédéon, 418 345-2464.


L’autocueillette est également une façon agréable de découvrir le raisin de table du Québec et plusieurs endroits en font la culture. Voici quelques adresses : Coteau St-Paul, 1595, rue Principale Est, Saint-Paul d’Abbotsford, 450 379-5069 ; vignoble Les Artisans du terroir, 1150, rang de la Montagne, Saint-Paul-d’Abbotsford, 450 379-5353 ; le Centre d’interprétation de la courge, Saint-Joseph-sur-le-Lac, 839, chemin Principal, 450 623-4894.


Le Tubby


Le Tubby, ce gros contenant flexible, est fabriqué au Canada par la compagnie Garant. Il est équipé de deux bonnes poignées facilitant le transport de toutes sortes de matières — terre, légumes, outils, etc. — et il se lave facilement car il est en plastique. On l’aimera également comme cache-pot, où il est original. Il peut aussi être recyclé l’hiver pour toutes sortes d’usages dans la maison.


Précision


À propos de la fin du financement par Environnement Canada du Programme de partenariat sur les espèces exotiques envahissantes, dont je faisais mention la semaine dernière, notons qu'Union Saint-Laurent Grands Lacs ne gérait pas l'argent mais en bénéficiait.


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Des questions sur votre jardin ? N’hésitez pas à me contacter à lgobeille@ledevoir.com


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Au fil des jours

 

Les jardins de la Métairie


Tous les dimanches à 12 h ont lieu des conférences horticoles données par des spécialistes dans les jardins de la Métairie, à la Maison Saint-Gabriel. Le site lui-même est magnifique et a été classé Lieu historique national du Canada.


Le 24 juin: Rita-Lise Bergevin parlera du basilic, ce grand frileux, 2146, place Dublin, Pointe-Saint-Charles à Montréal.


Visites guidées du musée, activités sur le site et conférences: 15 $. La conférence horticole seulement : 5 $. maisonsaint-gabriel.qc.ca.

 

Au jardin cette semaine


Il faut garder le contrôle sur les indésirables, surtout les éliminer avant qu’ils ne fleurissent.


Les plantes chancelantes doivent être tuteurées et les plantes envahissantes, taillées.


Le sol doit être ameubli afin de permettre à la pluie de le pénétrer plutôt que de ruisseler.


Les fleurs en boîtes ou les végétaux pour le potager ne sont pas encore plantés ? Il n’est pas trop tard, il y a encore des plants dans les marchés et les jardineries. Pour le potager, on choisit des légumes qui produisent rapidement et pour les boîtes à fleurs, des plantes qui croissent vite.


Si on cultive des tomates, il faut enlever les pousses à l’aisselle de la feuille et de la tige.


La fleur d’ail est prête quand la tige florale dessine un coup de cygne.