Rhododendrons et azalées, un feu d’artifice printanier

Le rhododendron Fundy a d’immenses fleurs et des feuilles persistantes.
Photo: Photos Lise Gobeille Le rhododendron Fundy a d’immenses fleurs et des feuilles persistantes.

Les rhododendrons et les azalées donnent un spectacle inoubliable au printemps. Ces deux genres font partie de la famille des éricacées, des plantes acidophiles. Sans que ce soit très compliqué, on doit apprendre à les connaître un tant soit peu pour réussir leur culture.

Voici les conseils de Richard Dionne, responsable du Jardin Leslie-Hancock au Jardin botanique, un jardin d’éricacées, et de Michel Tardif, un collectionneur passionné.


À moins d’avoir déjà un sol acide, la préparation du sol est une étape essentielle. On doit faire un lit de plantation dont le ph varie entre 4.5 et 5.5. Pour y arriver, mélanger une partie de compost forestier avec une partie de loam sableux et enfin une partie de mousse de tourbe. Celle-ci acidifiera le tout.


Idéalement, la zone de plantation est surélevée et légèrement pentue pour favoriser le drainage, très important pour les éricacées. Afin de maintenir l’acidité au fil des années, ajouter annuellement des aiguilles de pin ou saupoudrer du soufre granulaire qui, lui, a un effet qui dure de deux à trois ans. Un ajout annuel de compost permet de maintenir une bonne teneur en matières organiques et protège les racines contre les variations de température.


Le printemps s’avère la meilleure saison de plantation. On sait que le pH est trop haut quand la couleur entre les nervures des feuil-les est vert pâle, jaune ou presque blanche. Pour une correction rapide du pH, on utilise le soufre microfin, le sulfate de fer ou la mousse de tourbe. Le 21-7-7, un engrais acidifiant, peut également être utilisé.

 

Binage, taille et insectes


Les éricacées ont des racines de surface ; on évite donc de biner au pied des arbustes pour ne pas les endommager. Également, on met un paillis pour contrôler les indésirables et, faisant d’une pierre deux coups, les racines sont ainsi tenues plus au frais durant l’été. En principe, il n’y a pas de taille à faire, et si une branche semble morte, on attend avant de l’enlever car il arrive qu’elle débourre plus tard.


Ce qui est fort agréable avec les éricacées, c’est qu’il y a peu d’insectes et de maladies qui s’attaquent à ces plantes. Le charançon du fraisier cause parfois des problèmes et on retrouve l’oïdium (communément appelé maladie du blanc) sur certains cultivars. Malgré ce que plusieurs croient, aucune protection hivernale n’est recommandée. Par contre, les plantes doivent être à l’abri des grands vents et plantées là où la neige naturelle s’accumule : aussi surprenant que cela puisse paraître, celle-ci est un excellent isolant.

 

Quelques autres éricacées pour le jardin


Absolument superbe en fleurs au printemps, le Pieris japonica au feuillage persistant forme des panicules horizontales de petites clochettes blanches ou roses. Richard Dionne recommande le cultivar Brower’s Beauty, car il est particulièrement rustique.


L’arbrisseau Enkianthus campanulatus se couvre d’une multitude de jolies clochettes au mois de mai et d’un magnifique feuillage à l’automne.


Parmi les plantes indigènes, le bleuet, un pur délice, est facile à cultiver ; en plus de l’espèce, plusieurs variétés sont maintenant disponibles.


Le rhododendron du Canada colore de rose le printemps, tandis que le thé des bois, Gaultheria procumbens, et le thé du Labrador, autrefois appelé Ledum groenlandicum, sont aussi agréables à la table qu’au jardin.


Les hybrides de la série P.J.M. et ses dérivés ont de petites feuilles persistantes et sont très rustiques. Ils peuvent être plantés à la mi-ombre ou au soleil.


Les hybrides de la série Lights ont des feuilles caduques et leurs fleurs dégagent un parfum délicieux. Ils se cultivent à la mi-ombre ou au soleil et sont résistants au blanc.


Les hybrides de la série Finlandaise ont de grosses feuil-les persistantes et sont très rustiques au Québec. On les plante à l’ombre, à la mi-ombre ou au soleil.


On trouve facilement des rhododendrons et des azalées dans les jardineries, mais, pour un plus grand choix, notons que la Pépinière Villeneuve, à L’Assomption, en a fait une spécialité. Pour les indigènes, Indigo, à Ulverton, est une adresse sûre.

 

Destination rhododendrons


Une belle occasion de mieux connaître la famille des éricacées : le 9 juin, au Jardin botanique de Montréal, la Société des rhododendrons organise une journée entièrement consacrée aux rhododendrons et autres éricacées. L’événement se veut un lieu de rencontre pour les néophytes et les amateurs avertis. Ce sera aussi l’occasion, lors de la vente, de mettre la main sur des plantes rares en provenance de chez Briggs Nursery et Weston Nurseries, aux États-Unis.


Deux conférenciers sont également invités : Richard Dionne, responsable du Jardin Leslie Hancock au Jardin botanique, parlera des éricacées méconnues, tandis qu’Albert Mondor, auteur du livre Azalées, rhododendrons et autres éricacées, présentera des azalées et rhododendrons faciles d’entretien.


En plus de sa conférence, Richard Dionne fera visiter le jardin Leslie-Hancock, le sous-bois et la pépinière. Pour 20 $, le public aura accès à toutes ces activités et recevra une carte de membre de la Société des rhododendrons du Québec pour un an, en plus d’avoir droit à 15 % de rabais à l’achat de plantes.


Pour plus de détails sur la programmation et pour s’inscrire, rendez-vous sur le site de la société : http:/rhododendronsquebec.org ou téléphoner à Claire Bélisle, présidente de la Société, au 450 451-3052.

Des questions sur votre jardin ? N’hésitez pas à me contacter à lgobeille@ledevoir.com


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Au fil des jours
 

Anniversaire

Le Jardin alpin fête ses 75 ans. Pour souligner l’événement, on a invité un conférencier de la Suisse, Serge Aubert, du Jardin botanique de Lautaret, qui parlera des adaptations fantastiques des plantes alpines à la vie en milieu extrême.


Dimanche 3 juin à 13 h 30, à l’Auditorium Henry Teuscher du Jardin botanique.

Entrée libre.

 

Consultation publique sur l’agriculture urbaine


Ne manquez pas les consultations publiques : c’est le temps d’exprimer votre opinion. Consultez le calendrier sur le site Internet pour trouver où se tient la consultation le plus près de chez vous : ocpm.qc.ca/agricultureurbaine.

 

Programme d’adoption de carrés d’arbre


Quelle bonne idée ! L’Écoquartier Saint-Jacques, en collaboration avec l’arrondissement de Ville-Marie, propose aux résidants d’adopter un ou plusieurs carrés d’arbre pour la saison estivale. L’écoquartier fournit tout le nécessaire : les végétaux, le compost et les conseils ; en échange, le citoyen s’engage à entretenir le carré tout l’été. Contactez Éloise Girard à proprete_ecojac@cam.org ou César Cano à qc_ecojac@cooptel.qc.ca, ou au 514 522-4053, poste 205 et 207.


Au jardin cette semaine


Fertilisez vos balconnières et vos plantes en pot.


Laissez vos plantes à bulbes jaunir avant d’en couper le feuillage.


Appliquez les herbicides en début de saison sur les indésirables ; comme ils sont tendres, le produit est alors plus efficace.


Évitez de vous approcher des jeunes arbres avec le coupe-herbe, car le fouet risque d’endommager leur tendre écorce.


Au potager, on continue de planter et de semer gaiement et on surveille les insectes et les maladies.