Se lancer dans l'aventure potagère

Un sol bien préparé donne de belles récoltes et la clôture anti-chevreuils nous assure d'en profiter!
Photo: Pierre Castonguay Un sol bien préparé donne de belles récoltes et la clôture anti-chevreuils nous assure d'en profiter!

Un potager est une aventure toute simple, oui… et non. Quelques notions de départ sont absolument nécessaires, sinon on risque d’être déçu des résultats et de se décourager. La première année demande un investissement plus grand, mais une fois le terrain bien préparé et avec un peu d’expérience, on en retire des kilos de plaisirs savoureux.

Les types de jardin

La parcelle traditionnelle demande moins d’investissement en temps et en argent, mais de l’huile de coude et un bon dos sont essentiels. Avant de commencer le travail pour ouvrir la parcelle, on s’assure que le sol n’est pas contaminé et qu’il a une profondeur suffisante.


Le jardin surélevé, lui, est réalisé dans un bac qui peut prendre différentes formes. Le choix des matériaux de fabrication est grand, mais ceux-ci ne doivent pas se dégrader au contact de la terre ni contaminer le sol. Selon les matériaux sélectionnés, les bacs peuvent devenir un élément de décor intéressant : pierres plates, osier, bois, etc. Ainsi, le jardin potager devient également un aménagement paysager. Étant donné sa hauteur, le jardinier s’éreinte moins au travail. Il convient particulièrement bien aux gens d’un certain âge et aux personnes en fauteuil roulant.


Il donne des rendements supérieurs au mètre carré et les mauvaises herbes se contrôlent plus facilement. Les allées entre les bacs peuvent être engazonnées ou couvertes, par exemple de pierres plates. Cela permet une circulation plus aisée pour les fauteuils roulants et on ne sort pas du potager les chaussures pleines de boue !


De plus, on peut préparer facilement un sol spécifique en fonction d’une culture, par exemple un sol riche en humus pour les cucurbitacées. Par contre, pour réaliser un bac surélevé, on doit savoir manier les outils en plus d’être jardinier et il faut importer du sol ; l’installation demande plus de temps et l’investissement de départ est plus important.



La préparation du terrain


La préparation du terrain est primordiale et ne doit pas être négligée. La terre doit être bien ameublie jusqu’à une profondeur d’environ 35 centimètres et avoir en surface une granulométrie fine. Évitez l’utilisation du motoculteur : il compacte la couche profonde du sol et coupe les racines des mauvaises herbes en morceaux. Un désastre particulièrement pour le chiendent, une mauvaise herbe à racine rhizomateuse qui sera ainsi propagée. Au fur et à mesure que l’on bêche, on élimine religieusement les mauvaises herbes et leurs racines. En les contrôlant à cette étape, on s’assure d’une saison de jardinage beaucoup plus agréable.


Une fois l’an, au moins, selon le type de sol, on ajoute du compost ou du fumier composté. Cette matière organique nourrit les micro-organismes du sol, qui, eux, favorisent la croissance des plantes. Environ cinq centimètres de compost en surface incorporé aux premiers centimètres du sol feront l’affaire. Certains légumes, comme la laitue, apprécient plus de compost. Pour plus d’information sur la spécificité de chaque légume, on peut consulter entre autres le livre d’Yves Gagnon.


Pour la parcelle surélevée, on s’assure d’importer un bon sol, exempt de mauvaises herbes et enrichi de compost.


 

Emplacement du terrain


Une exposition sud - sud-ouest est idéale et un endroit à l’abri des grands vents donne de meilleurs résultats. Pour une parcelle traditionnelle, on s’assure que le terrain se draine bien et qu’il soit préférablement pentu. Dans les deux cas, le sol doit avoir une profondeur de 45 à 60 centimètres.



L’art du potager


Les potagers de Pierre Castonguay, fondateur de Jardins de cuisinier, sont de véritables créations artistiques. Pratiques et esthétiques, ces jardins toujours bio sont le fruit d’une triple passion : la cuisine, l’art et la nature. Il conçoit, réalise avec vous, plante et entretient pour vous une oeuvre potagère. Et il vous laisse le plaisir de la récolte et de la cuisine ! jardinsdecuisinier.com.



Pour votre bibliothèque


Tomates

Serge Schall

Éditions Plume de carotte, 132 pages


Ce légume-fruit a une histoire surprenante. Originaire de l’Amérique du Sud, il a été importé en Europe au xviie siècle. Ce n’est pas avant le xxe siècle que la tomate devient populaire et se diversifie. Puis l’industrialisation entraîne la disparition de plusieurs variétés sur le marché. Ces variétés dites anciennes sont populaires actuellement et vous trouverez dans ce livre de l’information à leur propos.


Également, on fait le point sur les tomates OGM. Puis la culture des tomates y est expliquée, mais attention, car les dates de semis et de plantation ne correspondent pas à celles du Québec. La pièce maîtresse de ce livre, le petit inventaire de la tomate, décrit plusieurs cultivars, donne de l’information utile pour les cultiver.


L’ouvrage est accompagné d’un miniguide de cuisine à l’ancienne et d’une belle reproduction de vieilles gravures. Délectable !



Le jardin surélevé

79 pages
Le potager facile

77 pages

Larousse, coll. « 100 % jardin »

 

Ces deux petits livres pratiques expliquent étape par étape la réalisation d’un potager. Ils donnent des trucs pour créer le potager, l’entretenir et réussir les cultures, mais attention, ces livres étant français, les dates pour certains travaux ne correspondent pas aux nôtres.



Jardins à la carte


Qu’est-ce que c’est ? C’est une vitrine Web interactive pour faire la promotion de l’agriculture urbaine à Montréal. Tous les jardins communautaires et collectifs y ont été cartographiés et on invite les citoyens, les entreprises et les organismes à venir y inscrire leur potager ainsi qu’à offrir ou à partager des espaces, des outils, des trucs de jardinage et même les récoltes !


Selon Louis Drouin, de la Direction de santé publique à Montréal, seulement 30 % des citoyens consomment cinq portions de fruits et légumes par jour. Cette vitrine encourage, stimule et promeut la production et la consommation de produits frais, pour le mieux-être des citoyens. Elle a été réalisée grâce à la Conférence régionale des élus de Montréal, de l’Institut des sciences de l’Environnement - UQAM et de la Direction de santé publique de l’Agence de la santé et des services sociaux de Montréal.



Atelier potager 101


Découvrez les trucs du jardinage écologique avec l’architecte paysagiste Ismael Hautecoeur dans une initiation de trois heures pour bien démarrer la saison. Mardi 29 mai 2012, 18h. Faites vite pour réserver votre place: coeurdessciences.uqam.ca. Adultes : 20 $; étudiants et aînés (65 ans et plus) : 15 $. Lieu : salle polyvalente, SH-4800, 200, rue Sherbrooke Ouest, métro Place-des-Arts.


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Des questions sur votre jardin, des interrogations horticoles? N'hésitez pas à me contacter à lgobeille@ledevoir.com