Jardins - Le poinsettia point par point

Les poinsettias de tous les coloris des Serres et jardins Girouard, à Sainte-Madeleine.<br />
Photo: Lise Gobeille Les poinsettias de tous les coloris des Serres et jardins Girouard, à Sainte-Madeleine.

Symbole de Noël par excellence, les poinsettias arrivent sur les tablettes des magasins à grande surface et décorent les vitrines des fleuristes depuis la mi-novembre. À une époque où l'on réfléchit sur notre consommation et où l'on essaie d'encourager le marché local, on se demande d'où viennent nos poinsettias?

Selon Mme Grégoire, des Serres Chemin des Îles à Lévis, citée dans www.lesaffaires.com, les Ontariens occupent une grande part du marché. Le climat plus doux là-bas diminue les coûts de chauffage et permet une meilleure marge de profit. Au Québec, cette production est peu rentable, mais elle permet de conserver des emplois à l'année. À Laval, deux entreprises font concurrence aux Ontariens et approvisionnent les grandes surfaces: la Ferme Grover, avec 200 000 potées par année, et les Serres Sylvain Cléroux, avec 130 000 potées. Toutefois, la plupart des producteurs du Québec sont de petite envergure et vendent surtout chez les fleuristes et dans les jardineries.

Différentes qualités de poinsettias sont offertes sur le marché. D'abord, la production de masse est standardisée pour faciliter le transport. On produit des plantes compactes et étroites, elles ont donc moins de fleurs. Tandis que pour les plantes vendues chez les fleuristes et dans les jardineries, on mise sur la qualité. Le produit fini est nettement plus impressionnant, les prix sont plus élevés, mais la durée de vie est plus longue.

Origine et histoire

Originaire du sud du Mexique et du nord du Guatemala, le poinsettia, ou Euphorbia pulcherrima, fait partie de la famille des euphorbiacées. Dans cette famille, on retrouve, entre autres, les euphorbes (une cactée), l'arbre à caoutchouc et le ricin. Le poinsettia, dans son habitat naturel, est un arbuste atteignant jusqu'à trois mètres. Il est régulièrement utilisé en aménagement paysager.

Les Aztèques ont été les premiers à s'en servir comme plante d'ornement. Ils en extrayaient aussi une teinture pour les vêtements et employaient le latex pour ses propriétés médicinales. Les conquérants espagnols, par la suite, l'ont adoptée pour célébrer les rituels de Noël. C'est au début du XIXe siècle que les premiers poinsettias ont été importés aux États-Unis par Joel Robert Poinsett, premier ambassadeur américain au Mexique, d'où son nom commun de poinsettia.

L'essor de cette production en Amérique est lié à la famille Ecke, des immigrants allemands installés dans le sud de la Californie. Leur programme de recherche et développement a fait d'eux des leaders; encore de nos jours, ils fournissent 95 % des boutures pour la production sur le continent. Cette potée est la plus importante en nombre et en revenu aux États-Unis, suivie de près maintenant par les Phalaenopsis. En Europe, elle est encore plus populaire: on y réalise les deux tiers des ventes du marché mondial, l'autre tiers étant en Amérique du Nord.

Culture

Cette production demande beaucoup de doigté, explique Martin Girouard, des Serres et jardins Girouard à Sainte-Madeleine. Par contre, une fois à la maison, pour les conserver, c'est assez simple, explique-t-il: tout est dans l'arrosage. On doit les laisser sécher légèrement et ne jamais laisser d'eau dans la soucoupe. On les place près d'une fenêtre, mais sans soleil direct. Les faire refleurir est par contre un défi, car la plante doit avoir au minimum 13 heures de noirceur par jour pendant huit semaines pour amorcer sa floraison.

Pour une immersion dans le monde des poinsettias, allez faire un tour chez le producteur près de chez vous ou au Jardin botanique.

Enfin, quelques suggestions de cadeaux à offrir aux amis jardiniers: des outils de qualité, des plantes exceptionnelles et des beaux livres.

Conférence

Dans le cadre du Marché des plaisirs d'hiver au Jardin botanique de Montréal, venez me rencontrer lors d'une conférence à propos des plantes du temps des Fêtes, où j'en profite pour faire des suggestions de cadeaux horticoles.

Conférence «Vert Noël», le 9 décembre 2011 à 15h, au Jardin botanique de Montréal

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Collaboratrice du Devoir