Institut Douglas - L'horticulture pour soigner ses maux

Une quarantaine de personnes sont accueillies chaque semaine au centre d’hortithérapie de l’Institut Douglas, qui comprend un local, deux serres, deux zones pour les potagers et de grandes platebandes.<br />
Photo: Institut Douglas Une quarantaine de personnes sont accueillies chaque semaine au centre d’hortithérapie de l’Institut Douglas, qui comprend un local, deux serres, deux zones pour les potagers et de grandes platebandes.

Depuis quelques années, de nombreuses recherches ont révélé que la pratique de l'horticulture améliore la santé mentale et physique. Mais déjà, dans les années 80, à l'Institut universitaire en santé mentale Douglas, on utilisait l'hortithérapie. Pionnier au Québec, le programme permet aux participants de briser leur isolement, de se réapproprier leur vie et de réapprendre à se structurer.

Le programme s'adresse aux patients externes autonomes qui y participent volontairement. L'encadrement est réalisé par le service de réadaptation psychosociale et de soutien communautaire Spectrum, supervisé par Bartholomew Crago, chef clinico-administratif du programme de rétablissement de l'Institut Douglas. En collaboration avec le participant est établi un plan d'intervention en fonction de sa situation, de ses objectifs et de ses intérêts. Des pairs experts formés par l'Association québécoise pour la réadaptation psychosociale sont embauchés comme soutien et modèle pour la clientèle.

Sans en être l'objectif ultime, ce programme peut mener à la réintégration au monde du travail dans ce domaine. D'ailleurs, certains anciens participants font de l'entretien, soit pour un paysagiste, soit pour s'occuper des plantes vertes dans les bureaux ou les parcs municipaux.

Les bienfaits

L'hortithérapie permet d'aborder plusieurs aspects de l'individu: la santé physique, les relations sociales, les capacités intellectuelles et les relations émotives. Elle favorise une approche globale. De plus, elle rythme la vie en fonction des saisons et «branche» les participants sur le quotidien. Et comme on travaille avec des plantes, on réapprend à prendre soin de la vie et indirectement de soi. Aussi, on redécouvre ses capacités, on développe de la confiance et de l'estime personnelle.

Les activités

Depuis respectivement 21 et 14 ans, les horticulteurs Marielle Contant et Jacques St-Hilaire croient sincèrement à ce programme et font un travail exceptionnel. Grâce à la formation continue offerte à l'Institut Douglas, ils connaissent bien les problématiques de la santé mentale. Ainsi, ils peuvent organiser les activités horticoles en fonction des capacités de chacun et intervenir adéquatement.

Grâce à la production en serres, le programme se poursuit tout au long de l'année.

Les activités qui y sont pratiquées: la multiplication des plantes vertes, la production de poinsettias, la propagation des annuelles et l'entretien des plantes vertes, des bacs à fleurs et des platebandes. Chaque participant, s'il le désire, peut aussi avoir son potager et bénéficie des conseils judicieux des horticulteurs. Cette activité, en plus d'être particulièrement gratifiante, permet une certaine autosuffisance alimentaire.

Et à plus long terme, elle peut se poursuivre dans les jardins communautaires. On offre aussi des ateliers sur différents sujets tels que l'utilisation des fines herbes, des plantes médicinales et des fleurs comestibles, complétant les connaissances nouvellement acquises.

Deux fois par année, au printemps et à Noël, une vente de végétaux est organisée. Très attendue du public, cette activité fait la fierté des participants.

En somme, le centre d'hortithérapie comprend un local, deux serres, deux zones pour les potagers et des grandes platebandes. Une quarantaine de personnes sont accueillies chaque semaine dans cet espace joliment aménagé sur le terrain de l'Institut. Elles se présentent par groupes de huit pour une période de une à trois heures. La clientèle est à 60 % francophone et majoritairement féminine. En plus des groupes de l'hortithérapie, le site accueille des groupes en provenance des unités de soins de pédopsychiatrie, de gérontopsychiatrie et de problèmes psychiatriques accompagnés de déficiences intellectuelles. Ces personnes y viennent pour se détendre, se divertir et s'initier à l'horticulture.

Nouveau projet

L'automne dernier, les horticulteurs ont consulté les participants sur la possibilité d'aménager une zone à l'arrière d'une des serres. Le but était d'avoir leur opinion sur la vocation de ce terrain. Enthousiastes, une vingtaine de personnes se sont impliquées et ont décidé qu'elles voulaient un coin de verdure pour relaxer. Une architecte du paysage a été invitée à les rencontrer pour échanger des idées et structurer l'aménagement. En fait, la planification du projet et sa réalisation seront entièrement faites par les participants, un bon exercice de réappropriation du pouvoir!

Le jardinage permet d'ouvrir la porte à la communication en échangeant des trucs et des conseils. Le travail physique apaise l'esprit et le contact avec les plantes diminue le stress. Et puis, la fierté et l'estime de soi que procure l'hortithérapie sont des outils importants pour améliorer la santé mentale.

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Des questions sur votre jardin, des interrogations horticoles? N'hésitez pas à me contacter à lgobeille@ledevoir.com.

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Calendrier


L'agriculture en ville

Ismael Hautecoeur, expert reconnu en agriculture urbaine, vous guidera sur les toits, dans les jardins et les potagers du centre-ville de Montréal et de Villeray. Il vous fera découvrir les jardins communautaires, collectifs ou privés et les différentes approches et techniques de l'agriculture en ville.

Depuis plus de dix ans, il se consacre au développement de l'agriculture urbaine et à sa promotion au Québec, notamment à Montréal. Organisé par le Coeur des sciences de UQAM.

- Circuit centre-ville: 23 août de 12h à 13h30; 30 août de 17h15 à 19h15; 1er septembre de 17h15 à 19h15.

- Circuit Villeray: 25 août de 17h15 à 19h15; 27 août de 10h à 12h; 8 septembre 17h15 à 19h15

- Gratuit. Réservation requise: www.coeurdessciences.uqam.ca.

Le Festival de l'ail

Le Festival de l'ail du marché Sainte-Anne en est à sa 5e année. Ici, l'ail, c'est du sérieux! À Sainte-Anne-de-Bellevue, à l'ouest de Montréal, aujourd'hui 20 août.

L'ail est récolté et c'est l'occasion d'une grande célébration annuelle où dégustations et partages d'informations sur l'ail sont à l'honneur.

Cette année: le défi du meilleur dessert à l'ail et un concours pour le plus bel ail! En vente: de l'ail à toutes les sauces. Les producteurs locaux seront présents avec plus d'une dizaine de variétés d'ail biologique.

Conseils horticoles

Division de l'Iris germanica, ou iris barbu

Les rhizomes de l'Iris germanica se ramifient à plusieurs reprises au fil des ans et finissent par faire un enchevêtrement de vieux rhizomes sans feuilles. On recommande de les diviser tous les trois ou quatre ans, entre la mi-juillet et la fin d'août.

Au moment de la division, on inspecte les rhizomes dans le but d'éliminer toutes les parties infestées par les larves du perceur de l'iris ou atteintes de pourriture.

On rabat le feuillage de moitié, et, à l'aide d'une bêche, on retire la plante tout en conservant le maximum de racines. On tranche les rhizomes en plusieurs sections avec un couteau bien affûté. On conserve au moins une touffe de feuilles par section. On plante les rhizomes à l'horizontale, légèrement enfouis sous la surface du sol. Le point de jonction entre le rhizome et la touffe de feuilles ne doit pas être enfoui sous la surface du sol. On tasse la terre autour des racines et on arrose.
1 commentaire
  • Daniel Bérubé - Abonné 21 août 2011 13 h 07

    Idée très intéressante...

    La nature a encore un paquet de chose a faire découvrir a l'homme, mais ce dernier croit beaucoup plus en son savoir qu'en la nature, qu'il considère dans son ensemble, que comme étant le simple fruit du hasard...

    Pour un grand nombre de personne, par exemple, la vitamine C chimique ou synthétique est de beaucoup meilleure et efficace que celle que l'on retrouve dans des choses comme... ce qu'on appelle fruits et|ou légumes... tout comme il y a quelques années, le lait en canne pour bébé était vu comme de beaucoup supérieur au lait maternel...

    Où il y a l'homme, il y a hommerie... et nous ne faisons que commencer a découvrir la puissance du marketing et de la publicité.