Le nouveau jardin de la Maison Saint-Gabriel - Histoires de métayères

La Maison Saint-Gabriel a été acquise en 1668 par Marguerite Bourgeoys pour y accueillir les Filles du Roy.<br />
Photo: Photo Guzzo - Maison saint-Gabriel La Maison Saint-Gabriel a été acquise en 1668 par Marguerite Bourgeoys pour y accueillir les Filles du Roy.

Situées à Pointe-Saint-Charles, la Maison Saint-Gabriel et sa grange de pierre ont été désignées monuments et sites historiques au Québec, ainsi que lieux historiques nationaux au Canada. Acquise par Marguerite Bourgeoys en 1668 pour y accueillir les Filles du Roy, elle reste pendant trois siècles au cœur des activités agricoles et éducatives de la Congrégation de Notre-Dame.

L'automne dernier, la Maison a inauguré un nouvel espace vert, Le jardin des Métayères. Cet aménagement, au concept intelligent et fort bien réussi, transporte les visiteurs à travers les 300 ans d'histoire de la métairie. Il a été réalisé pour rendre hommage aux femmes qui, de 1668 à 1955, ont dirigé la ferme de la Congrégation de Notre-Dame.

D'entrée, on se retrouve au XXe siècle, avec des plantations de bettes à carde colorées représentant la période maraîchère, le morcellement des terres et l'urbanisation.

Puis, on traverse une étendue de graminées légères et ondulantes, constituée de Descampsia caespitosa et d'Hystris patula, à l'image des nombreux champs de céréales de la métairie au XVIIe et au XVIIIe siècle. On poursuit la traversée du XVIIe siècle où, pour représenter le défrichement des terres et le boisé — l'écosystème d'origine —, on a agencé des plantes indigènes telles que le gingembre, le polygonum, l'osmonde, etc.

On poursuit sur un petit chemin, nommé l'allée des Métayères. Chaque dalle du sentier correspond à l'une des 86 métayères qui ont dirigé la ferme et qui ont souhaité transmettre l'histoire du lieu aux générations futures.

L'allée est bordée d'hémérocalles «Les Métayères», un hybride créé pour l'occasion par l'entreprise horticole les Hémérocalles de l'Isle de Bécancour. L'aménagement a été conçu par deux architectes du paysage, Chantal Prudhomme et Jean-François Veilleux, de l'entreprise ProjetPaysage.

Par ailleurs, plusieurs oeuvres d'art contemporaines, mais relatant le passé, ont été magnifiquement intégrées dans le jardin. Elles ont été conçues par la firme Gsmprict et ont été réalisées par Jardin/Ex.

À l'extrémité sud de l'allée des Métayères s'érigera le nouveau pavillon d'accueil Catherine Crolo, nommé en hommage à la première métayère de la ferme, qui ouvrira ses portes le 15 août prochain.

Dès ses débuts, Catherine Crolo se consacre au défrichement et à la mise en culture des terres. En 1668, elle s'installe à la Maison Saint-Gabriel, nouvellement acquise. Cette grande ferme devient alors le noyau central de la Congrégation de Notre-Dame. En 1731, elle atteint sa superficie maximum, c'est-à-dire 212 arpents. Au début du XIXe siècle, avec les travaux du canal de Lachine et le développement de l'industrie, l'urbanisation gagne la ferme, qui se morcelle graduellement. Devenue essentiellement maraîchère, elle met fin à ses activités en 1964.

Le pavillon Catherine Crolo abrite le restaurant baptisé le Réfectoire, ainsi que la boutique La Tisanerie. À l'entrée, un impressionnant vitrail évoquant le travail de la terre a été élaboré.

Jardin de la Métairie

Lors de la visite, on emprunte le jardin de la Métairie, créé en 2002. Ce chemin nous emmène dans un jardin potager du XVIIe siècle, composé de plantes odorantes et médicinales. Les guides en costume d'époque vous feront découvrir, sentir et déguster ce jardin jusqu'à la fin août. D'excellentes conférences horticoles y ont lieu durant l'été. Pour terminer en beauté, on sillonne les sentiers de la poésie dans le sous-bois et on prend un moment pour contempler la nature.

Une des raisons qui rend ce lieu magnifique est la présence d'arbres centenaires, plantés par S.S.-Euthyme. Les saules gigantesques devant l'étable de pierre, entre autres, rendent le décor majestueux. On entre dans le site comme dans une oasis de verdure et de paix.

Signalons que, le 7 juin dernier, la directrice générale de la Maison Saint-Gabriel, Madeleine Juneau, a reçu la médaille de l'Assemblée nationale du Québec honorant son dynamisme.
  • La Maison Saint-Gabriel est située au 2146, place Dublin, à Pointe-Saint-Charles, Montréal, près du métro Charlevoix. Le musée est fermé le lundi.

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Alerte agrile du frêne à Montréal

À la fin du mois de juillet, la Ville de Montréal, en collaboration avec l'Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA), a détecté pour la première fois la présence de l'agrile du frêne à Montréal. On a dépisté l'insecte près des installations portuaires dans l'arrondissement de Mercier-Hochelaga-Maisonneuve. L'agrile du frêne provient d'Asie. On l'a détecté pour la première fois en Amérique du Nord en 2002, à Windsor en Ontario. L'adulte est vert métallique, sa longueur va de 7 et 14 mm, et sa largeur, de 5 et 7 mm. Les larves creusent des galeries sous l'écorce, ce qui entraîne le dépérissement de l'arbre et, au bout du compte, sa mort.

Ce ravageur exotique s'attaque uniquement aux frênes. Il a déjà causé d'importants dommages à la forêt urbaine de plusieurs grandes villes canadiennes et américaines, ainsi qu'aux frênes en milieu rural et dans les boisés de fermes.

La Ville de Montréal est sur le qui-vive depuis quelques années, car sa forêt urbaine compte 45 000 frênes, soit 20 % des arbres de rue. À titre de prévention, un programme de dépistage avait été mis en place. C'est l'installation de pièges à différents endroits sur le territoire qui a permis de détecter la présence de l'insecte.

L'administration municipale collabore avec l'ACIA et prend les mesures nécessaires, afin de ralentir la prolifération de l'insecte à l'échelle de la métropole. Le patrimoine arboricole montréalais représente une richesse inestimable, et l'on souhaite que la Ville fasse tout ce qui est en son pouvoir pour le préserver.

Les citoyens de Montréal peuvent apporter leur contribution en signalant les frênes montrant des signes de dépérissement avancé dans leur voisinage. Contacter la Ville en composant le 311.

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Des questions sur votre jardin, des interrogations horticoles? N'hésitez pas

à me contacter à lgobeille@ledevoir.com
1 commentaire
  • camelot - Inscrit 13 août 2011 14 h 05

    Belle initiative

    Que ce jardin. Va-t-on y recréer un potager du XVIIe siècle ? Marguerite Bourgeois a laissé de longues listes des légumes et herbes cultivées à l'époque.

    Connue des Grecs, la bette-à-carde, dite aussi poirée, carde poirée, ou encore chez Olivier De Serres, bette, carde et réparée, était présente en Nouvelle-France.