Nos ennemis les ravageurs

Malgré ce que son nom indique, le charançon noir de la vigne se nourrit d’une diversité de plantes: vigne, fraisier, rhododendrons, thuyas, vivaces, etc.<br />
Photo: Source Réseau avertissement phytosanitaire Malgré ce que son nom indique, le charançon noir de la vigne se nourrit d’une diversité de plantes: vigne, fraisier, rhododendrons, thuyas, vivaces, etc.

Les ravageurs causent parfois bien des soucis dans le jardin. Pour éviter de se retrouver face à une infestation, il faut faire régulièrement du dépistage. Effectuer une tournée, une fois par semaine, évite d'être dépassé par la situation. Il faut savoir les reconnaître, ainsi que leurs symptômes, afin de réagir à temps. De même, une fois l'insecte identifié, il faut intervenir avec le produit adéquat, à la fréquence recommandée, etc. Cependant, il faut aussi être tolérant et se fixer un seuil d'acceptabilité, car le contrôle total est impossible!

Les limaces et les escargots

Les limaces et les escargots sont des mollusques qui se nourrissent du feuillage des plantes ornementales et potagères. Ils vivent dans les endroits humides et sont particulièrement abondants par temps pluvieux. On reconnaît leur présence par des trous dans le feuillage et la présence de traînées visqueuses brillantes laissées sur leur passage. En prévention, on répand des écailles d'oeufs autour de leurs plants favoris ou on saupoudre ceux-ci de poivre de Cayenne. Le dernier traitement est à répéter après une pluie. Pour diminuer les populations, on remplit des soucoupes de bière que l'on dispose près des plantes les plus vulnérables. Très efficace! On doit répéter le traitement régulièrement. Sur le marché, des produits à base de phosphate de fer sont disponibles et ils fonctionnent bien. Dans le cas d'infestation importante, il est recommandé de retirer le paillis autour des plantes, car il devient un foyer d'infestation.

Charançon noir de la vigne

Le charançon noir de la vigne ou Otiorhyncus sulcatus se nourrit d'un grand nombre d'espèces végétales: vigne, fraisier, rhododendrons, thuyas, vivaces, etc. Sa présence est reconnaissable par des encoches caractéristiques en forme de C ou de D sur le pourtour des feuilles. Mais attention: ces symptômes peuvent être confondus avec ceux de l'abeille découpeuse de feuille, la mégachile. Ce coléoptère mesure 1 cm et sa deuxième paire d'ailes, ou élytre, est noire et bosselée. Cet insecte ne vole pas, mais il est un vigoureux marcheur. Les adultes qui dévorent le feuillage sont actifs la nuit de la mi-juin à la mi-septembre. C'est la période idéale pour les capturer, et chaque adulte attrapé représente 500 oeufs de moins dans le jardin. Car si les dégâts causés par l'adulte sont surtout d'ordre esthétique, ceux des larves peuvent être importants. Elles se nourrissent des racines et les plants endommagés deviennent moins vigoureux et peuvent même périr. Pour capturer les adultes, le responsable de la phytoprotection au Jardin botanique de Montréal, Régent Harvey, enfouit au ras du sol, à proximité des plants affectés, des contenants de plastique profonds. On recommande les nématodes, Heterorhabditis bacteriophora, pour le contrôle des larves. L'application se réalise au printemps. Afin d'éviter d'introduire ce ravageur chez soi, lors de l'achat de plants, il faut bien examiner le feuillage à la recherche d'encoche.

Cochenilles à carapace

Les cochenilles à carapace, Pulvinaria, Parthenolecanium, Eupulvinaria, etc., s'attaquent à plusieurs espèces d'arbres et d'arbustes: cèdre, fusain, lilas, magnolia et pin, entre autres. Ce sont des insectes piqueurs-suceurs non mobiles qui se nourrissent de la sève et affaiblissent ainsi les végétaux. De plus, ils produisent du miellat, une substance sucrée et collante. Cette substance favorise le développement d'un champignon noir, la fumagine, qui réduit la photosynthèse en recouvrant les feuilles. Les cochenilles se logent sur les feuilles, les branches, les jeunes pousses et le tronc. Le corps des femelles est couvert d'une carapace protectrice brune, noire ou grise. Après l'éclosion des oeufs, les jeunes larves sont mobiles pendant 48 heures et quittent le bouclier protecteur pour aller coloniser de nouveaux territoires. À ce stade, les pesticides sont efficaces, car l'insecte n'a pas encore sa carapace. On recommande le End-All, un produit à base de pyréthrine. Ensuite, on élimine les parties fortement infestées, en prenant soin de stériliser les outils. Puis, on frotte les feuilles et les jeunes rameaux avec une brosse à dents douce et de l'eau savonneuse pour décoller les adultes encore présents.

Certains ravageurs se contrôlent très facilement. Parfois, il ne semble pas y avoir de solution. Dans ces cas, il est à souhaiter que la recherche y apporte une réponse rapidement.

Regard artistique sur les plantes du Québec

L'exposition REGARDS CROISÉS sur les plantes du Québec explore le regard de l'artiste et des scientifiques sur la nature. Une quarantaine d'oeuvres d'Hélène Richard sont présentées, ainsi que les outils utilisés par l'artiste et les chercheurs dans leur démarche professionnelle.

Née à Québec en 1937, Hélène Richard a commencé sa formation artistique à l'École des beaux-arts de Québec, qui s'est poursuivie en long séjour aux États-Unis, en France et en fréquents stages à Montréal et à Toronto.

Ces oeuvres magnifiques sont les fruits d'une longue pratique du dessin, de l'estampe et de la peinture. Hélène Richard transforme les plantes indigènes en oeuvres lumineuses, fascinantes, aux surfaces texturées. Il ne s'agit pas d'illustrations botaniques dans le sens scientifique du terme, mais chaque plante est représentée avec une rigoureuse précision. À travers le processus de création, on perçoit l'intégration des diverses techniques acquises par l'artiste au fil des ans. Elle commence par des croquis minutieux de fleur in situ, lors de ses pèlerinages à vélo. Puis elle prépare le support pour son oeuvre à partir d'anciennes estampes qu'elle déchire et fait tremper. Elle les passe au mélangeur et la pulpe est étendue sur un treillis pour obtenir un papier texturé. Ensuite, elle réalise des empreintes sur ce papier à partir d'instruments variés: bloc de bois, couvercle, sceau chinois, etc. Ce support façonné est marouflé sur une grande feuille. Ensuite, elle dessine les différentes composantes de la plante: système radiculaire, tige, feuille, fleur, etc. Comme pour un dessin botanique, ces éléments sont regroupés sur une même planche autour d'un dessin central. Puis vient l'application des couleurs, d'abord l'acrylique, puis l'huile, qui est essuyée et grattée pour donner les nuances désirées. Finalement, l'artiste grave des informations botaniques extraites de La Flore laurentienne de Marie-Victorin, complétant ainsi admirablement son oeuvre. Cette exposition a lieu jusqu'au 31 octobre dans la grande salle vitrée du Centre sur la biodiversité, située au Jardin botanique de Montréal. Hélène Richard, une femme passionnante, rencontre les visiteurs pour expliquer sa démarche de création le 24 juillet ainsi que les 10 et 28 août, de 14h à 16h. Un livre d'art, L'Herbier pictural de fleurs sauvages du Québec, a été réalisé à partir de ces oeuvres. On peut ainsi apprécier son grand talent et découvrir notre flore bien installé au jardin!

Ces oeuvres magnifiques sont les fruits d'une longue pratique du dessin, de l'estampe et de la peinture. Hélène Richard transforme les plantes indigènes en oeuvres lumineuses, fascinantes, aux surfaces texturées. Il ne s'agit pas d'illustrations botaniques dans le sens scientifique du terme, mais chaque plante est représentée avec une rigoureuse précision. À travers le processus de création, on perçoit l'intégration des diverses techniques acquises par l'artiste au fil des ans. Elle commence par des croquis minutieux de fleur in situ, lors de ses pèlerinages à vélo. Puis elle prépare le support pour son oeuvre à partir d'anciennes estampes qu'elle déchire et fait tremper. Elle les passe au mélangeur et la pulpe est étendue sur un treillis pour obtenir un papier texturé. Ensuite, elle réalise des empreintes sur ce papier à partir d'instruments variés: bloc de bois, couvercle, sceau chinois, etc. Ce support façonné est marouflé sur une grande feuille. Ensuite, elle dessine les différentes composantes de la plante: système radiculaire, tige, feuille, fleur, etc. Comme pour un dessin botanique, ces éléments sont regroupés sur une même planche autour d'un dessin central. Puis vient l'application des couleurs, d'abord l'acrylique, puis l'huile, qui est essuyée et grattée pour donner les nuances désirées. Finalement, l'artiste grave des informations botaniques extraites de La Flore laurentienne de Marie-Victorin, complétant ainsi admirablement son oeuvre. Cette exposition a lieu jusqu'au 31 octobre dans la grande salle vitrée du Centre sur la biodiversité, située au Jardin botanique de Montréal. Hélène Richard, une femme passionnante, rencontre les visiteurs pour expliquer sa démarche de création le 24 juillet ainsi que les 10 et 28 août, de 14h à 16h. Un livre d'art, L'Herbier pictural de fleurs sauvages du Québec, a été réalisé à partir de ces oeuvres. On peut ainsi apprécier son grand talent et découvrir notre flore bien installé au jardin!

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Si vous avez des questions, n'hésitez pas à m'écrire à lgobeille@ledevoir.com

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Événement

Le Lavandou vous convie, ce samedi 23 juillet, à deux démonstrations d'extraction d'huile essentielle, soit une à 13h et l'autre à 15h. Premier champ de lavande au Québec, il compte maintenant près de 35 000 plants. Sur place, on visite la galerie d'art et la boutique de produits à base de lavande. Cette entreprise artisanale est située dans la municipalité de Franklin, en Montérégie, à 45 minutes de Montréal.
1 commentaire
  • mustapha amarouche - Inscrit 23 juillet 2011 22 h 54

    Ravageurs, dites-vous?

    Le qualificatif de ravageurs, c’est l’homme cultivateur qui l’a donné à ces insectes. Ces bestioles ne cherchent qu’à se nourrir et se trouvent, à leur corps défendant, en compétition avec leur ennemi le plus déterminé et le plus mortel : l’homme. Avant d’être nôtres, les prairies, les champs et les broussailles étaient d’abord à eux
    Les insectes ont droit à la vie. Les présenter juste comme des ennemis à éliminer fait l’impasse sur leur grand rôle dans la stabilité des écosystèmes dans lesquels tout est si imbriqué que l’absence d’une seule espèce peut causer des déséquilibres importants. Un champ sans insectes est un espace mort. Pour réduire les infestations des cultures, chose nécessaire parfois, il vaut mieux privilégier la lutte biologique, à l’aide de prédateurs naturels. Cela permet de préserver la qualité des cultures, de l’environnement et, au final, celle des produits de notre assiette.