Au chevet de son jardin

Une Annus horribilis pour les arbres sensibles à la tavelure: les arbres grandement affectés connaissent une chute de feuilles prématurée et abondante. <br />
Photo: Lise Gobeille Une Annus horribilis pour les arbres sensibles à la tavelure: les arbres grandement affectés connaissent une chute de feuilles prématurée et abondante.

Un jardin sans maladies et sans insectes, ce n'est pas possible. La nature est faite ainsi. On doit être tolérant et savoir intervenir au bon moment quand on peut intervenir, car on n'a pas toujours les moyens de le faire. Dans le cas des maladies fongiques, on traite surtout en prévention; on arrive à contrôler, mais non à éradiquer les maladies. On doit répéter les traitements régulièrement et après chaque pluie. Quand c'est possible, dans le but d'éviter tout ce travail, on choisit des cultivars résistants lors de nos achats.

Tavelure du pommetier, du pommier et du poirier

Une Annus horribilis pour les arbres sensibles à la tavelure. Cette maladie fongique attaque surtout les pommetiers, les pommiers et les poiriers. La contamination débute dès l'apparition des feuilles, lorsque la température oscille entre 15 et 20 °C et que l'humidité est élevée. Les arbres grandement affectés connaissent une chute de feuilles abondante, mais leur vie est rarement en danger. Les débris de végétaux infectés de l'année précédente contribuent à la propagation. En prévention, on ramasse les feuilles et les fruits qui tombent et on les envoie au compostage industriel. On peut traiter avec de la chaux soufrée, de la prêle ou du lait.

Tache goudronneuse sur l'érable

À ce temps-ci de l'année apparaissent sur les feuilles de certains érables des taches noires impressionnantes. Cette maladie fongique se nomme «tache goudronneuse de l'érable»; elle est favorisée par un printemps pluvieux. Une infection sévère peut provoquer une chute prématurée du feuillage. Les dommages sont surtout d'ordre esthétique et mettent rarement la vie des arbres en danger. Pour augmenter la résistance des arbres, on amende le sol avec du compost et on arrose en période de sécheresse. On taille la ramure des arbres denses pour favoriser l'aération. On ramasse les feuilles infectées et on les envoie au compostage industriel. La température des composteurs domestiques n'est pas assez élevée pour éliminer ces champignons.

Rouille du rosier

La rouille du rosier cause une chute prématurée du feuillage. On reconnaît cette maladie fongique par la formation de pustules poudreuses et orangées sous le feuillage ou bien d'auréoles rougeâtres sur le dessus. Le meilleur contrôle demeure l'élimination à la main des feuilles contaminées.

Oïdium ou blanc

L'oïdium est apparu sur certains végétaux au cours des dernières semaines. Cette maladie se développe en présence d'une humidité élevée de 70 % et plus et d'une température au-dessus de 15 °C. Les parties végétales atteintes se couvrent rapidement d'un feutrage blanc d'aspect farineux. On contrôle la maladie avec du bicarbonate de soude, de la prêle ou du soufre.

Mildiou

Jusqu'à maintenant, le mildiou a été peu présent, mais il peut causer rapidement des dommages sévères. Il se développe en présence d'eau, d'une humidité relative élevée et à une température optimum de 18 °C. Il forme des taches à la surface des feuilles et couvre le dessous d'un duvet blanc. On élimine les parties infectées. On utilise les mêmes traitements que pour l'oïdium.

Maladies bactériennes

Les maladies bactériennes sont apparues dernièrement en Montérégie et dans la région de Montréal sur les tomates et les piments. Les symptômes sont visibles sur les feuilles, mais des symptômes sur les tiges, sur les boutons floraux et sur les sépales sont également observés. Ceci s'explique par les températures chaudes et les épisodes orageux qui s'abattent périodiquement sur ces régions depuis les dernières semaines.

Les dommages causés par ces maladies vont des taches peu accentuées sur le feuillage à la défoliation presque totale du plant. Les fruits peuvent aussi présenter des lésions. On élimine le feuillage affecté et on traite avec de la bouillie bordelaise.

Recette de fongicides maison

Solution à base de bicarbonate de soude: de 15 à 45 g (1 à 3 c. à soupe) de bicarbonate de soude (Petite Vache), 4 litres d'eau et de 30 à 45 ml (1 à 3 c. à soupe) de savon liquide ou d'huile horticole. Cette solution agit en modifiant le pH à la surface de la feuille. On applique la solution avant ou dès l'apparition des symptômes. On répète tous les 7 à 10 jours selon la température et on s'assure de bien couvrir les deux côtés du feuillage.

Décoction de prêle: 100 g de prêles séchées dans 1 litre d'eau. On laisse macérer les prêles dans l'eau pendant quelques heures, puis on amène à ébullition et on laisse frémir une heure. On laisse refroidir et on filtre. On dilue une partie de la macération avec cinq parties d'eau. On répète tous les 5 à 7 jours.

On élimine l'herbe aux poux!

Au Québec, le pollen de l'herbe aux poux, ou Ambrosia artemisiifolia L., provoque des allergies chez une personne sur six, ce qui représente plus d'un million de personnes. À l'échelle du Québec, les coûts de santé annuels liés à l'herbe aux poux sont estimés à quelque 50 millions de dollars.

On reconnaît cette plante annuelle très répandue par son feuillage dentelé semblable à celui de la carotte. Pour contrôler de petites colonies d'herbe aux poux, la méthode la plus efficace est l'arrachage. Sur de grandes surfaces, on la coupe à deux reprises au cours de l'été, à la mi-juillet et à la mi-août. On réduit ainsi de neuf fois la production de pollen et de près de cinq fois la production de graines, selon une étude récente. L'herbe aux poux est présente de façon importante dans le sud du Québec, dans les régions de l'Outaouais, de Montréal et de la Montérégie. Mais elle s'étend vers de nouveaux territoires en raison du réchauffement climatique. Pour les mêmes raisons, la période de pollinisation est passée de 40 à 68 jours et pourrait s'allonger au cours des prochaines années.

Les plants d'herbe aux poux poussent dans les lieux où le sol est perturbé ou dénudé, ou encore dans les espaces où d'autres plantes ont de la difficulté à pousser, aux abords des chemins de fer, des routes, des pistes cyclables ou des lots vacants.

Si vous avez des questions, n'hésitez pas à m'écrire à lgobeille@ledevoir.com

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Livre

Le Guide complet des pesticides à faible impact et autres solutions naturelles
Micheline Lévesque, biologiste et agronome
214 pages, 24,95 $

La référence pour la lutte naturelle contre les ravageurs et les maladies, ce livre est une source d'information impressionnante. On y trouve la liste des insecticides, des fongicides et des herbicides permis, des recettes maison, des tableaux faciles à consulter, etc.

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Calendrier
Discussions au jardin

Pour les passionnés du jardinage et de l'horticulture, les dimanches à midi jusqu'au 25 septembre, la Maison Saint-Gabriel présente des conférences horticoles de 50 minutes au jardin de la Métairie.

À venir:

- Le dimanche 17 juillet: «Fraises des champs ou fraises des jardins» - Dégustation. Avec Rita-Lise Bergevin, horticultrice.

- Le dimanche 24 juillet: «Les plantes indigènes en péril». Avec Michel Durand, horticulteur abénaquis d'Odanak.

Informations: 2146, place Dublin, Pointe-Saint-Charles à Montréal. Métro Charlevoix - autobus 57 Est. Droits d'entrée: 12 $ et 8 $ pour les Amis du musée. www.maisonsaint-gabriel.qc.ca.

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Collaboratrice du Devoir