Profession: spécialiste des fougères au Québec

La Gymnocarpium dryopteris tolère les sols secs, rocheux et sablonneux et croît bien sous les conifères. <br />
Photo: Adamo Sénécal La Gymnocarpium dryopteris tolère les sols secs, rocheux et sablonneux et croît bien sous les conifères.
Dynamique, sympathique et ingénieux, le propriétaire de Fougères boréales, Adamo Sénécal, a une formation en conservation de la faune et un diplôme d'études professionnelles à l'école d'horticulture de Laval.

Propagation

Les fougères sont des plantes de la préhistoire et ne produisent pas de graines pour se multiplier, mais des spores. Les semis de spores donnent naissance aux prothalles qui, eux, une fois fécondés, produisent les jeunes plants de fougère. Cette étape, qui demande de la minutie, doit être réalisée dans des conditions stériles et contrôlées. Chez Fougères boréales, on propage les plantes sur place, dans un laboratoire maison.

Voici quelques renseignements sur les fougères, selon Adamo Sénécal.

- La lumière: on associe les fougères aux sous-bois sombres et humides, mais plusieurs espèces proviennent de milieux partiellement ensoleillés ou ensoleillés. Adamo indique que les trois quarts d'entre elles tolèrent facilement quatre heures de soleil direct par jour.

- Le sol doit être meuble et léger, on doit pouvoir y faire pénétrer un crayon assez facilement. On l'amende avant la plantation avec 50 % de compost et 50 % de mousse de tourbe. Le compost augmente le pourcentage de matières organiques, tandis que la mousse de tourbe acidifie le sol; les deux aident en outre à maintenir l'humidité.

- L'arrosage: les fougères préfèrent un sol humide, sans être détrempé; en creusant, si on sent de l'humidité à 5 cm de profondeur, l'arrosage peut attendre.

- Un amendement régulier de compost et de mousse de tourbe suffit pour obtenir une bonne croissance; aucune fertilisation particulière n'est recommandée.

- En période chaude et sèche, la croissance stagne pour repartir dès la fraîcheur revenue.

Trois coups de coeur chez Fougères boréales

- Adiantum pedatum «Miss Sharples»: la plante à l'origine de ce cultivar a été donnée il y a plusieurs années par Miss Sharples au pépiniériste anglais Reginald Kaye. Marie-Victorin a dit du capillaire du Canada que c'est la plus belle fougère de nos forêts. Il s'agit d'une des premières plantes de l'Amérique à avoir été décrites. Le cultivar «Miss Sharples» est légèrement plus compact et atteint de 30 à 45 cm de hauteur. Son feuillage est plus pâle, dans les tons de chartreuse, et a la forme d'un parapluie. Chaque feuille est plus large. Il aime un sol humifère, se cultive à l'ombre ou à la mi-ombre et est rustique jusqu'en zone 3. Cette fougère au feuillage délicat et au port aérien est sans contredit charmante.

- Gymnocarpium dryopteris, ou fougère du chêne: il s'agit d'une petite fougère du Québec de 15 cm de haut. Malgré son nom, cette fougère n'a aucune préférence pour les chênes. On la retrouve plutôt au Québec dans les forêts de conifères. Son feuillage est ramifié, horizontal et fin comme de la dentelle. La pureté de ses colonies est remarquable. Elle forme un excellent couvre-sol à l'ombre ou à la mi-ombre. Elle tolère les sols secs, rocheux et sablonneux et croît bien sous les conifères, deux caractéristiques intéressantes et recherchées en aménagement. Elle se cultive jusqu'en zone 3.

- Thelypteris phegopteris, ou dryoptéride du hêtre: c'est une fougère indigène au port compact atteignant de 20 à 30 cm. Malgré son nom, cette fougère n'a aucune préférence non plus pour les hêtres. On la retrouve ici dans les forêts de conifères. Son feuillage est de texture fine et sa couleur lime est contrastante. Elle pousse aussi bien en sol sec qu'en sol humide et se cultive à l'ombre comme au soleil. Sa croissance est rapide et elle forme un tapis au feuillage dense. Sa polyvalence quant aux conditions de culture et sa capacité à faire un excellent couvre-sol sont deux atouts. D'ailleurs, elle remplace fort bien la pelouse là où il n'y a pas de piétinement. Elle est rustique jusqu'en zone 3.

Fougères boréales vend jusqu'à 40 000 plants par année qui sont produits sur une surface de serre de 3000 mètres carrés. Les plantes sont évaluées en plates-bandes pendant deux à trois ans pour observer leurs caractéristiques — rusticité, résistance à la sécheresse, aux maladies, etc. — avant d'être sélectionnées pour la propagation. Elles arrivent sur le marché après quatre ans en production, bien enracinées et vigoureuses.

Les plantes sont distribuées dans quatre jardineries: Pépinière Jasmin à Saint-Laurent, Levert Paysage à Mont-Tremblant, Centre Brossard à Brossard et Pépinière Jardin 2000 à Sainte-Julie. On les identifie facilement grâce à l'étiquette de l'entreprise. Fougères boréales ne vend pas sur place à Sainte-Sophie, sauf lors des portes ouvertes en juin ou pour les gens qui ont un projet d'envergure. Le site Internet permet de découvrir les différentes espèces disponibles, donne de l'information sur chacune d'elles, sur les espèces propices à la naturalisation, etc.

Pour mieux faire connaître les fougères, Adamo Sénécal donne des conférences dans les sociétés d'horticulture. Surveillez le calendrier sur son site Internet, www.fougeresboreales.com. Le 11 septembre, il sera à la Maison Saint-Gabriel, à Pointe-Saint-Charles, où il présentera une conférence sur les fougères et les jardins d'ombre.

Des vendeurs peu scrupuleux offrent sur le marché de grosses fougères récoltées dans la nature, à des prix dérisoires. Cette pratique met en péril les populations en forêt. De plus, une plante mature déracinée s'implante difficilement. On opte pour des plants produits en entreprise qui, de toute façon, donnent de meilleurs résultats.

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Si vous avez des questions, n'hésitez pas à m'écrire à lgobeille@ledevoir.com

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Conseils de la semaine

Au jardin

Coupez les fleurs fanées des rosiers hybrides de thé, floribundas et multifloras, au niveau d'une feuille à cinq folioles. On stimule ainsi la nouvelle floraison.

Taillez les arbustes feuillus dont la floraison est terminée.

Tuteurez les vivaces susceptibles de s'affaisser.

Au potager

Inspectez vos plants de pommes de terre pour l'adulte du doryphore et ses oeufs. Le meilleur moyen de contrôle est la récolte manuelle.

Lorsque les cucurbitacées atteignent plus de cinq feuilles, il n'est plus nécessaire de les protéger contre la chrysomèle rayée du concombre. Celle-ci devient moins problématique car les plants sont plus vigoureux et moins sensibles au flétrissement bactérien. Avant ce stade, on couvre nos plants avec de l'agrotextile ou un voile plein jour.

Calendrier

Expobonsaï 2011, les 9 et 10 juillet, de 10h à 18h, Pépinière Bonsaï Gros-Bec, 40, rue Imbeault, Saint-Alphonse-Rodriguez, dans Lanaudière. Organisée par la Société de bonsaï et de penjing du Québec. Dans un cadre japonais authentique, l'événement accueille une dizaine de penjing de la collection du Jardin botanique de Montréal, ainsi que les plus beaux arbres des membres de la SBPQ.

Expérience Hémérocallissimo, le 9 juillet, Fleurs et Délices, 1575, chemin Comtois, à Terrebonne. À seulement 20 minutes de Montréal, vous vivrez une expérience gustative différente. Fleurs comestibles et herbes aromatiques oubliées sont au rendez-vous.