Pelouse et écopelouse

Notre conception de la pelouse a beaucoup évolué au cours des 10 dernières années. De la pelouse parfaite, on est passé graduellement à la pelouse écologique. Le Code de gestion des pesticides en vigueur depuis 2003 a donné un coup de pouce aux changements de mentalité.

Une pelouse écologique est composée majoritairement de graminées et d'un faible pourcentage de plantes à feuilles larges.

Sa diversité végétale la rend plus résistante aux maladies et aux insectes et elle nécessite moins d'eau et de fertilisants. Son apparence n'est pas toujours parfaite, mais elle remplit fort bien ses fonctions utilitaires.

Implantation ou rénovation

Pour réussir l'implantation d'une pelouse, il faut prendre le temps d'analyser les conditions du terrain. On prendra des décisions judicieuses en observant les caractéristiques du sol, ainsi que l'inclinaison et l'ensoleillement du terrain. Une bonne préparation du sol est essentielle, elle permet une implantation vigoureuse de la pelouse et évite bien des problèmes difficiles à corriger par la suite.

L'ensemencement se fait en période fraîche et humide, de mai jusqu'à la mi-juin et du début d'août jusqu'à la mi-septembre. On choisit des mélanges écopelouses qui demandent moins d'entretien et qui sont plus résistants. La vie en vert a testé l'année dernière quatre types de mélange, dont trois écologiques, dont les résultats et les coûts sont disponibles sur le site http://vieenvert.telequebec.tv/occurrence.aspx?id=518.

L'engazonnement avec des rouleaux se pratique en tout temps mais exige des arrosages abondants en périodes de canicule. Les rouleaux de gazon sont constitués essentiellement de pâturin des prés; on accroît la diversité végétale en sursemant par exemple avec du trèfle blanc et du lotier.

Aération et terreautage

L'aération et le terreautage sont pratiqués en particulier sur les terrains compactés. On passe un aérateur mécanique quand le sol est légèrement humide. Après l'aération, on terreaute en épandant une mince couche de compost, de terre à jardin ou de mousse de tourbe que l'on étend à l'aide d'un râteau. On réalise ces travaux au printemps et à l'automne.

Fertilisation

La fertilisation n'est pas essentielle pour obtenir une belle pelouse. Si elle est implantée sur un sol fertile de 12 à 15 cm d'épaisseur, elle n'aura pas besoin d'être fertilisée. Par contre, si le sol est inadéquat, le terreautage et des engrais organiques ou chimiques peuvent améliorer sa vigueur.

On fertilise principalement au printemps et à l'automne, quand les plantes sont en croissance. On applique des engrais plus concentrés en azote au printemps et des engrais plus concentrés en potassium à l'automne.

Les engrais concentrés en phosphore sont à éviter, sauf lors de l'implantation. Les sols du Québec en contiennent suffisamment. Bien important: on ne fertilise pas à moins de 10 à 15 mètres de la bande riveraine, tel que stipulé dans la Politique de la protection des rives. Vérifiez auprès de votre municipalité car certaines ont des réglementations plus sévères. Et on choisit plutôt un engrais à libération lente, pour diminuer les risques de pollution. Le calculateur de fertilisant sur le site de la pelouse durable (www.pelousedurable.com) est un outil facile à utiliser qui évite bien des erreurs.

Herbicyclage

L'herbicyclage consiste à laisser les résidus de tonte sur place. S'il est réalisé en respectant certaines conditions, on verra très peu de résidus sur le gazon. Il faut tondre fréquemment au printemps et à l'automne, quand la pelouse est en croissance active. On tond le tiers de la feuille à la fois. En se décomposant, elle apporte de la matière organique et des éléments nutritifs, dont l'azote et le potassium.

On peut très bien utiliser une tondeuse à gazon ordinaire, à condition que les lames soient bien aiguisées et que la pelouse soit sèche. Il existe aussi des lames déchiqueteuses qu'on peut adapter à notre tondeuse. Simple et facile, l'herbicyclage a des avantages indéniables. Il diminue le temps requis pour la tonte, augmente la vigueur de la pelouse et réduit le volume de déchets.

Hauteur de la tonte


La hauteur de la tonte est plus importante qu'on le croit. Elle favorise le développement des racines en profondeur, augmente la résistance de la pelouse à la sécheresse et réduit les problèmes avec les plantes indésirables, les insectes et les maladies.

Les hauteurs recommandées:

- Au printemps, on tond à 5 cm (2 po).

- À la fin du printemps et durant l'été, on tond entre 8 et 10 cm (3 à 4 po).

- En période de sécheresse, on évite de tondre.

- À l'automne, on tond à 5 cm (2 po).

Pelouse parfaite ?

On s'interroge parfois à la vue de pelouses parfaites, sans mauvaises herbes. Y a-t-il là utilisation de pesticides illégaux? C'est possible, mais les mauvaises herbes ont peut-être été enlevées à la main, ou encore des pesticides à faible pacte ont pu être employés. Par contre, des pissenlits en forme de tire-bouchon ou des feuilles de lilas en forme de coupe sont des symptômes de phytotoxicité liés à l'utilisation de pesticides interdits. Une odeur puissante et persistante est un autre indice.

Si on a des doutes, on contacte rapidement la municipalité, qui enverra un inspecteur spécialisé sur place. En cas de délit, un citoyen peut recevoir une amende de 100 $ à 2000 $ et une entreprise, de 300 $ à 4000 $. En cas d'infestation, on peut obtenir de la municipalité un permis d'application temporaire pour contrôler le problème.

Insectes et maladies

Les vers blancs qui dévorent les racines de la pelouse causent de sérieux problèmes depuis quelques années. Si le gazon s'enlève par plaques lorsqu'on le tire, c'est que les vers blancs sont sûrement présents. Les symptômes apparaissent en mai et en juin, puis en septembre.

Avec une pelouse écologique, les risques d'avoir ces ravageurs sont beaucoup moins élevés. Une stratégie de lutte intégrée est nécessaire pour contrer ce problème. Par mesure préventive, on limite l'éclairage la nuit, en juin et en juillet, pour ne pas attirer les adultes.

S'il faut intervenir, on ramasse les adultes à la main ou on les attire avec une lumière derrière un drap suspendu au-dessus d'un bassin d'eau savonneuse. On rabat les insectes vers le bassin. On utilise un aérateur mécanique pour détruire les larves au sol.

Les nématodes, parasites des vers blancs, sont une stratégie de plus. Lors de cette intervention, on doit suivre scrupuleusement les indications sur l'étiquette. Le meilleur moment pour appliquer les nématodes se situe entre la mi-août et la mi-septembre.

La punaise velue, elle, s'attaque au feuillage. Pour la dépister en juillet et août par temps chaud et sec, on frotte vigoureusement les zones de gazon jaunies. Si on aperçoit des insectes rouges, orangés ou noirs qui se déplacent rapidement, on a trouvé les coupables. On les vaporise de savon insecticide, et ce, sur une surface plus grande que celle endommagée, pour bien contrôler l'insecte.

La plupart des maladies du gazon sont provoquées par des champignons microscopiques. On prend note des symptômes: zones suintantes, décoloration, brunissement, présence de mycélium, etc. Puis on consulte un expert pour avoir un diagnostic et déterminer des moyens de lutte appropriés.

L'écopelouse demande moins d'entretien, a moins d'impact sur l'environnement, augmente la biodiversité et laisse plus de temps pour les loisirs!

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