Problèmes environnementaux? Solutions vertes!

Au parc d’entreprises de la Pointe–Saint-Charles, l’équipe de l’Institut de recherche en biologie végétale  pratique la phytostabilisation sur ce site d’enfouissement de déchets industriels et domestiques.<br />
Photo: A.Voicu. IRBV Au parc d’entreprises de la Pointe–Saint-Charles, l’équipe de l’Institut de recherche en biologie végétale  pratique la phytostabilisation sur ce site d’enfouissement de déchets industriels et domestiques.

Le s  plantes nous rendent de multiples services. On s’en nourrit, on s’en vêtit, on en produit des matériaux de construction... Elles permettent l’aménagement de milieux de vie agréables et sains. Et en plus, on constate maintenant leur potentiel pour régler nos
problèmes environnementaux.

Les phytotechnologies, des solutions vertes à ces problèmes? En février dernier, la Fédération interdisciplinaire de l'horticulture ornementale du Québec (FIHOQ) a tenu un forum sur le thème «Pour l'environnement... pensons au verdissement». Puis le 4 juin, la Société des phytotechnologies du Québec a tenu un colloque sur la phytostabilisation des pentes et la restauration des sites dégradés.

Aux deux événements, on a parlé de l'utilisation des végétaux pour régler des problèmes environnementaux: brise-vent, marais filtrants, végétalisation des berges, décontamination des sites... Les phytotechnologies, c'est un domaine jeune qui a le vent dans les voiles.

Brise-vent, brise-odeur et mur antibruit

Le brise-vent est une technique bien connue pour diminuer la vélocité du vent, mais son utilisation comme brise-odeur est plus récente. Elle permet d'améliorer la qualité de vie des gens qui habitent près d'endroits d'où émanent des odeurs désagréables.

Quant au mur antibruit, c'est une barrière sonore vivante qui consiste en une structure de bois remplie de sol et de boutures de saule. La barrière est à la fois esthétique et écologique tout en atténuant le bruit occasionné par la circulation automobile. Le mur vivant a aussi la propriété d'absorber une grande quantité de CO2, un avantage non négligeable sur le bord des autoroutes. On peut voir un mur antibruit sur un tronçon de l'autoroute 15, à Laval, et sur l'autoroute 25, à la sortie du pont Pie-IX.

Marais filtrants et marais flottants

Les marais filtrants créés par l'homme reproduisent un écosystème naturel, le marais, afin de traiter une large gamme d'eaux usées: domestiques, municipales, agricoles ou industrielles. Les marais sont des usines de transformation et de recyclage de la matière. Ils sont autosuffisants, tirant avantage des interactions entre les plantes, les micro-organismes et le sol. De plus, comparativement aux procédés traditionnels, les marais artificiels ont un faible coût d'installation et d'exploitation et ils s'intègrent bien dans le paysage.

Au Québec, la compagnie HG Environnement, spécialisée dans les technologies des eaux, propose l'installation de marais filtrants pour les eaux usées domestiques. Elle réalise aussi des projets commerciaux: elle a notamment aménagé pour l'auberge Le Baluchon un marais filtrant qui assainit jusqu'à 135 m3 d'eaux usées par jour.

Végétalisation des berges et stabilisation des pentes


Les transformations des bandes riveraines des lacs et des cours d'eau ont entraîné des problèmes d'érosion, de disparition d'habitats fauniques et la prolifération d'algues. La végétalisation de ces bandes est un geste simple et efficace, qui améliore l'environnement et diminue les risques de développement des algues bleu-vert. La FIHOQ a publié un excellent dépliant sur le sujet — «Je protège mon héritage, je végétalise ma bande riveraine!» — et a produit un répertoire de végétaux recommandés pour la végétalisation de ces bandes. Les deux sont disponibles gratuitement sur le site Internet de la Fédération.

Au colloque, Dave Polster, de Polster Environnemental Services Ltd., a présenté sa technique de végétalisation des pentes abruptes afin de régler les problèmes d'érosion et d'éboulement. Actif dans ce domaine depuis plus de 25 ans, il a montré plusieurs projets réalisés au cours des dernières décennies. En bref, il fabrique de basses barrières végétales à l'aide de saules qui retiennent le sol et s'enracinent. Par la suite, d'autres espèces s'implantent et il s'ensuit ainsi une succession végétale naturelle.

Décontamination de sites

On peut améliorer les sites dégradés par des contaminants grâce à la phytoremédiation. On utilise les végétaux et leurs micro-organismes associés pour faire le travail. Selon les contaminants et le mode d'élimination privilégié, on distingue cinq catégories: la phytostabilisation, la phytoextraction, la phytodégradation, la rhizofiltration et la phytovolatilisation.

Généralement, on utilise le saule pour décontaminer, car il se bouture facilement, il croît rapidement et peut être rabattu pour éliminer les parties végétatives renfermant les contaminants.

La phytoremédiation est une jeune science en développement qui offre de nouvelles pistes pour la décontamination. Actuellement, l'équipe de Michel Labrecque, de l'Institut de recherche en biologie végétale (IRBV), a plusieurs projets en cours sur des sites contaminés dans la région de Montréal. L'équipe d'IRBV a reçu une subvention de 7,6 millions de Genome Canada et Génome Québec pour poursuivre sa recherche.

Gestion des eaux pluviales

Les systèmes végétalisés de gestion des eaux pluviales ont comme objectifs de retenir, d'infiltrer et/ou de filtrer l'eau de pluie. Ils permettent de réduire le volume et le débit des eaux de ruissellement. Ils diminuent ainsi les probabilités de surverses et le risque de pollution des cours d'eau. Plusieurs types de système peuvent être aménagés, dont les baissières herbagées ou gazonnées, les bandes filtrantes et les systèmes de biorétention végétalisés.

Un exemple intéressant de système de biorétention végétalisé est l'aménagement du stationnement municipal à Mont-Saint-Hilaire. Des végétaux y ont été plantés en bandes dans lesquelles s'écoulent les eaux de ruissellement. En plus d'être efficace pour infiltrer et filtrer l'eau, ce système améliore la qualité de l'air et diminue la chaleur grâce aux végétaux. Tous ces systèmes ont une valeur écologique et esthétique indéniable et coûtent moins cher à installer que les systèmes traditionnels d'évacuation.

Toitures et murs végétalisés

Les toitures et murs végétalisés accroissent l'isolation thermique et phonique. Ils améliorent la qualité de l'air, diminuent l'eau de ruissellement, augmentent la biodiversité et contribuent à diminuer la température en milieu urbain. Dans les pays au climat tempéré, on peut installer des murs végétalisés complexes et impressionnants. En France, par exemple, Patrick Blanc a réalisé des murs-oeuvres remarquables, entre autres celui du musée du quai Branly à Paris. Au Québec, par contre, à cause du climat, les murs végétalisés sont réalisés à l'aide de plantes grimpantes qui rendent tout de même les murs magnifiquement vivants. Voilà un moyen bien simple d'améliorer son environnement.

Contrôle des îlots de chaleur

Dans un milieu urbain au paysage minéralisé, les îlots de chaleur sont un problème important. Toutes les initiatives de verdissement par les citoyens et les municipalités améliorent grandement la qualité de vie des résidants. Ruelles vertes, devantures aménagées, toits et murs verts peuvent réduire de plusieurs degrés la température d'un quartier, en plus de le rendre agréable.

Des questions sur votre jardin, des interrogations horticoles? N'hésitez pas à contacter Lise Gobeille à l'adresse: lgobeille@ledevoir.com
1 commentaire
  • Laurette Trahan - Inscrite 12 juin 2011 22 h 02

    Les jardins Problèmes environnementaux solutions vertes

    Merci madame
    Votre article est très intéressant
    J'espère que nos gouvernements ont prendront connaissance
    Merci pour votre bon travail.