Jardins - Le bégonia «Dragon Wing», toujours aussi impressionnant

Les pêches «Red Haven», d’Isabelle et de Raymond sont ensachées pour les protéger des ravageurs.<br />
Photo: - Le Devoir Les pêches «Red Haven», d’Isabelle et de Raymond sont ensachées pour les protéger des ravageurs.

Alors apprenti jardinier, j'avais déjà beaucoup d'intérêt pour la culture des bégonias. Il faut dire que le maître nous avait longuement entretenus de l'origine du fabuleux bégonia «Gloire de Lorraine», que j'avais la chance de cultiver dans les serres du Jardin des plantes de Rouen. Il suffisait que le professeur nous parle de contrées lointaines, et le jardinier en herbe que j'étais partait littéralement en voyage. Grâce au Begonia socotrana, j'étais au sud du Yémen. Socotrana, quelle île! Bien que je n'y sois jamais allé, je suivais l'aventurier découvrant ce rare petit bégonia bulbeux B. socotrana, qui, croisé avec le Begonia dregei, une espèce sud-africaine, nous donna en 1892 ce légendaire bégonia «Gloire de Lorraine». Une fois croisé avec d'autres espèces de bégonias tubéreux, les horticulteurs hybrideurs obtiendront les superbes Begonia X Hiemalis, qui fleurissent nos appartements tout l'hiver.

Louis XIV avait chargé Michel Bégon, alors intendant des galères à Marseille, de trouver un savant naturaliste pour un voyage d'exploration aux Amériques. Bégon choisit le botaniste Charles Plumier (1646-1704), et le départ eut lieu en 1689. Plumier s'acquitta fort bien de sa mission, constituant un herbier remarquable. Reconnaissant, Plumier donnera le nom de Begonia à ce genre très présent aux Antilles. Le genre Begonia sera officiellement reconnu en 1700 par Joseph Pitton de Tournefort puis par Carl von Linné en 1753. Comme ce genre est riche de probablement plus de 1000 espèces, les hybrides sont fréquents. L'un d'eux, c'est le fameux «Dragon Wing», pourvu de la vigueur des bégonias canes, hélas si peu cultivés.

Le petit Begonia semperflorens, toujours bien présent dans nos jardins, manquait de hauteur et de panache pour conquérir le marché de plus en plus populaire des vasques. C'est en le croisant avec un bégonia cane brésilien, semble-t-il, le Begonia descoleana, que la grenouille se fit boeuf! «Dragon Wing», ou «Aile de dragon» pour les Français, c'est la plante à utiliser en gros contenants à l'ombre. Je ne saurais m'en passer. Dressé, vigoureux, ramifié, ce qui lui donne un développement important de 45 cm de hauteur et autant en largeur. Les fleurs très nombreuses sont retombantes. De plus, elles sont dites «autonettoyantes», puisque stériles. Elles tombent d'elles-mêmes, donc pas besoin de couper les fleurs fanées pour favoriser cette floraison qui reste continuelle. Mes monstres... je les fertilise chaque semaine à raison de 2 grammes d'engrais par litre d'eau en alternant le 20-20-20 et le 15-30-15.

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L'ensachage, pour l'amour des fruits

Mon grand-père, mon père ensachaient les fruits. L'ensachage des fruits est une méthode ancestrale qui était largement utilisée par les arboriculteurs avant l'arrivée des produits phytosanitaires, car elle permet de récolter des fruits sains, non piqués, non véreux et de belle apparence. Jeune jardinier, j'ai évidemment ensaché les pêches et les poires cultivées en espaliers (en U doubles). Cette technique, hélas quasiment abandonnée par les arboriculteurs en raison du coût de production, reste néanmoins pour l'amateur un moyen efficace de protéger les fruits des nombreux ravageurs (maladies fongiques et insectes...)!

Généralement, on utilise des sacs en papier kraft non blanchi de 16 x 21 cm, que l'on entaille à leur base pour permettre au besoin l'écoulement de l'eau de pluie. Pour l'«attachage», il existe plusieurs méthodes, mais l'élastique est pratique. Afin de gagner du temps, on prépare les sacs à l'aide d'une bouteille de bière en introduisant celle-ci côté goulot vers le fond du sac, puis tranquillement on retire la bouteille. Lorsque le goulot se trouve à 3 cm du bord du sac, on place l'élastique, puis on rabat le papier sur l'élastique. Une fois la bouteille retirée du sac, bien gonflé, le diamètre laissé par l'empreinte du goulot correspond à celui du fruit à insérer. On effectue un éclaircissage en choisissant des fruits sains et on ensache sans attendre lorsque les fruits ont la taille d'une noix du Brésil ou de Grenoble. Simple, n'est-ce pas? Il faut retirer les sacs 15 à 21 jours avant la récolte pour obtenir des fruits parfaitement colorés.

Il y a quelques années, quelle ne fut pas ma surprise lorsqu'un jeune couple d'amateurs avertis passionnés par le jardin fruitier, Isabelle et Raymond, m'invitèrent à une dégustation de pêches «ensachées». Ouvrant la barrière de leur jardin à Longueuil, des centaines de pommes, poires, pêches, prunes et autres étaient ensachées dans de petits sacs en plastique qui miroitaient au soleil. Des fruits parfaits. Je ne vous dis pas combien nous nous sommes régalés avec leurs pêches «Red Haven». Il me faudrait le journal entier pour vous raconter leur passion et les 70 variétés de fruits et de petits fruits que recèle leur jardin en ville!

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La semaine du jardinier

-Samedi 7 août — Saint-Gaétan. Une oasis de fraîcheur au centre-ville, les jardins des Religieuses hospitalières de Saint-Joseph, à ne pas manquer pour les amateurs de nature, de jardins et d'histoire. Dates des visites: 15 et 29 août, et 12 et 19 septembre. L'activité débute à 13h30 et le point de rencontre est au Musée des hospitalières de l'Hôtel-Dieu de Montréal. Réservations requises. 514 849-2919. Le coût est de 10 $.

-Dimanche 8 août — Saint-Dominique. Évitez les sols trop secs qui augmentent l'incidence du blanc (oïdium) sur les monardes. Voici quelques cultivars hybrides de Monarda résistants à la maladie du blanc: X «Aquarius», X «Beauty of Cohan» une de mes préférées dans le rose pâle, X «Colrain Red», x «Gardenview Scarlet», X «Jacob Cline» très résistante, à grandes fleurs, X «Petite Delight», X «Pink Tourmaline», X «Red Pagoda», X «Scorpio» superbe rouge, X «Violet Queen» et autres, à voir en jardinerie.

-Lundi 9 août — Saint-Amour. Puisque les premiers fruits d'aubergines sont formés, généralement je coupe les premières feuilles de la base et les rejets. Puis, selon les cultivars, je pince la tête des plants afin que toute l'énergie profite aux fruits.

-Mardi 10 août — Saint-Laurent. L'Hydrangea macrophylla de la collection «Endless Summer» fleurit à la fois sur le bois de l'année précédent et sur la pousse de l'année. Le cultivar à bractées roses «Twist-n-Shout» en fait partie. Le plus simple pour un jardinier débutant est donc de ne pratiquer aucune taille...

-Mercredi 11 août — Sainte-Claire. Dès la formation des pastèques et des melons, rehaussez le fruit sur une brique poreuse afin de lui faire profiter du maximum de lumière et éviter le pourrissement sur le sol. Taillez les plants au besoin.

-Jeudi 12 août — Sainte-Clarisse. Coup de filet sur les choux pour empêcher la piéride (petit papillon blanc) de pondre ses oeufs sous les feuilles. Recouvrez les choux d'un filet anti-insectes avec des mailles de 5 mm. Les papillons iront visiter les jardins voisins!

-Vendredi 13 août — Saint-Hyppolite et Sainte-Radegonde. La coriandre vietnamienne, ou rau ram, est en fait une persicaire qui se nomme Polygonum odoratum. Elle aime une terre riche, humide et un environnement ombragé. Comme toutes les tropicales, elle ne résistera pas aux premières gelées. Voilà donc le temps venu de l'utiliser.

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Pour votre bibliothèque - Lavande, chère Lavandula


C'est avec beaucoup d'intérêt que je viens de lire ce petit livre de 135 pages entièrement dédié à la lavande. L'auteure Danielle Caron cultive pour son plaisir des lavandes au Québec depuis près de 40 ans et nous transmet ses expériences, ses connaissances et ses recherches, et cela de façon très pédagogique, afin que même les non-initiés à la botanique puissent enrichir leur savoir sans souffrance... Elle habite d'ailleurs à quelques pas de la lavanderaie Bleu Lavande, où elle travaille durant l'été. Elle est donc en mesure de nous livrer des informations pertinentes.

Voilà un petit guide québécois pratique, agréablement illustré, pour connaître et cultiver la lavande avec succès dans la froidure de nos jardins. En pleine terre, en pots, voire en topiaire, il y a toujours une espèce ou un cultivar qui fera votre bonheur.

Comme ce livre sort tout juste des presses, on le trouve évidemment chez Bleu Lavande, mais le plus simple est de contacter l'Éditeur Haicon inc. à Ogden, 819 876-5958, pour vous le procurer.

-Lavande, chère Lavandula, par Danielle Caron, Éditions Haicon, à Ogden, 135 pages, 2010, pour 19,50$

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