Il court, il court, le couvre-sol

Un couvre-sol venant de l’hémisphère sud, Acæna magellanica<br />
Photo: Jean-Claude Vigor Un couvre-sol venant de l’hémisphère sud, Acæna magellanica

Le plus populaire des couvre-sol reste le gazon... La pelouse, ce souffre-douleur qui supporte sans trop broncher notre piétinement, fait partie des incontournables... ou presque, de nos aménagements. Alors, lorsqu'on me dit: «J'aimerais éliminer le gazon et le remplacer par un autre couvre-sol qui demande moins d'entretien», invariablement, hélas, je réponds: «Bof! Baf!» J'ai beaucoup d'hésitations... car je n'ai pas beaucoup de suggestions pour le remplacement... Je propose quelques espèces et quelques cultivars de thym ras, de lysimaques, de sedums, de mousse... Bien sûr, il y a d'autres espèces, mais elles ne sont pas forcément rustiques sous notre climat, comme le gazon des Bermudes, Zoysia. Et pour ce qui est de la capacité à supporter le piétinement... le gazon reste imbattable. Les Carnets horticoles* du jardin botanique de Montréal, dans leurs pages consacrées aux couvre-sol et aux jardineries et producteurs qui en offrent, ont bien des listes de plantes de remplacement, mais si certaines tolèrent un piétinement occasionnel, pour la plupart c'est tolérance zéro. Alors, il reste au moins deux solutions: considérer la pelouse avec un entretien minimum, et les livres** ne manquent pas à ce sujet, ou diminuer la surface de celle-ci au profit de massifs accueillants: arbustes, herbacées vivaces et plantes tapissantes.

Voici quelques plantes tapissantes qui ne manquent pas d'intérêt: l'Acaena microphylla est originaire des prairies de la Nouvelle-Zélande, quant à l'Acaena magellanica (A. glaucophylla), aussi une petite rosacée, elle ne cache pas son origine subantarctique. À installer là où il y a une exposition dégagée, ombre légère et plein soleil, tolérant les sols secs et caillouteux. Intéressantes à utiliser en couvre-sol au pied des arbustes. Leur feuillage lobé est finement découpé, persistant. Les fleurs sont insignifiantes, mais les fruits épineux surprennent. Cette vivace de zone 5, peut-être 4, se plante avec une densité de six à huit plants au mètre carré.

Une caryophyllacée ayant une ressemblance avec l'arenaria, (Arenaria montana, sabline et sagine), c'est la Minuartia, qui forme de petits coussins; on la voit le plus souvent dans les rocailles. Et enfin, une petite alpine européenne: la Globularia cordifolia, de croissance relativement rapide en plein soleil.

Pour en savoir davantage sur l'intégration des plantes alpines dans le jardin, consultez la Société des plantes alpines et de rocailles du Québec: www.sparq-qargs.org.
  • Note: le mot «sagine» vient de saginare, qui veut dire engraisser, allusion à sa petitesse qui ne pouvait pas servir de fourrage.


** Pelouses écologiques, d'Édith Smeesters, chez Broquet éditeur, mars 2008.

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Rhus typhina «Tiger Eyes» - Dans l'oeil du tigre

Fréquent dans les sols sablonneux et secs, le vinaigrier indigène a connu ses heures de gloire dans les jardins des jardiniers pressés. Sa croissance rapide, sa forme exotique, avec ses troncs multiples, ses feuilles découpées devenant rouges en automne et ses inflorescences qui font une limonade délicieuse en font une plante très aguichante! Mais voilà, qu'elle ait été plantée un jour ou qu'elle soit arrivée comme par enchantement dans le jardin, son système racinaire superficiel installe ses drageons un peu partout et la belle indigène prend alors le contrôle du terrain et du jardinier... Celui-ci devra user de tout son talent pour contrôler la belle «drageonnante».

Pourtant, même un jardinier averti comme moi invite un sumac dans son jardin, parce que la plante le mérite. Cette belle américaine a subi des transformations grâce aux talents des pépiniéristes comme Bailey Nurseries, du Minnesota, qui a introduit en 2004 le cultivar «Bailtiger Tiger Eyes» MD. Ce clone descendant du Rhus typhina «Dissecta» (syn. «Laciniata») capte tout d'abord l'attention par la couleur de son feuillage. Ses nouvelles pousses chartreuse tournent rapidement au jaune or éclatant, créant un contraste magnifique avec ses tiges rose pourpre. Aussi splendide qu'il puisse être en été, en automne il devient somptueux en déployant tout un spectacle de couleurs lumineuses, telles que le jaune, l'orange et le rouge écarlate. Ce clone étant issu d'un plant femelle (l'espèce étant dioïque), il produira des fruits rouge vif qui font le régal des oiseaux. Plant plus compact et plus petit, n'atteignant pas plus de 1,75 m, il est de croissance lente et n'est pas envahissant... quoique! Pas encore!

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La semaine du jardinier

  • Samedi 17 juillet — Sainte-Charlotte. Si vous trouvez que vos arbustes à floraison printanière prennent des dimensions trop importantes, sachez qu'il est possible de les tailler, de les remodeler en hauteur comme en largeur, dès après la floraison. Il est recommandé d'effectuer la cure de rajeunissement, de trois à cinq étapes (une par année). Ne commencez jamais la taille sur le pourtour, commencez cette année à éliminer les plus vieilles branches dans le coeur de l'arbuste.
  •  Dimanche 18 juillet - Saint-Frédéric. Vous reconnaîtrez qu'il y a un manque de potassium par l'apparition d'une marbrure sur les vieilles feuilles de vos plants de tomates. Un jaunissement débutant à leur marge, puis se poursuivant vers le centre. À un stade avancé, la marge brunit et s'enroule vers le bas. Une carence en potassium engendre aussi le mûrissement inégal des fruits. Remède: fertilisez régulièrement avec un engrais pour les tomates.
  • Lundi 19 juillet - Saint-Arsène. J'ai eu un voisin nommé Arsène, un jardinier perfectionniste qui, bien évidemment, a su profiter de mes quelques conseils. D'ailleurs, à propos de ta haie de thuya (cèdres) nouvellement plantée et déjà superbe, continue de limiter l'invasion du gazon en découpant une bonne bordure. Les racines de ces deux plantes étant très superficielles, elles engageraient une guerre pour les ressources: eau et nutriments.
  • Mardi 20 juillet - Sainte-Marina et Sainte-Marguerite. Les plants de tomates peuvent souffrir de carence en magnésium. Les symptômes habituels sont le jaunissement du limbe des feuilles les plus âgées, entre les nervures qui restent vert foncé. Des apports de potasse excessifs, comme trop de cendre de bois, peuvent induire une carence en magnésium.
  • Mercredi 21 juillet - Saint-Victor. Si votre bain d'oiseaux ne fait pas recette, l'ajout d'un système permettant l'écoulement de l'eau au goutte-à-goutte augmentera fortement l'attrait du point d'eau. En effet, les oiseaux réagiront au bruit de l'eau courante et seront attirés. Il existe sur le marché des bains munis d'un goutteur que l'on rattache au robinet extérieur.
  • Jeudi 22 juillet - Sainte-Madeleine. Pour les bricoleurs... installez au-dessus du bain d'oiseaux un bidon en plastique de couleur neutre, gris ou vert (le peindre), contenant de deux à quatre litres d'eau. Puis, micro-percez le fond afin d'obtenir un écoulement goutte à goutte à raison de 20 à 30 gouttes par minute. Le bruit provoqué attirera les oiseaux, toujours curieux.
  • Vendredi 23 juillet - Sainte-Brigitte. Il y a beaucoup d'infestations de pucerons cette année, puisque les bonnes pluies ont favorisé la croissance des pousses. Délogez les pucerons à l'aide d'un jet d'eau puissant et répétez si nécessaire. Taillez et jetez les tiges et les feuilles trop infestées. En dernier recours, utilisez un pesticide à faible impact.

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Pour votre bibliothèque


Ici, les herbes sont prises au sens très large. L'auteur, Barty Phillips, consacre quelques fiches aux arbres et arbustes: marronnier, maté, noix de muscade, lime kaffir, ginkgo, genévrier, eucalyptus, jojoba, laurier, camphre, etc. Cadeaux de la nature, ces plantes sont prisées en raison de leurs propriétés bienfaisantes. Vous y trouverez l'historique de chaque plante, des illustrations, des explications claires au sujet des parties utilisées et des tableaux de référence décrivant les propriétés de chacune.

  • Le Livre des herbes, Barty Phillips, Éditions Broquet, 2010 , 19,95 $

L'éditeur Marabout a publié ce printemps six petits livres dans la collection «Les nains de jardin», l'essentiel du jardin à prix mini.

Le livre 120 variétés de bonsaï pour rester zen et leur guide de survie est une traduction, mais ses informations donnent une bonne idée de la culture et de l'entretien d'un bonsaï pour un jardinier débutant. Quant aux autres titres, je vous invite à la prudence concernant les calendriers des opérations et les espèces utilisées, car le Sussex ou le Kent n'ont pas le même climat que Chicoutimi...
  • Bonsaï, Fiona Hopes, Marabout, collection «Les nains de jardin», 2010, 240 pages, 10,95 $

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