Tour du monde végétal - Le lin de Nouvelle-Zélande sort du sac

Le lin de Nouvelle-Zélande, un élément structurant d’un massif, à l’entrée du jardin alpin, au jardin botanique de Montréal.<br />
Photo: - Le Devoir Le lin de Nouvelle-Zélande, un élément structurant d’un massif, à l’entrée du jardin alpin, au jardin botanique de Montréal.

Ce que nous appelons le lin de Nouvelle-Zélande n'a rien à voir avec le lin (Linum usitatissimum) des draps de ma jeunesse qui usaient coudes et genoux. Supplice des nuits de noces, trousseau brodé flambant neuf de la belle-mère... Les jolies dames de la haute faisaient porter par leur servante les pièces de lin afin qu'elles en adoucissent les fibres!

Le Phormium tenax et le Phormium cookianum (aujourd'hui nommé P. colensoi), connus sous les noms de Mãori de Harakeke et Wharariki, furent découverts par le capitaine Cook lors de sa deuxième expédition dans l'océan Pacifique Sud en 1773, puis inventoriés par Johann et George Forster en 1776. Il est fait mention de son utilisation dans les jardins de San Francisco vers 1871. On doit au naturaliste Jacques Labillardière, qui a recueilli les premières plantes, en 1793, le nom scientifique Phormium (en 1803), qui signifie «panier en osier», et tenax, au sens de ténacité ou exploitation rapide. Lorsque les Mãoris débarquèrent en Nouvelle-Zélande, ils avaient apporté avec eux le mûrier à papier, mais rapidement ils optèrent pour le Phormium pour se confectionner vêtements, sandales, cordages, voiles, paniers, sacs, nattes, lignes, pièges à anguilles et à oiseaux, filets de pêche et nombre d'ustensiles de cuisine, ainsi que des torches avec les extrémités séchées des feuilles. Les Mãoris ont propagé les Phormium dans des pépinières et plantations dans l'ensemble du pays.

Sous nos climats, cette plante de zone 9, (jusqu'à - 5 °C ou - 8 °C) se cultive en pot, sur les patios, mais on peut l'enfouir dans le sol du jardin l'été puis la rentrer dans la maison ou dans un garage légèrement chauffé, à la manière des Dracaena ou des géraniums, pour «patienter» tout l'hiver. Plante solide préférant un sol sableux, drainé, riche en humus, aimant l'eau et le soleil, mais supportant la sécheresse et l'ombre légère, magnifique en isolé, le Phormium apporte un élément structurant au massif. C'est d'ailleurs pour toutes ces raisons que Mireille Dubuc, horticultrice du jardin des nouveautés et des jardins de ville du jardin botanique de Montréal, vante ses mérites et l'installe dans ses jardins. Les nouveaux hybrides, «Atropurpureum», «Variegatum», «Sundowner», plus nains que l'espèce (2-3 m), au feuillage pourpré, panaché de blanc, de rose, de rouge, et même de jaune, compensent largement, avec une floraison plutôt rare sous notre climat. De jolies photographies sur le site www.nzplantpics.com

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Des arachides dans le jardin

Il faut déjà avoir cultivé des arachides dans un jardin potager pour comprendre l'expression «Travailler pour des peanuts». Mais bon! On ne fait pas ce travail pour assurer ses grignotines hivernales. Ni pour réjouir les suisses et écureuils. Mais pour amuser les enfants, car comment leur expliquer qu'après la pollinisation, puis la fécondation, la fleur perd ses pétales et que le pédoncule s'infléchit vers le sol et y enfonce l'embryon? C'est quand même intrigant, une plante qui cache ses fruits et ses futures semences dans la terre. Puis un humain les récolte, ou un écureuil chanceux les enfouit de nouveau!

L'origine de la cacahuète est incertaine. Elle vient peut-être des basses terres de la Bolivie, ou du sud du Brésil, ou du Paraguay ou du nord de l'Argentine; bref, c'est une Sud-Américaine, que les Amérindiens cultivaient tranquillement avant l'arrivée des Européens. Ensuite, on connaît l'histoire: la plante nourricière arriva en Afrique et servit à mener à bien le sinistre trafic des marchands d'esclaves au début du XVIe siècle...

Pour réussir sa culture, il faut tout d'abord des semences fraîches, car sa durée de vie n'est que d'un ou deux ans. On trouve à l'occasion dans des jardineries de petits plants prêts à être transplantés. Un sol meuble, bien drainé, riche en calcium et en compost bien décomposé assurera une bonne vitalité aux plants. Une fois que toutes les tiges ayant fleuri auront rejoint le sol, appliquez une petite couche de paille sur le sol, si vous le pouvez. Sinon, buttez légèrement avec du sable. Durant la période de croissance, pratiquez de bons arrosages, puis, après le paillage, modérez-les. La récolte se fait juste après la première petite gelée. Si l'enveloppe est ferme, séchée et plissée, vous pouvez espérer une, deux, voire trois semences, qu'il vous faudra faire sécher et griller au grand bonheur des petits comme des grands. Avec une douzaine de plants sur une surface de 15 à 20 pieds carrés, la récolte sera... réjouissante et instructive!

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Expobonsaï 2010

Aujourd'hui et demain la pépinière Bonsaï Gros-Bec en sera à sa 13e exposition de la Société de bonsaï et de penjing du Québec (SBPQ). L'événement permettra aux membres d'exposer leurs oeuvres végétales, soit plus d'une centaine. Visitez les sentiers du Soleil levant, un aménagement du site conçu pour l'interprétation du milieu forestier de la région en accord avec les principes d'aménagement des jardins orientaux. Concert de musique japonaise, cérémonie du thé, ateliers et démonstrations sur le bonsaï animés par les membres. Pépinière Bonsaï Gros-Bec, 40, rue Imbeault à Saint-Alphonse Rodriguez, de 10h à 17h. L'entrée est de 5 $ par personne: Société de bonsaï et de penjing du Québec: www.bonsaigrosbec.com ou 450 883-1196.

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La semaine du jardinier

-Samedi 10 juillet - Saint-Ulrich, Sainte-Félicité. Huitième édition du Symposium arts et jardins sous l'égide de Chantal de Menezes, architecte paysagiste, connue du public grâce à l'émission L'Espace d'un été. Issu de la Société d'horticulture et d'écologie de Boucherville, le Symposium arts et jardins est né en 2002. Son but: mettre à l'honneur les beaux jardins privés de Boucherville tout en offrant aux artistes un agréable lieu de création: sept nouveaux jardins privés à visiter. Accueil: dans le parc de la Broquerie, au 314, rue Marie-Victorin à Boucherville, de 10h à 17h.

450 641-1813. www.symposium.arts.jardins.

-Dimanche 11 juillet - Saint-Benoît, Saint-Savin. Aujourd'hui, 11e visite des Jardins secrets de Rosemère. Plus d'un millier de visiteurs vont découvrir les magnifiques aménagements paysagers d'une dizaine de propriétés privées, ouvertes au grand public entre 9h30 et 16h30. C'est à voir! Il reste quelques billets: 15 $, 25 $ la paire ou 10 $ pour les personnes âgées de plus de 65 ans. Rendez-vous à la gare du train de banlieue, 287, chemin Grande-Côte, à Rosemère. Les profits iront à l'organisme Les Petits Plaisirs (enfants handicapés).

-Lundi 12 juillet - Saint-Olivier. Les lys orientaux sont de culture plus délicate que les lys asiatiques. Les lys orientaux supportent moins bien les sols calcaires et préfèrent un pH de 5 à 5,5. Leurs fleurs étant parfois immenses, et plus sophistiquées selon les cultivars, elles peuvent faire ployer les tiges, d'où la nécessité d'un tuteurage au moment de la floraison.

-Mardi 13 juillet - Saint-Henri et Saint-Joël. Durant les grandes pestes du XVIIIe siècle, les bonnes odeurs jouaient un rôle curatif et préventif important. Il n'en fallait pas plus pour assurer le succès commercial de la lavande. Cette plante aime les sols alcalins, calcaires. Des coquilles d'oeuf concassées très finement et mélangées au sol sauront lui plaire...

-Mercredi 14 juillet - Avis aux sans-culotte! Certains insectes ont une façon particulière de chasser leurs proies. Des femelles imitent le signal lumineux d'une autre espèce afin d'attirer un mâle. Puis le dévore. Même chez certaines lucioles, il n'y a pas de moralité! De là le dicton du mâle luciole: «Faut se méfier de tout ce qui brille, bling bling!»

-Jeudi 15 juillet - Saint-Donald. Je vous ai renseigné sur la façon de faire pousser de la mousse sur des pierres, mais si cela ne fonctionne pas, plusieurs plantes rampantes feront l'affaire, comme certains Sedum, Arenaria, Lysimachia et diverses espèces de Veronicas rampantes: V. repens, V. whileyi, V. prostrata, V. pectinata, V. armena...

-Vendredi 16 juillet - Notre-Dame du Mont-Carmel. L'agneau-chaste du latin Vitex agnus-castus est plus connu sous le nom de l'arbre aux poivres. Arbuste de plein soleil de zone 5b, il peut être planté dans la région de Montréal dans un endroit très protégé et par un jardinier averti... comme le Vitex nugundo. Ses attraits? Il attire les papillons et les colibris et ses feuilles dégagent une forte odeur de poivre. Disponibilité rare.

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