De la rocaille à l'auge - Une histoire des plantes alpines

Selon la pierre utilisée et son pH, l’auge de pierre taillée est un contenant idéal pour installer les plantes alpines.
Photo: Selon la pierre utilisée et son pH, l’auge de pierre taillée est un contenant idéal pour installer les plantes alpines.

Sur plusieurs types de terrain, avoir à élever les maisons afin de dégager les fenêtres du sous-sol et d'ainsi augmenter la surface habitable nous oblige soit à construire des murets, soit à réaliser une rocaille.

La rocaille pourrait être fort belle... Hélas, on n'y retrouve guère de plantes subalpines ou alpines. Un travail de mise en valeur devrait être fait, car les plantes de zone subalpine sont disponibles dans les bons centres de jardinage. Plusieurs producteurs spécialisés au Québec offrent un choix de plantes alpines tout à fait convenable.

Si vous avez installé des bégonias et des pétunias dans votre rocaille, ce n'est pas grave, bien sûr, mais une composition de plantes mieux adaptées à cet environnement serait plus souhaitable. Il est aussi inapproprié de planter des conifères et des arbustes qui prennent de telles dimensions que les pierres et le gravier disparaissent. La hauteur des arbustes et des conifères ne devrait pas dépasser les 60 centimètres.

Les plantes subalpines et alpines seront mises en valeur dans un environnement où prédominent la pierre et le gravier. L'espace sous ces pierres constitue un véritable refuge pour les racines, qui y trouvent fraîcheur et humidité constantes. Voilà ce dont elles ont besoin pour résister aux périodes de sécheresse et de forte chaleur.

Pour assurer leur survie, les plantes alpines complètent rapidement leur cycle vital à l'intérieur d'une courte saison de croissance. Elles déploient de nombreuses fleurs, souvent surdimensionnées et vivement colorées pour attirer les insectes pollinisateurs.

Difficile d'être indifférent à la beauté des fleurs de gentiane, d'un bleu si intense! Certes, afin d'obtenir du succès avec les plantes alpines, le jardinier amateur doit s'informer des conditions particulières des espèces qu'il introduit dans sa rocaille ou dans son jardin alpin. Un sol bien drainé, des pierres omniprésentes, une période optimale de luminosité et, surtout, l'absence de toute compétition avec les racines des plantes indésirables sont des gages de réussite.

Pour plus de renseignements sur les conifères et les arbustes miniatures, visitez le producteur Au jardin de Jean-Pierre, à Sainte Christine (www.jardinjp.com).

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jeanclaudevigor@videotron.ca

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Les auges horticoles, ou hypertufa

Il y a quelques années, Aline Desjardins et moi avions réalisé, dans le cadre de l'émission Des jardins d'aujourd'hui, des auges que nous avions garnies de superbes plantes alpines.

(Notons ici que «plantes alpines» est un terme générique pour parler des plantes de montagne, car c'est au cour du XIXe siècle qu'eurent lieu les premières explorations botaniques, dans les Alpes.)

À la suite de la terrible sécheresse de 1976, un bon nombre de jardiniers français se sont lancés dans la fabrication d'auges, ce qui a permis un essor considérable de la culture des plantes de montagne.

Ici, c'est probablement la Colombie-Britannique qui nous a sensibilisés à cette façon de présenter ces petites beautés (le nom anglais du matériau avec lequel on les fabrique étant hypertufa).

L'engouement pour la culture en auges a commencé en Angleterre vers 1930. À cette époque, il était relativement facile, en chinant, de trouver de vieilles auges de pierre taillée. Suivant le progrès, les éleveurs préféraient les auges en métal, plus pratiques et moins chères.

Selon la pierre utilisée et son pH, l'auge de pierre taillée est un contenant idéal pour installer les plantes alpines, principalement les plantes de la famille des saxifragacées.

J'ai la chance d'avoir une superbe auge, mais je l'ai transformée en bassin pour les oiseaux.

L'auge en tuf est faite avec une pierre poreuse formée par des dépôts calcaires. On en trouve en Colombie-Britannique, mais elles sont assez chères.

La solution: fabriquer soi-même des auges. Il existe bien des recettes, qui répondent à des besoins de durabilité, d'apparence et, bien sûr, de légèreté (pour les balcons).

Les ingrédients de base: du ciment Portland, du sable, du gravier lavé, de la vermiculite, de la perlite et de la tourbe de sphaigne. À cela, on peut ajouter des colorants.

La quantité de ciment est fonction de la granulométrie des agrégats. La recette que j'utilise ne contient pas de gravillons; elle est faite de trois parties de ciment, quatre parties de tourbe et cinq parties de vermiculite. Ce type d'auge est assez fragile, mais elle est légère et retient bien l'eau, ce qui permet aux racines de conquérir le contenant.

Voici quelques sites incontournables, où j'ai trouvé tous les renseignements nécessaires pour réaliser divers types d'auges:

- www.saxifraga.org;

- www.sparq-qargs.org;

- www.alpinemtecho.com;

- http://shlaval.fsheq.net/trucs.htm.

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Courrier

Un kiwi au feuillage récalcitrant

En réponse à un lecteur qui se demande pourquoi les feuilles de son kiwi décoratif (Actinidia kolomikta) grimpant ne prennent pas la superbe panachure rose et blanchâtre qu'annonce l'étiquette, voici une hypothèse.

Comme vous êtes de Montréal, je soupçonne que votre sol est alcalin, avec un pH de plus de 7, voire 8. Vous devez donc acidifier le sol sur une surface d'un mètre carré, car cette plante d'origine chinoise préfère un pH aux environs de 6. Le compost d'aiguilles de conifère (si vous en avez) fera l'affaire, sinon mélangez au sol de la tourbe de sphaigne (peat-moss) ou du compost forestier, à la condition que votre sol soit déjà bien drainé.

Autrement, utilisez du soufre (disponible dans les centres de jardinage) en prenant bien soin de respecter les recommandations agricoles (de 100 à 200 grammes de soufre finement moulu pour un mètre carré).

Si, par la suite, les feuilles restent vertes, il ne faut pas s'inquiéter, c'est une question de patience. Il faut attendre que la plante arrive à maturité. Il vous faudra donc patienter trois ou quatre ans de plus avant de voir apparaître ces fameuses panachures vertes, blanches et roses.

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La semaine du jardinier

- Samedi 2 juin, Sainte-Blandine. Si vous avez semé ou transplanté des melons, qu'ils soient de «Montréal» ou de «Cavaillon», le pinçage (la taille) de la tige est à faire. Le premier s'impose lorsque le plant a trois feuilles. Plus tard, ne conservez que deux tiges. Lorsque ces tiges auront six feuilles, il faudra tailler après la troisième feuille sur chacune des tiges. Puis, recommencez si nécessaire. L'idée consiste à obtenir des fleurs, puis des fruits, le plus proches possible des racines.

- Dimanche 3 juin, Saint-Kevin. Quelle surprise, au petit matin, lorsqu'on retrouve sa voiture complètement jaune alors que le modèle acheté est bleu turquoise! Le ou la coupable? Des épinettes du Colorado (Picea pungens), dont les extrémités de toutes les branches latérales sont garnies de fleurs mâles staminées brunâtres, pleines de pollen mais pas forcément allergènes.

- Lundi 4 juin, Sainte-Clothilde. Avez-vous pensé à tuteurer les variétés de pivoines à fleurs doubles? Si certaines de ces anciennes variétés ont besoin d'être tuteurées, il est aujourd'hui convenu d'acheter des cultivars de pivoines qui n'ont pas besoin de tuteur. Avant d'acheter un plant de pivoines, allez donc faire un tour sur le site www.pivoinescapano.com, c'est à vous rendre malade... d'en avoir. Contemplez les pivoines intersectionnelles Itoh: elles résultent du croisement entre une pivoine herbacée et une pivoine arbustive. Ce sont des vivaces aux tiges très fermes dont la floraison s'étire sur près d'un mois. Elles sont très bien adaptées au climat nordique canadien.

- Mardi 5 juin, Saint-Igor. Si vous aimez croquer la pomme, voici une belle journée (ou une belle soirée) pour planter un pommier (deux c'est mieux!) résistant aux maladies, principalement à la tavelure: «Lyberty», «Macfree», «Murray», «Nova Easygro», «Priscilla», «Redfree» et «Trent», entres autres. Demandez des conseils dans un centre de jardinage. Rappelez-vous que le pollen des pommetiers décoratifs participe aussi à la fécondation des fleurs des pommiers.

- Mercredi 6 juin, Saint-Norbert. Je veux rassurer les gens qui souffrent d'allergies causées par le pollen. Chez les conifères, seuls la pruche, le cèdre (le thuya) et le sapin Douglas sont reconnus comme étant allergènes. Éloignez-les de la fenêtre de votre chambre à coucher, ou alors plantez des arbres fruitiers (pommiers, poiriers, pruniers, etc.), la plupart étant considérés comme non allergènes.

- Jeudi 7 juin, Saint-Gilbert. Des mûriers dits sans épines retournent hélas à l'état sauvage. Le mûrier hybride sans épines comme le «Perron noir» provient d'une chimère. Sur le même tissu végétal jaillissent les deux formes, bien différentes l'une de l'autre. Il est très important de ne jamais blesser la base des plants, car c'est de cette blessure que rejaillit la forme dotée d'épines. Supprimez sans tarder ces gourmands épineux, sinon ils prendront le dessus.

- Vendredi 8 juin, Saint-Médard. Il y a un avantage certain à récupérer l'eau de pluie, car elle n'est pas chargée de minéraux et son pH est plus bas que celui de l'eau de notre aqueduc. C'est donc une eau douce pour le jardin et pour les plantes en pot. Toutefois, certains jugent ce geste antisocial: «Récupérer l'eau de pluie est une pratique incivique et antisociale.» Voilà des propos qui portent à réfléchir. À visiter: www.eautarcie.com.

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Le retour de la grosse blonde paresseuse!

Salut, copains bretons et normands! Je l'ai vue, la «grosse blonde paresseuse»! Pour notre plus grand bonheur, elle est arrivée en ville. Comme vous le savez, elle offre de jolies pommes volumineuses avec un feuillage vert blond grossièrement cloqué. De plus, elle est lente à monter en graine... Elle s'adapte à tous les types de sols sains et légèrement acides. Semez-la maintenant, directement en pleine terre, en lignes espacées de 20 à 25 cm. Les semences germent mieux à basse température (entre 12 et 15 °C).

Renouvelez le semis toutes les trois semaines pour échelonner les récoltes. Vous devez éclaircir les semis au stade de trois ou quatre feuilles, en laissez cinq plants au mètre. Binez et arrosez fréquemment (elle est exigeante en eau). Ce sont les deux secrets de la réussite.

Ouais... Vous saviez dès le début que je parlais d'une laitue, pas vrai? Cette très ancienne variété de la fin du XIXe siècle a fait ses preuves. Considérée comme une laitue d'été et d'automne, elle résiste mieux à la chaleur. Elle dansera sur les planches de nos potagers... avant l'inoubliable plaisir qu'elle procurera à nos papilles!

Quelques centres de jardinage en offrent. Cherchez le présentoir des semences Caillard.

Pour le plaisir, voici d'autres jolis noms de laitues: «Gotte lente à monter», «Petit cordon rouge», «Blonde d'été», «Batavia blonde frisée d'été», «Rousse hollandaise», «Rousse palatine», «Grosse brune paresseuse» et «Grosse Émilienne d'été», sans oublier la «Passion blonde» (blanquette d'hiver), la «Rougette d'hiver du Midi», etc.

Faute de photographies, vous pouvez l'admirer sur Internet: www.graines-caillard.com.