De plus en plus de municipalités acceptent les minimaisons

Stéphane Gagné Collaboration spéciale
Une minimaison à Sainte-Marguerite-du-Lac-Masson
Photo: Guy Hamelin Une minimaison à Sainte-Marguerite-du-Lac-Masson

Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

Juillet 2015. La municipalité de Lantier, dans les Laurentides, organise le premier festival des mini-maisons. L’engouement est immédiat. Des centaines de curieux viennent voir ces maisons de petite superficie (entre 350 et 1000 pieds carrés), qui se vendent généralement entre 80 000 et 175 000 $. Lantier a été la première municipalité à les accueillir sur son territoire. Depuis ce temps, plusieurs autres municipalités ont suivi.

L’offre est assez abondante puisque plusieurs constructeurs de maisons usinées (Industries Bonneville, Maisons Laprise, Confort Design, etc.) se sont lancés dans ce marché, flairant le bon filon. Pour certains, ce segment constitue même le plus gros de leur chiffre d’affaires. C’est le cas de Confort Design. « Les mini-maisons représentent 60 % de nos ventes, » affirme Sylvain Nadeau, président de Confort Design, qui a un projet domiciliaire à Sainte-Marguerite-du-Lac-Masson et deux autres en développement à Farnham et à Chertsey.

Comment expliquer cet engouement ? « La minimaison, c’est l’avenir, affirme Gilles Boucher, maire de Sainte-Marguerite et préfet de la MRC des Pays-d’en-Haut, qui a accepté le projet de Confort Design sur son territoire. Comme son prix est accessible, elle intéresse les jeunes familles, adeptes d’activités de plein air, qui souhaitent avoir un chalet abordable en campagne. Elle intéresse aussi les personnes âgées qui recherchent une résidence de taille modeste exigeant un minimum d’entretien tout en se situant dans un milieu paisible. »

Pour Sylvain Nadeau, la minimaison, c’est aussi des microfrais de chauffage, une microhypothèque et un micro-entretien.

Dans la municipalité de Sainte-Marguerite, sept maisons sont déjà construites et il pourrait y en avoir jusqu’à 213 lorsque le projet sera terminé. « Le développement se fait de façon ordonnée, précise le maire Boucher. Chaque maison doit être approuvée par le conseil municipal. Certaines ont un sous-sol alors que d’autres sont construites sur des pieux vissés. Elles ont toutes leur propre fosse septique. »

L’autre offre de Confort Design, à Farnham, sera un projet clés en main avec pelouse, clôture arrière et asphalte compris. Un argument de vente très attrayant pour les personnes âgées, dont plusieurs ne veulent pas avoir à s’occuper de ces aménagements lors de l’achat. L’entreprise affirme être la seule à offrir des minimaisons avec les services municipaux d’aqueduc et d’égout dans la région de Montréal.

L’exemple de Lantier

À Lantier, c’est le promoteur Habitat Multi Générations qui a pris contact avec la municipalité. « Il avait déjà trouvé le terrain qui l’intéressait pour construire ces maisons de 350 à 800 pieds carrés, raconte Stéphane Lévesque, responsable de l’urbanisme à Lantier. Nous devions toutefois adapter la réglementation municipale pour les accueillir. Cela a été un peu laborieux, car nous avions trois règlements à modifier, le règlement de zonage, le règlement de lotissement et celui sur les permis et certificats. »

Aujourd’hui, c’est chose faite. Sur un terrain de 165 acres (67 hectares), le promoteur pourra ainsi construire une trentaine de mini-maisons. Cinq projets sont en cours.

Industries Bonneville

Industries Bonneville, qui fabrique des maisons usinées depuis plus de 50 ans, est aussi très présent dans ce marché. « Nous avons quatre projets aux quatre coins du Québec, affirme Dany Bonneville, coprésident de l’entreprise. Nous en avons un à La Conception, dans les Laurentides, un à Wakefield, en Outaouais, un à Pont-Rouge, dans la région de Québec et un dernier à Saint-Denis-de-Brompton, en Estrie. » Dans chaque cas, l’entreprise a dû travailler jusqu’à deux ans pour obtenir les permis.

Bonneville a aussi des acheteurs qui installent ces maisons sur des terrains qu’ils ont acquis. « Certains ont dû faire des demandes de dérogations mineures auprès de la municipalité, alors que, dans d’autres cas, nous avons adapté la maison pour qu’elle réponde aux exigences municipales. Quatre principales situations peuvent survenir. Parfois, c’est le nombre de pieds carrés de surface habitable qui est insuffisant, dans d’autres, c’est la largeur de la maison qui pose problème, car certaines municipalités exigent une largeur minimale de sept mètres. Troisième cas de figure, la municipalité exige des maisons avec fondation alors que nos maisons reposent sur des pieux vissés. Enfin, certaines municipalités veulent des maisons avec toit en pente alors que nos minimaisons n’ont que des toits plats. Dans tous les cas, nous pouvons modifier la maison afin qu’elle réponde aux normes des municipalités. »

On trouve d’autres projets à Eastman, à Fleurimont (Sherbrooke)… Malgré la popularité croissante du concept, David Juneau, responsable des communications à la Fédération québécoise des municipalités, mentionne que son organisme n’a pas adopté de position officielle sur le sujet.

1 commentaire
  • André Gravel - Abonné 13 février 2017 10 h 06

    Intéressant de pouvoir offrir un espace à la campagne pour moins d’argent. C’est un peu plus de démocratie.

    Il faut cependant éviter de trop coller ces petites maisons, sinon nous nous retrouvons dans une triste banlieue pour pauvres et assimilés...