Ville-Marie, pour sa diversité, son internationalité et son ébullition

Martine Letarte Collaboration spéciale
Le 1er janvier, Denis Coderre participait à la distribution de repas de fête chauds et gratuits pour les itinérants.
Photo: Pedro Ruiz Le Devoir Le 1er janvier, Denis Coderre participait à la distribution de repas de fête chauds et gratuits pour les itinérants.

Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

Parti de Saint-Alphonse-Rodriguez à l’âge de 10 ans, Denis Coderre habite à Montréal-Nord depuis ce temps. C’était il y a 43 ans. S’il est toujours amoureux de son lieu de résidence, il a pris ses aises dans Ville-Marie, l’arrondissement où il est maire depuis qu’il a remporté la mairie de Montréal en 2013. Un arrondissement où l’on trouve les forces du centre-ville, mais aussi bien des défis.

« Ce que j’aime de Montréal, c’est le vivre-ensemble, c’est la diversité », affirme Denis Coderre, rencontré à l’hôtel de ville, à l’entrée du Vieux-Montréal.

Ville-Marie, c’est le centre-ville avec ses 300 000 travailleurs qui s’y rendent chaque jour et son caractère international.

« Le Quartier international est une grande réussite, affirme le maire. Montréal est une plaque tournante. On a 70 organisations internationales et 85 corps consulaires, soit la plus grande concentration en Amérique du Nord après New York. Tout le monde veut venir à Montréal. La ville a du cachet, c’est comme l’Europe en Amérique du Nord. C’est une métropole francophone extraordinaire, avec un contingent anglophone important. Et c’est une ville vivante, en ébullition, où plusieurs projets se réalisent. »

Quartier des spectacles

L’arrondissement de Ville-Marie s’est grandement transformé ces dernières années. On ne peut passer sous silence le développement du Quartier des spectacles. En plus des nombreux festivals qui s’y succèdent pendant la belle saison, la place des Festivals sait égayer les rudes hivers québécois avec notamment son événement Luminothérapie. Cette année, les 13 cylindres géants de l’oeuvre interactive et participative Loop avaient pris possession des lieux.

« La réalisation du Quartier des spectacles a amené une joie de vivre assez exceptionnelle, affirme Denis Coderre. C’est une belle réalisation. »

Et ce n’est pas terminé. L’îlot Clark sera aménagé en 2018-2019.

« On aura enfin la patinoire », affirme le maire.

Cet espace se situe en face de la Maison du développement durable.

« Et tout près de Montréal Pool Room », s’empresse d’ajouter le maire, un habitué de l’institution montréalaise du hot-dog.

« J’aime la bouffe, je suis un épicurien. Je vais un peu partout, dans toutes sortes d’endroits. Au Quattro pour ses magnifiques pâtes, au Serpent et, récemment, j’ai essayé la pizza extraordinaire du restaurant Moleskine, avenue du Parc, à l’angle de la rue Sherbrooke. »

Le défi de mixité

Montréal, c’est aussi ses résidants, avec les tours résidentielles de luxe qu’on a vues pousser récemment dans le centre-ville. Mais aussi avec ses citoyens des quartiers défavorisés, comme Sainte-Marie et Saint-Jacques dans le Centre-Sud.

« Il y a des enjeux en matière d’habitation, de lutte contre la précarité, de développement économique, affirme le maire. La diversité, c’est extraordinaire, mais ça amène des défis. Nous travaillons pour avoir un centre-ville fort qui respecte sa périphérie. Avec notre nouveau statut de métropole, nous avons des outils supplémentaires pour mieux agir en matière d’habitation. Montréal est un lieu sécuritaire et on a la capacité d’y réaliser des choses. »

En matière de développement, le maire de Montréal mise beaucoup sur la transformation du site de l’Hôpital de Montréal pour enfants.

« Le projet ira en consultations, mais c’est certain qu’il y aura une mixité sociale et d’usages, avec des logements sociaux, des condominiums, des commerces pour répondre aux besoins des résidants, une bibliothèque, un centre communautaire, des espaces verts, etc. Je rêve aussi d’une école. Je veux que le centre-ville ne soit pas seulement un lieu où les gens travaillent, mais qu’il soit aussi un milieu de vie. »

Si plusieurs projets de piétonnisation et de pistes cyclables ont été réalisés dans l’arrondissement, en plus de petits parcs et de jardins communautaires, le maire compte prochainement verdir les ruelles de Ville-Marie.

« Ça fait partie de notre Politique de l’enfant. C’est un changement de culture important pour être plus inclusif. »

Encore de grands travaux

Montréal se transforme et ce n’est pas terminé. Le maire est particulièrement enthousiaste de la réfection du secteur de l’autoroute Bonaventure.

« Je tripe Vieux-Montréal ! Il est en train de se faire des changements exceptionnels avec la démolition de l’autoroute Bonaventure pour construire le boulevard urbain Robert-Bourassa. Il sera terminé en septembre prochain, à temps pour le 375e de Montréal. On y trouvera de l’art urbain, des espaces verts. Les automobilistes entreront dans le centre-ville par cette voie. Ce sera vraiment une belle transformation pour Montréal. »

Actuellement, on trouve 48 mises en chantier de 5 millions de dollars et plus dans Ville-Marie, d’une valeur totale de plus de 8 milliards de dollars.

Le maire souhaite aussi voir le Palais des congrès de Montréal réaliser son projet d’expansion afin que la métropole continue de se distinguer en matière d’attraction de grands événements internationaux.

Le square Viger sera réaménagé selon le nouveau plan proposé par la Ville en septembre. Le projet prévoit la réalisation d’un grand axe central pour unir les quatre îlots du square avec espaces verts, aires de jeux et remise en valeur des oeuvres d’art sur place.

« Il y aura 15 000 personnes qui iront se promener là chaque jour, affirme Denis Coderre. On enlèvera la cicatrice qui empêche les gens de passer du centre-ville au Vieux-Montréal. »

Les automobilistes exaspérés par les travaux devront donc prendre leur mal en patience.

« Je comprends la frustration des citoyens et des commerçants dont le nouveau statut de métropole permet d’ailleurs de compenser les désagréments des chantiers, indique le maire. Mais il fallait s’occuper de nos infrastructures, et tous les projets qu’on réalise ont un impact sur la qualité de vie. Comme administration, il fallait prendre des décisions et être capable de prendre la chaleur. On est en mode réalisation et tout le monde en profitera. »