Rendre l’habitation accessible en utilisant d’anciens conteneurs

Charles-Édouard Carrier Collaboration spéciale
Fenestration abondante, toit plat, lignes épurées et design audacieux constituent les atouts des maisons de Thinking Habitat construites à partir de conteneurs.
Photo: Thinking Habitat Fenestration abondante, toit plat, lignes épurées et design audacieux constituent les atouts des maisons de Thinking Habitat construites à partir de conteneurs.

Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

Il n’y a pas si longtemps, l’utilisation de conteneurs pour un projet résidentiel était marginale et peu commune. Aujourd’hui, grâce au travail d’entrepreneurs comme François Noël, président de Thinking Habitat, la maison fabriquée à partir d’une structure d’acier qui provient de conteneurs est beaucoup plus répandue.

Les maisons de Thinking Habitat sont construites à partir d’une structure 100 % recyclée. « On utilise des conteneurs en fin de vie. Il faut savoir qu’après 8 ou 10 ans, les compagnies maritimes mettent les conteneurs au rebut pour utiliser des nouveaux. On décloisonne les intérieurs et on utilise la structure pour la construction », explique M. Noël. Cette approche permet de bénéficier d’une charpente en acier extrêmement solide. On peut donc imaginer de très grandes fenêtres, des ouvertures immenses, sans avoir besoin de renfort, des sections en porte-à-faux et la possibilité de superposer les structures. « Le conteneur a une rigidité exceptionnelle. On regarde dans les ports : ils sont chargés à bloc et empilés sur plusieurs étages. Ils sont conçus pour être solides et structurants, et c’est une propriété très intéressante pour nous », ajoute M. Noël

Un processus simplifié

Pour les architectes et les clients, travailler avec des conteneurs s’apparente à travailler avec des blocs Lego. « On a le volume de base qui est le volume du conteneur de 40 pieds x 8 pieds, ou de 20 pieds x 8 pieds. À partir de là, on peut tout assembler facilement. On utilise même des blocs en bois pour visualiser les projets avec les clients », explique le président. Rapidement, on arrive à créer le volume d’une maison et concevoir l’habitation complète à partir de ces paramètres de base. « Ça démocratise le processus de création. On peut créer son projet, le faire avec un architecte ou travailler avec le service d’architecture de Thinking Habitat pour arriver au produit final », poursuit-il.

De l’usine à la montagne

Les blocs sont préparés en usine, de la cuisine au revêtement de sol, avant d’être transportés sur le terrain du futur propriétaire pour l’assemblage et la finition. La conception des maisons Thinking Habitat est faite de sorte qu’il n’y a pas de joints ni de points de jonction apparents.

La maison est déposée sur une fondation traditionnelle en béton ou sur pieux. Le fait que la structure soit rigide permet d’être plus créatif lors de l’élaboration du socle. « Ce n’est pas nécessaire de choisir une structure traditionnelle de fondation. On peut avoir un sous-sol, seulement une dalle de béton ou des pieux. C’est souvent l’escarpement du terrain qui guide le choix », explique M. Noël. Dans le cas d’un terrain en pente ou accidenté, ce qui est fréquent en montagne, on favorise l’utilisation de pieux. Non seulement on a l’impression que la maison flotte dans les airs, mais, du même coup, on économise énormément.

Quant au toit, il est construit à partir d’une structure traditionnelle qui est ajoutée sur l’ensemble des caissons pour les recouvrir. La propriété structurante du toit est là, et la membrane choisie est conforme aux exigences pour l’élaboration d’un toit vert.

Pour ce qui est des délais de construction, le président de Thinking Habitat affirme qu’il est possible de parachever le projet en trois mois, y compris une semaine de travaux sur place pour l’assemblage : « À partir du moment où le design est choisi, ça peut aller très vite. Comme c’est construit en usine, il n’y a pas de temps mort. »

Un projet modulable

Un autre avantage des maisons construites à partir de conteneurs est la facilité avec laquelle on peut agrandir une résidence. « C’est simple surtout si on le sait d’avance. On peut même faire les percements pour les ouvertures, de sorte que la maison soit prête à recevoir une extension. On n’a qu’à l’emboîter avec la structure existante latérale ou en étage supplémentaire. Contrairement à la maison de bois et brique qui est conçue pour un étage, la structure en acier peut en recevoir deux ou trois sans problème », explique l’entrepreneur.

Construire une maison d’architecte peut coûter très cher. Les renforts, les fenêtres, le toit plat, etc. Pourtant, Thinking Habitat propose des constructions à 157 $ le pied carré, hormis la fondation. « Ce que nous voulions, c’était trouver une solution pour rendre ce produit-là abordable. En fin de compte, on est comparables en prix aux constructions en bois et brique, mais on travaille avec l’acier, on isole avec du polyuréthane de soja, on dépasse toutes les normes de construction et a une responsabilité de l’environnement très grande dans notre entreprise », conclut François Noël.

L’entreprise travaille aussi sur un projet résidentiel dans la municipalité de Petite-Rivière-Saint-François. Les chalets jumelés qui seront construits par Thinking Habitat au Massif de Charlevoix seront présentés en primeur au Salon Expo-Habitat de Québec du 22 au 26 février 2017.

Pour plus d’information :

Thinking Habitat
 

Le projet du Massif