Dimitrios Jim Beis, le maire cycliste de Pierrefonds-Roxboro

Martine Letarte Collaboration spéciale
Né à Montréal, puis revenu à l’âge de cinq ans avec ses parents partis de Grèce, Dimitrios Jim Beis vit depuis ce temps-là à Pierrefonds-Roxboro, dont il est devenu maire.
Photo: Ruiz Le Devoir Né à Montréal, puis revenu à l’âge de cinq ans avec ses parents partis de Grèce, Dimitrios Jim Beis vit depuis ce temps-là à Pierrefonds-Roxboro, dont il est devenu maire.

Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

La famille de Dimitrios Jim Beis a été l’une des premières originaires de la Grèce à venir s’établir à Pierrefonds.

« Je suis né à Montréal, puis mon père a décidé de retourner en Grèce avec la famille avant de revenir s’installer à Pierrefonds en 1970, précise le maire. J’avais cinq ans et je suis resté dans l’arrondissement depuis. Je l’ai vraiment vu se développer. »

Il se réjouit d’ailleurs de la fusion avec Montréal. « Pierrefonds-Roxboro est une communauté-dortoir et n’a pas de parc industriel comme les autres arrondissements à proximité pour générer des revenus supplémentaires, alors je suis très heureux que nous fassions partie de Montréal, parce que cela nous permet de réaliser davantage de grands projets », indique le premier et fier maire d’origine grecque au Québec.

En même temps, l’arrondissement, le seul officiellement bilingue, présente plusieurs avantages de la campagne et permet de se sentir déconnecté de la ville.

« Nous avons près de 30 kilomètres de berges le long de la rivière des Prairies, plus de 80 parcs et espaces verts et une canopée très importante, indique le maire, qui habite maintenant à Roxboro. Nous avons une qualité de vie exceptionnelle, avec des maisons abordables et d’autres qui valent quelques millions. »

Sports et loisirs

Dimitrios Jim Beis a toujours fait beaucoup de vélo. Encore aujourd’hui, il pédale de 5000 à 6000 kilomètres environ par saison, dont plusieurs dans son arrondissement.

« Je faisais du vélo dans ma jeunesse et j’ai toujours continué d’en faire. Souvent, je le prends même pour me rendre à mon bureau du centre-ville. C’est important de faire de l’activité physique et ça fait partie de ma vie. Je trouve toujours un moment pour rouler, et ça m’aide aussi dans mon travail. Ça me permet de faire des commentaires au bureau et de voir des éléments à revitaliser. »

Quel est son parc-nature préféré dans son arrondissement ?

« Cap-Saint-Jacques ! Je passe devant presque chaque jour sur le chemin du travail. J’aime particulièrement m’y retrouver très tôt le matin, vers 5 h 30, pour la tranquillité et les odeurs. J’adore l’Anse-à-l’Orme aussi, pour y faire du ski de fond l’hiver. »

Dimitrios Jim Beis est vraiment un homme de sports et de loisirs. Tout jeune, il était coach au baseball et au soccer. Puis, vers 23 ans, il a été embauché à la Ville de Roxboro comme premier directeur des parcs et loisirs.

« J’ai été impliqué dans tous les projets de parc, d’espace vert, de plantation d’arbres, d’horticulture, de patinoire, etc. », indique celui qui est maintenant membre du comité exécutif responsable de l’approvisionnement, des sports et loisirs ainsi que des communautés d’origines diverses.

Pour lui, faire le saut du côté des élus était une évolution naturelle. « J’ai toujours été un homme de services à la population, souligne-t-il. C’est ce que j’aime. Tout jeune, j’en rêvais. C’est ce que je continue de faire comme élu, mais autrement, au niveau décisionnel. Je peux vraiment avoir un impact au quotidien. »

Par exemple, Dimitrios Jim Beis rêve du jour où il pourra annoncer la construction d’une piscine intérieure dans son arrondissement.

« J’en parle depuis plusieurs années et j’espère pouvoir l’annoncer pendant mon mandat, avec l’appui de Montréal, mentionne-t-il. On pense souvent aux parcs et installations sportives en fonction des jeunes, mais pour moi, c’est multigénérationnel. L’initiation à différents sports peut se faire à tout âge. Lorsqu’on met des installations au service d’une population, elle les utilise. »

Une vie culturelle de plus en plus riche

La vie commerciale et culturelle se développe également à Pierrefonds-Roxboro. « Il y a maintenant beaucoup de commerces sur le boulevard des Sources, se réjouit-il. Plus besoin de se rendre au centre-ville, par exemple, pour aller manger dans des restaurants de différentes communautés culturelles. »

L’arrondissement de Pierrefonds-Roxboro profite d’ailleurs de la présence de 70 communautés culturelles sur son territoire.

« C’est une grande richesse et nous avons commencé à organiser une fête interculturelle dans l’arrondissement pour célébrer la diversité et le vivre-ensemble, affirme le maire. Les différentes communautés présentent des prestations musicales et font découvrir leurs mets traditionnels. C’est très populaire. Les gens sont heureux de découvrir la grande diversité présente dans leur arrondissement. »

Le défi de la dépendance à l’automobile

Pierrefonds-Roxboro a par contre un grand défi à relever : celui de la dépendance à l’automobile. Et ce, malgré ses deux gares de train de banlieue et son inclusion dans l’éventuel réseau électrique métropolitain (REM).

« Notre arrondissement fait 27 kilomètres de long et les gares sont vers l’ouest, alors bien des gens en sont éloignés, explique le maire. Le transport en commun est insuffisant pour amener les citoyens à ces gares, alors, dans plusieurs secteurs, les gens sont dépendants de l’automobile. »

Il s’efforce toutefois de travailler avec des partenaires pour trouver des solutions. « Nous avons réalisé des voies réservées pour les autobus, les taxis et le covoiturage sur deux artères principales, précise-t-il. La dépendance à l’automobile demeure toutefois un enjeu et nous continuons d’y travailler. »