Jean-François Parenteau, ambassadeur de Verdun

Martine Letarte Collaboration spéciale
Le maire, Jean-François Parenteau, veut changer le regard des gens sur le coin où il a grandi.
Photo: Annik MH de Carufel Le Devoir Le maire, Jean-François Parenteau, veut changer le regard des gens sur le coin où il a grandi.

Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

Lorsqu’il était jeune et qu’il sortait dans les bars du centre-ville avec ses amis de L’Île-des-Soeurs, Jean-François Parenteau réalisait qu’à leurs côtés, il perdait toujours des points devant les filles lorsqu’il disait qu’il venait de Verdun. Celui qui est devenu maire de l’arrondissement en 2013 était déterminé à changer le regard des gens sur le coin où il a grandi.

« On était victimes de préjugés, la radio se moquait beaucoup des gens de Verdun, et je n’acceptais pas ça, parce que la communauté valait plus que ça ! » affirme Jean-François Parenteau, membre de l’équipe Denis Coderre, qui n’avait pourtant jamais pensé devenir maire lorsqu’il était enfant.

Il se servait en fait des terrains de l’hôtel de ville comme terrain de jeu.

« J’habitais tout près, j’étais un enfant hyperactif, et je montais sur les remparts, puis je me faisais avertir ! » se souvient-il.

Comme un vrai « petit gars du coin », il a pratiquement commencé à patiner avant d’apprendre à marcher.

« Tout le monde jouait au hockey, et la vie de quartier était très forte près du métro Verdun, un quartier ouvrier, où j’ai grandi dans une famille de classe moyenne, raconte-t-il. Dans le coin, il y avait le dépanneur du père de Denis Savard, qui a joué dans la Ligne nationale de hockey. Il jouait à Chicago, mais l’été, il revenait à Verdun, et on le voyait parfois au dépanneur de son père. Il était ni plus ni moins qu’un dieu pour nous ! Il nous lançait même des balles de baseball parfois, dans le parc. »

Le maire remarque que les gens de Verdun sont très attachés à leur communauté et que, si plusieurs partent à l’extérieur, ils sont nombreux à revenir à un moment ou à un autre de leur vie.

Du vert et du bleu

À seulement dix minutes du centre-ville, avec ses trois stations de métro et la proximité de nombreux grands axes routiers, Verdun propose également à ses citoyens le grand avantage de l’accès au fleuve.

« L’été, tout le monde se retrouve sur les berges,affirme Jean-François Parenteau. C’est tellement beau et convivial ! On est le seul arrondissement traversé par le fleuve. Les gens font du kayak, des pique-niques, courent et font du vélo sur la piste cyclable pour se rendre jusqu’au centre-ville. »

La baignade redeviendra également une activité populaire avec l’aménagement de la plage, dont les travaux doivent commencer au printemps.

Si on prête attention, on peut aussi voir une grande diversité faunique à Verdun.

« Ça peut être difficile à s’imaginer, mais il y a des castors, des coyotes, des dindons sauvages,énumère le maire. Cela s’explique par la présence des berges et de nos grands espaces verts, comme les terrains boisés autour de l’Institut universitaire en santé mentale Douglas. C’est un corridor vert. »

Pour ce milieu de vie à la fois vert et bleu à proximité du centre-ville, plusieurs familles choisissent de venir s’établir dans l’arrondissement.

« On retrouve encore une accessibilité à la propriété si on fait la comparaison avec d’autres arrondissements, même si les prix augmentent de façon substantielle », constate l’ex-courtier immobilier, qui se faisait un devoir de faire une visite guidée de Verdun avec chaque client pour lui faire découvrir ses avantages.

L’arrivée des bars

Alors que Verdun a longtemps été une ville sèche, sans débits de boissons, la prohibition est terminée depuis l’an dernier.

« Par exemple, une microbrasserie est venue s’installer, indique le maire. C’est l’fun, cela amène une vie de quartier le soir. Ça venait répondre à des besoins. Les parents de jeunes enfants ont envie parfois d’aller prendre un verre sans avoir à se rendre au centre-ville. Cela fait que les gens vivent encore plus dans leur quartier, ils font tout à proximité. »

C’est sur la rue Wellington qu’a lieu la vie nocturne à Verdun. Dans les années 1990, cette rue était pourtant loin d’avoir bonne mine.

« C’était la pauvreté extrême, mais la rue a été prise en charge par la communauté de jeunes du quartier, dont je faisais partie, et grâce à un travail de longue haleine, elle est maintenant pleine de commerces, et c’est agréable d’aller s’y promener et de profiter des terrasses », explique le maire.

Verdun comprend d’ailleurs plusieurs commerces de quartier.

« Il y a peu de grandes bannières,précise-t-il. Les gens se connaissent, la communauté est tissée serré. »

Installations culturelles et sportives

Verdun bénéficiera également d’une cure de rajeunissement dans les prochaines années de ses installations culturelles et sportives. Son Natatorium, inauguré en 1940, retrouvera sa beauté d’origine.

« Le bâtiment très “Art déco” était magnifique à l’époque avec sa façade en cubes de verre, qui ont été recouverts de crépi,se souvient le maire, qui allait souvent passer des journées au Natatorium dans son enfance. Il y avait aussi une superbe terrasse sur le toit avec vue sur le fleuve. On réhabilitera ces éléments. »

Verdun se dotera également d’un nouveau lieu de diffusion de la culture de 300 places.

Puis, le légendaire auditorium de Verdun retrouvera son air d’antan.

« La façade de cet autre bâtiment Art déco a aussi été recouverte, et on lui redonnera son cachet d’origine, indique le maire. On en profitera également pour remettre à jour les éléments de scénographie pour être en mesure de recommencer à accueillir des spectacles. The Cure, Depeche Mode, Nirvana : tous les grands groupes de l’époque sont venus y jouer, et tout le monde venait à Verdun pour les voir. On veut que ça recommence. »